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apic/Exode massif/Krajina/L’évêque Longin rejette les accusations croates

Belgrade:L’Eglise orthodoxe serbe nie avoir été à(250895)

l’origine de l’exode massif des Serbes de la Krajina

L’évêque orthodoxe de Knin rejette les accusations du cardinal Kuharic

Belgrade, 25août(APIC) L’évêque serbe orthodoxe de Knin, en Krajina, Mgr

Longin Momir Krco, a rejeté vendredi les accusations d’avoir été à l’origine de l’exode massif des Serbes de la Krajina lancées par de hauts dignitaires de l’Eglise catholique croate. Le cardinal Franjo Kuharic, primat de

Croatie, et Mgr Srecko Badurina, évêque catholique de Sibenik, ont affirmé

publiquement que la hiérarchie orthodoxe avait appelé les Serbes de la Krajina à fuir. Dans un communiqué publié à Belgrade, Mgr Longin affirme que

les Serbes ont été chassés par la «violence brutale».

Lors de l’attaque croate contre la Krajina, Mgr Longin ne se trouvait

pas sur place, mais en Australie, a-t-il expliqué. Il s’est dépêché de rentrer, mais la population avait déjà été «chassée avec une violence brutale». Personne n’était prêt à abandonner volontairement sa maison, a relevé

l’évêque. Mgr Longin a également souligné que durant les deux ans et demi

de son activité épiscopale à Knin, il s’est toujours efforcé d’agir selon

les principes de l’Evangile et de la coexistence pacifique. Il considère

qu’»il est cynique de le responsabiliser, lui et l’Eglise, pour cet exode».

La défaite des Serbes de la Krajina a encore approfondi le fossé entre

les nationalistes radicaux et les modérés au sein de la Conférence épiscopale serbe orthodoxe. Le chef de l’aile radicale, le métropolite Amfilohije

Radovic de Podgorica, en Monténégro, aurait exigé l’expulsion de tous les

Croates de la Serbie. Le métropolite Lavrentije Trifunovic, chef du courant

modéré, s’est pour sa part distancé de toute action qui pourrait renforcer

encore la haine et la violence. Le chemin de la paix ne peut être trouvé

que par la négociation et l’aide humanitaire, a déclaré Mgr Lavrentije. Au

sein de la Conférence épiscopale serbe orthodoxe, le patriarche Pavle soutient la position de Mgr Lavrentije.

Notons encore que l’Eglise serbe orthodoxe considère toujours que les

frontières de la Croatie et de la Bosnie-Herzégovines, «créées par le régime de Tito», sont «factices». Dans leur message pour le 50e anniversaire de

la fin de la deuxième guerre mondiale, les évêques de l’Eglise de Serbie

avaient lancé un appel à tous les responsables des nations pour qu’ils ne

reconnaissent pas, «malgré les pressions des grandes puissances, les Etats

de Croatie et de Bosnie-Herzégovine dans leurs frontières factices». (apickap/episk/fs/be)

25 août 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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