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apic/Exorcisme/Italie

Italie: Succès des pratiques ésotériques (270596)

La grande responsabilité de la hiérarchie catholique, estime le P. Amorth

Rome, 27mai(APIC) «Si le nombre des gens qui s’adonnent à des pratiques

ésotériques ou qui entrent dans des sectes sataniques augmente, c’est aussi

parce que l’Eglise a cessé d’enseigner correctement la doctrine concernant

le Démon… La hiérarchie catholique a une grande responsabilité dans la

diffusion de ces comportements», déclare le Père Amorth, l’exorciste du

diocèse de Rome, dans une interview accordée au mensuel catholique italien

«30 Giorni».

Ces dix dernières années, le P. Amorth a vu augmenter progressivement le

nombre des personnes qui s’adressent à lui. «Cette augmentation est due à

une véritable explosion des maux de nature maléfique, ceux qui sont dus à

des interventions du Démon, dit-il». Selon lui, de plus en plus de gens adhèrent à des sectes sataniques. C’est presque devenu une mode. Parfois les

gens le font de façon inconsciente, sans savoir ce qu’ils risquent. Mais

après, ils en subissent les conséquences et ils sont souvent terrorisés.

Parce que le Démon n’est pas une entité impersonnelle, ce n’est pas le nom

que les psychanalistes donnent au mal abstrait qui serait dans la société,

c’est une personne concrète».

L’exorciste regrette profondément l’attitude des évêques en ce domaine:

«Malheureusement cette conception abstraite du Démon s’est répandue jusqu’au sein de l’Eglise catholique. Certains évêques eux-mêmes ne croient

plus en l’existence du Diable. Si le nombre des gens qui s’adonnent à des

pratiques ésotériques ou qui entrent dans des sectes sataniques augmente,

c’est aussi parce que l’Eglise a cessé d’enseigner correctement la doctrine

concernant le Démon. La hiérarchie catholique a une grande responsabilité

dans la diffusion de ces comportements».

A quand un nouveau rituel?

Le fait que le rituel d’exorcisme est, parmi les documents qui devaient

sortir après le Concile, le seul à n’avoir pas été encore publié trente ans

après, est symptomatique du désintérêt des évêques, relève le P. Amorth.

«Le livre des exorcismes est aujourd’hui encore celui du Rituel romain qui

remonte à 1614, rappelle-t-il. C’est là une nouvelle marque du désintérêt

manifeste qui s’est répandu dans l’Eglise catholique à l’égard de l’action

réelle du Démon. A la différence des Eglise orthodoxe et de nombreuses autres confessions protestantes, l’Eglise catholique a presque totalement

abandonné l’usage des exorcismes qu’elle considère comme un héritages des

siècles obscurs».

Une première version d’un nouveau rituel a été préparée, mais elle a été

bloquée, selon le P. Amorth: «La Sacrée Congrégation pour le Culte avait

formé une commission ad hoc chargée de préparer le nouveau rituel pour les

exorcismes. Mais il suffit d’un coup d’oeil rapide sur le texte du rituel

provisoire qu’ils proposaient pour se rendre compte que les membres de la

Commission n’étaient absolument compétents en ce domaine. Il s’agissait de

liturgistes qui n’avaient jamais vu ni pratiqué d’exorcismes et n’avaient

pas la moindre idée de la façon dont ils se déroulent. Nous avons protesté

et le nouveau rituel a été bloqué. Il vaut beaucoup mieux garder le Rituel

romain rédigé il y a plus de trois siècles».

22 exorcistes à Macerata!

Pourtant, les évêques italiens nomment de plus en plus d’exorcistes dans

leur diocèse, soutient l’exorciste romain. Mais il constate: «Quand les

évêques interviennent dans ce domaine, c’est le plus souvent pour dire des

choses gravement inexactes. Parfois même nuisibles. Tout est laissé à la

conscience et à la bonne volonté des évêques locaux. Certains prennent

conscience, de plus en plus clairement, qu’ils ont besoin d’un exorciste

dans leur diocèse et ils décident d’en nommer. Ce souci vient aussi de ce

que les fidèles, devant la multiplication des mages, des cartomanciens, des

sectes sataniques et spirites, en font la demande de façon de plus en plus

explicite. Parfois, on nomme un nombre étonnant d’exorcistes: l’évêque de

Macerata, Tarcisio Carboni, qui est mort récemment dans un accident de voiture alors qu’il se rendait à la Conférence de l’Eglise italienne à Palerme, venait de nommer 22 exorcistes». (apic/cip/pr)

27 mai 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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