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apic/Fabrique des évêques

Rome: Le mécanisme de la «fabrique des évêques» (200495)

Le fonctionnement de la Congrégation pour les évêques

Fribourg, 20avril(APIC) A l’annonce de la large consultation lancée parmi

le clergé et les fidèles catholiques en vue de la désignation du nouvel

évêque de Lausanne Genève et Fribourg, beaucoup se sont réjouis de cette

démarche. D’autres restent sceptiques. Comment la voix du peuple sera-telle entendue? Le pape ne peut-il pas librement nommer qui il veut? N’y ail aucun risque d’une nouvelle «affaire Haas»? Autant de questions entendues au détour des conversations.

Dans son dernier numéro, la revue italienne «30 Jours» démonte les engrenages du mécanisme par lequel l’Eglise catholique choisit aujourd’hui sa

classe dirigeante. Tout ou presque passe par la Congrégation des évêques,

présidée par le cardinal africain Bernardin Gantin. Ce «ministère» du Vatican qui compte actuellement 37 membres dont 31 cardinaux, centralise les

dossiers contenant les curriculums des candidats à l’épiscopat provenant

des nonciatures du monde entier.

Le code de droit canon prévoit que les évêques dressent, tous les trois

ans au moins une liste de prêtres paraissant aptes à l’épiscopat. Cette

liste est transmise au Saint-Siège.

Lorsqu’un diocèse devient vacant, c’est le nonce apostolique qui

effectue en secret ou publiquement une consultation. Il demande au moins

l’avis des évêques des diocèses voisins, du président de la Conférence

épiscopale du pays, des chanoines du chapitre cathédral là où il existe. Il

peut, et c’est le cas en Suisse, élargir la consultation aux représentants

du clergé diocésain et aux laïcs.

Après cette consultation, le nonce établit une liste de 3 noms et prépare un rapport détaillé sur chacun des candidats, notamment à partir d’un

questionnaire confidentiel adressé à quelques personnes connaissant bien le

candidat. Ce questionnaire porte sur la personne, sa santé, ses qualités

humaines, son comportement, sa formation et ses capacités intellectuelles,

l’othodoxie de sa foi, sa discipline, son expérience pastorale, ses qualités de commandement et d’administration, l’appréciation publique. Le nonce

y ajoute son jugement personnel et transmet les trois noms à la Congrégation des évêques.

Un sur trois

Les membres de la Congrégation se réunissent en principe tous les 15

jours. Ils décident en moyenne alors de quatre ou cinq «provisions»:

nominations d’évêques ou créations de diocèse. Tous les membres – qui ont

été désignés par le pape – peuvent prendre part aux délibérations et aux

votes. En fait, les membres ne résidant pas à Rome (comme le cardinal

Lustiger, archevêque de Paris) n’y participent qu’occasionnellement. Ce

sont donc les cardinaux de curie, dont le Tessinois Gilberto Agustoni, qui

sont les plus assidus.

Pour chaque «provision», le secrétaire de la Congrégation, désigne un

cardinal rapporteur qui devra présenter les candidatures à ses confrères et

donner son avis sur les trois noms après un examen attentif du dossier.

Ensuite, tous les membres présents votent et choisissent un des trois

noms. Le préfet de la Congrégation prépare un court compte-rendu contenant

les trois noms et celui qui est proposé par la Congrégation. Ce document

appelé «feuille d’audience» est présenté au pape, qui confirme en général

l’indication exprimée par les membres de la Congrégation. Parfois le pape

demande à consulter les dossiers. Bien entendu il n’est pas lié au choix de

la Congrégation et peut en décider autrement.

Il existe également une procédure simplifiée appelé ’en référé’. Le préfet de la Congrégation peut en effet soumettre une «provision» directement

au pape, sans en référer auparavant à la Congrégation. Cette situation

n’est cependant pas courante.

Une fois la décision finale ratifiée par le pape, le nonce est averti

par télégramme. C’est lui qui la communiquera à l’élu et conviendra avec

lui du moment où elle sera rendue publique.

Les candidats non-élus peuvent recevoir une approbation générale de la

part des cardinaux. Les candidats ’agréés’ pourront ainsi être éventuellement nommés sur un autre siège sans devoir être à nouveau soumis à l’examen

des cardinaux. (apic/mp)

20 avril 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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