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Yverdon:Assemblée de la Fédération des socialistes chrétiens(100297)
Non au néo-libéralisme, pour une économie au service de tous les hommes
Yverdon-les-Bains, 10février(APIC) Non au néo-libéralisme – une idéologie
qui règne actuellement sans partage – , pour une économie au service de
tous les hommes, tel est en résumé l’état d’esprit qui a présidé aux travaux de la Fédération romande des socialistes chrétiens, réunis en assemblée à Yverdon le 8 février.
Avec la déroute du communisme de type soviétique et la perte d’identité
de la social-démocratie occidentale, la gauche (ou les gauches) est à la
recherche d’une colonne vertébrale idéologique pour orienter ses propositions à court et à long terme.
Des spécialistes invités se sont penchés sur le problème du manque de
vision à long terme de la gauche. Un orateur a en effet regretté que la
gauche, en Suisse, s’accomode par trop du modèle économique libéral qui
donne la priorité à la rentabilité financière.
Les socialistes chrétiens souhaitaient apporter leur contribution à la
recherche de solutions à la crise lors de leur rencontre du samedi 8
février. Ils avaient fait appel à des orateurs engagés sur différents
fronts concrets et qui partagent avec eux la préoccupation de définir une
ligne directrice
Le député genevois René Longet propose trois piliers: la justice sociale
pour tous les habitants de la planète, les droits de l’homme, sociaux et
économiques (le collectivisme a souvent négligé les droits de l’individu
alors que le libéralisme les idéalise au détriment de la responsabilité
collective), et la démocratie (qui doit trouver de nouvelles formes). Ces
notions doivent s’adapter à la réalité, changeante et imprévisible. Il y a
notamment urgence à redéfinir la notion de rentabilité: les chiffres noirs
économiques sont fréquemment rouges socialement.
Le prix élevé de l’insécurité sociale
Spécialiste de la sécurité sociale, le professeur Pierre Gilliand a démontré, chiffres à l’appui, que le système helvétique est loin d’être d’un
coût aussi élevé que ce qu’en disent certains. Convaincu que l’insécurité
sociale coûterait plus cher, il est partisan d’améliorations répartissant
de façon plus juste et logique le financement et la distribution des prestations.
Le syndicaliste Eric Decarro, président du SSP, le syndicat des services
publics, a pour sa part regretté que la gauche s’accommode du modèle économique libéral qui privilégie la rentabilité financière à court terme. Or,
ce modèle est d’une part injuste en ce qu’il ne profite qu’à une minorité
et d’autre part contradictoire puisqu’il finit par restreindre les possibilités de consommation: alors que leur productivité augmente, les travailleurs n’en profitent pas et on leur reproche même de trop coûter. La gauche
doit donc faire admettre que la véritable richesse n’est pas dans l’accumulation de profits financiers pour quelques-uns, mais dans la production de
biens et de services pour tous.
En l’absence du président du parti socialiste suisse Peter Bodenmann, la
vice-présidente du PSS, Francine Jeanprêtre, a reconnu que le PS, tout comme les autres partis de gauche, manque de vision à long terme; mais on attend aussi de lui une action concrète immédiate en faveur des démunis…Elle a cependant rejoint les autres orateurs en affirmant que la
gauche doit présenter un programme économique fondé sur une éthique: il
faut produire pour pouvoir distribuer, mais en tenant compte du coût et de
la rentabilité réels, donc en tenant compte des facteurs sociaux et écologiques.
C’est bien en cherchant à promouvoir une économie durablement au service
de tous les hommes, aux antipodes de la réalité actuellle, écrivent-ils
dans un communiqué, que les socialistes chrétiens poursuivront la réflexion. (apic/com/fd)



