Fribourg: palmarès du Festival des films de Fribourg (070294)
apic/Festival/Fribourg
Audience accrue en Suisse et en Europe
Fribourg, 7février(APIC) Le Festival de films de Fribourg a proclamé dimanche soir son palmarès devant un nombreux public. Le Grand Prix de la
Ville de Fribourg a été attribué par le Jury international à deux films exaequo, «Le Maître de marionnettes» de Hou Hsiaso Hsien (Taiwan) et «On est
quitte!» de Bakhtyar Kudoynazarov (Tadjikistan). Le Prix spécial du Jury,
le Prix du Jury des jeunes et le Prix du public ont aussi couronné «Un
chant pour Beko» de Nizamettin Ariç (Allemagne-Arménie), film qui a reçu
encore d’autres mentions spéciales. Avant la distribution des prix, les organisateurs du Festival se sont réjouis du succès de cette huitième édition.
Parmi les motifs de satisfaction, Paul Jubin, président du festival, a
mis en évidence la fréquentation accrue du public: 12’000 entrées (15%
d’augmentation par rapport à l’an dernier), une plus grande présence des
professionels du cinéma et le fait que 19 villes de Suisse, après Fribourg,
vont pouvoir visionner les principaux films ces prochaines semaines. Le
Festival de films de Fribourg a pris sa vitesse de croisière. Autre fait
réjouissant signalé par Martial Knaebel, directeur du Festival: plusieurs
films ont été achetés durant le festival pour être projetés en Suisse et
dans d’autres pays d’Europe. C’est un début de reconnaissance internationale et la réalisation d’un des buts fixés, dès le début, par les créateurs
du festival: faire en sorte qu’un large public du monde occidental puisse
accéder à des oeuvres cinématographiques majeures des pays du tiers monde.
La 8e édition du Festival avait un caractère nettement asiatique. Cela
est dû non seulement au fait que l’an dernier Martial Knaebel avait visité
l’Asie pour faire une belle récolte de productions valables, mais aussi aux
difficultés économiques de l’Afrique et de l’Amérique latine où les réalisateurs locaux sont confrontés à de dramatiques restrictions de fonds.
D’innoubliables images
Le succès du film «Un chant pour Beko» qui évoque avec d’inoubliables
images la revendication essentielle du peuple kurde à l’autonomie et au
respect de sa culture est révélateur de l’esprit du festival de Fribourg.
On peut faire un film éminemment politique sans en faire un film de propagande guerrière. Le film conscientise vraiment. L’immense injustice que subit le peuple kurde est développée par la beauté d’un regard, la chanson
d’un enfant, la délicatesse poétique d’un dialogue, sans négliger la dureté
de la répression turque ou irakienne.
Un autre film, non primé à Fribourg, (plusieurs spectateurs à la sortie
du festival regrettaient qu’il ne soit pas au palmarès!) a suscité une
grande admiration. Il s’agit de «Youcef ou le Septième dormant» de l’Algérien Mohammed Chouik. Très fidèle à l’histoire algérienne, de la lutte
d’indépendance à nos jours, ce film puise aussi, avec discrétion et tact,
aux sources religieuses de l’islam et du christianisme. Un film aux résonnances profondément universelles. L’auteur et le personnage principal dénoncent le danger corrupteur du pouvoir politique, malgré les élans purs du
combat révolutionnaire pour l’indépendance et pour l’égalité entre les hommes. Là encore, des images évoquent, avec humour et sensibilité, l’éternel
combat (et pas seulement en Algérie!), en faveur de la justice et de la
dignité d’un peuple, une aspiration parfois assassinée par ceux qui trichent. (apic/ba)



