Le texte contient 68 lignes (max. 75 signes), 745 mots et 4924 signes.
apic/Fidel Castro/Audience/ Jean Paul II/Embargo économique
Rome:Jean Paul II reçoit le «Leader maximo» mardi prochain (171196)
Audience privée au Vatican pour Fidel Castro
Rome, 17novembre (APIC) Le pape Jean Paul II recevra mardi 19 novembre le
chef de l’Etat cubain Fidel Castro en audience privée au Vatican. Le «Leader maximo» a participé au Sommet mondial de l’Alimentation organisé à Rome
du 13 au 17 novembre par la FAO, l’organisation des Nations-Unies pour
l’alimentation et l’agriculture.
Ce sera la première rencontre entre Jean Paul II et le leader de la révolution cubaine, qui avait largement évoqué ses rapports avec l’Eglise
catholique et la religion dans un livre-entretien avec le frère dominicain
brésilien Frei Betto. Intitulé «Fidel et la religion», cet ouvrage a fait
grand bruit bien au-delà des frontières du continent latino-américain.
Castro fustige l’objectif minimaliste de la FAO
Le chef de l’Etat cubain a vigoureusement dénoncé samedi dans son discours à la FAO le capitalisme, le néo-libéralisme, les lois du marché sauvage, la dette des pays en développement et le sous-développement qu’il a
rendus responsables de la faim et de la mort de nombreuses personnes dans
le monde. Il a qualifié de «honteusement minimal» l’objectif du Sommet de
la FAO de réduire dans les deux décennies qui viennent de 800 à 400 millions le nombre des gens qui souffrent de la faim. Condamnant la «politique
criminelle et les blocus absurdes» qui privent les populations de nourritures et d’assistance médicale, Fidel Castro s’est demandé qu’elle éthique
s’abrite derrière une telle politique.
Le porte-parole de la salle de presse du Saint-Siège, Joaquin Navarro
Valls, a mis samedi un terme aux spéculations qui entouraient depuis quelques jours la visite de Fidel Castro au Vatican en confirmant que l’audience aura bel et bien lieu. Il a précisé que le chef de l’Etat cubain sera
reçu immédiatement après par le cardinal secrétaire d’Etat du Vatican, Mgr
Angelo Sodano.
Jean Paul II:»Je prie chaque jour pour Cuba»
Mercredi, lors de l’audience générale hebdomadaire, le pape Jean Paul II
a salué un groupe d’une soixantaine d’exilés cubains de Miami venus en pèlerinage à Rome. Aux participants brandissant des photos de prisonniers politiques et des drapeaux cubains, le pape a dit qu’il priait chaque jour
pour Cuba.
Le pape rêve en effet depuis longtemps de se rendre à Cuba, où il est
désormais invité officiellement par les autorités cubaines. Lors de son récent voyage dans l’île, fin octobre, le «ministre des Affaires étrangères»
du Vatican, Mgr Jean-Louis Tauran, a fait savoir que Fidel Castro lui avait
confirmé qu’une invitation officielle serait transmise au Vatican.
«Nouveau printemps» entre le Saint-Siège et le gouvernement cubain
Une telle visite du pape constituerait une étape décisive sur la voie de
la normalisation des relations Eglise-Etat à Cuba, a souligné à cette occasion Mgr Tauran, qui a rencontré Fidel Castro le 28 octobre. Il s’agissait
de la première rencontre de ce niveau depuis 20 ans. Constatant que
«l’Eglise est en pleine croissance» à Cuba, l’envoyé spécial du Vatican a
cependant aussi relevé que des choix gouvernementaux «limitent encore la
totale liberté de l’Eglise».
Mgr Tauran n’a pourtant pas hésité à parler à La Havane de «nouveau
printemps» dans les relations entre le Saint-Siège et le gouvernement cubain. Notons encore que Cuba cherche des alliés du côté des Eglises pour
condamner le blocus économique sévère imposé par les Etats-Unis à Cuba, et
qui prétend également punir les autres pays qui commercent avec l’île. Le
Vatican a d’ailleurs condamné à plusieurs reprises les embargos qui touchent les populations civiles et aggravent leur situation alimentaire et
sanitaire comme c’est le cas à Cuba ou en Irak.
L’Eglise condamne l’embargo américain contre Cuba
Le mois dernier, le cardinal Roger Etchegaray, président du Conseil pontifical «Justice et Paix», a estimé que le blocus contre Cuba est inacceptable, tout comme le renforcement de l’embargo par la loi «Helms-Burton».
L’archevêque de la Havane, le cardinal Jaime Lucas Ortega y Alamino, rejette également le blocus économique contre son pays, car il en empêche le développement et gêne le ravitaillement du peuple cubain.
Le Comité central du Conseil oecuménique des Eglises à Genève a condamné
en septembre dernier l’amendement «Helms-Burton» qui pénalise les nations
et les entreprises faisant commerce avec Cuba, le qualifiant de «nouvel acte d’agression économique contre la population cubaine». Dans son document
sur la faim dans le monde publié le 24 octobre, le Conseil pontifical «Cor
Unum» mettait aussi en garde contre l’utilisation de cette arme injuste et
dévastatrice qu’est l’embargo imposé aux populations civiles. (apic/be)



