Le texte contient 49 lignes (max. 75 signes), 529 mots et 3417 signes.

apic/Follereau/Tritz

Lausanne: les amis de la Fondation Raoul Follereau fêtent (260894)

les «160 printemps de Françoise Brunnschweiler et du Père Tritz

Lausanne, 26août(APIC) Les amis de Raoul Follereau fêteront samedi 27

août au Centre paroissial de Saint-Jacques, à Lausanne, les «160 printemps»

qu’ont à eux deux Françoise Brunnschweiler, fondatrice et présidente de

l’Association suisse Raoul Follereau, et le Père Tritz, le «Père Teresa des

enfants de Manille», aux Philippines.

Fille unique de France Pastorelli, auteur de «Servitude et grandeur de

la maladie», Françoise Brunnschweiler, lausannoise au grand coeur, s’enthousiasme, en 1947, de la voix de Follereau entendue à la radio. «Il venait

de lancer un appel pour les lépreux. J’ai bondi de mon siège afin de mieux

écouter ce message poignant qui m’interpellait au plus profond de moi-même».

Vingt ans plus tard, c’est la première entrevue. En 1968, sur sa proposition, elle fonde l’Association suisse Raoul Follereau. Sa rencontre avec

«l’apôtre de la charité» fut la confirmation de son besoin d’aller vers les

autres. Depuis, selon Emile Gardaz, un proche, elle n’a jamais failli. «Vigile, gardienne du phare, parfois gendarme, elle a gardé la flamme».

Son bon coeur inépuisable va l’amener à faire plusieurs fois le tour de

la planète. Ses 80 ans? «Je me demande où ils sont! Sur le papier, c’est

vrai. Tant que j’ai les possibilités, c’est avec un grand bonheur que je me

donne pour la grande famille Raoul Follereau», explique-t-elle avec un large sourire.

Le «jumeau»

Pour marquer ses 80 ans, elle a voulu associer un autre octogénaire, le

Père Pierre Tritz, qu’elle appelle avec affection son «jumeau». Oeil bleu,

limpide, cheveux ras, visage serein, le Père Tritz ne porte pas son âge. A

Manille, on le nomme déjà le «Père Teresa des enfants de la rue». Ce jésuite français a orienté toute son action vers les enfants les plus pauvres de

Manille en vue de leur offrir une scolarisation.

Grâce à ERDA, la Fondation d’aide pour la recherche et le développement

de l’Education qu’il a mis sur pied il y a 20 ans. le religieux a pu remettre dans le circuit scolaire des enfants de familles pauvres qui ne peuvent

payer un écolage. «Sauver un enfant dans la rue, ça coûte dix fois plus

cher que de le garder à l’école», argumente-t-il.

Arracher les enfants à la rue, à la mendicité, à la prostitution, au

vol, c’est bien. Les maintenir à l’école, c’est mieux. Sur 100 enfants philippins commençant l’école primaire, 40 seulement finissent les six années

requises. les parents étant trop pauvres pour financer leur éducation. Grâce aux efforts de la Fondation ERDA, 30’000 enfants des bidonvilles suivent

actuellement une école professionnelle. «Eduquer un enfant, c’est sauver un

homme», tel est le sens de son action. Il a reçu en décembre 93 le Prix Albert Schweitzer.

Pour fêter les «160 printemps» de Françoise Brunnschweiler et du Père

Tritz, réunis pour la circonstance, plusieurs milliers d’invitations ont

été lancées par le bulletin «Aimer-Agir». Willy Radin, de l’organisation

«Nouvelle Planète», ainsi que Djidiack Faye, étudiant sénégalais, rendront

hommage à Françoise Brunnschweiler, tandis qu’André Gachet le fera pour le

Père Tritz. Alain Burnand et la chorale la Croix de Camargue et le duo

Cellier-Duperrex (flûte de pan et instruments africains) animeront la fête.

(apic/flr/pr)

26 août 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!