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apic/FR/Assemblée ecclésiastique
Fribourg: Assemblée ecclésiastique catholique provisoire (050295)
La question des «sorties d’Eglise»
Fribourg, 5février(APIC) La difficile question des «sorties d’Eglise» a
largement occupé les délégués de l’Assemblée écclésiastique catholique provisoire du canton de Fribourg réunis samedi à Regina Mundi. S’il s’agit de
respecter la liberté de conscience et de croyance inscrite dans la Constitution fédérale, il faut éviter des départs inconsidérés basés sur des raisons sans rapport avec la foi, notamment financières, a-t-on relevé.
Lors de la suite de la première lecture du futur statut ecclésistique
cantonal, les délégués se sont à nouveau trouvés confrontés à la tension
entre le service de la pastorale et le maintien de toutes les prérogatives
paroissiales. Les paroisses ne peuvent aujourd’hui plus tout assumer, et
leurs structures doivent s’adapter, a relevé l’abbé Marc Donzé, lors de
l’entrée en matière sur le chapitre 2 du projet de statut.
Mêmes droits pour tous, Suisses et étrangers dès l’âge de 16 ans
La qualité de membre de la paroisse et de la collectivité ecclésiastique
cantonale s’acquiert exclusivement par le domicile. Le catholique exerce
donc ses droits dans la paroisse où il habite, même si ce n’est pas celle
qu’il fréquente habituellement. Les délégués ont refusé, contre l’avis de
la commission, de distinguer entre la notion de communauté paroissisale (le
groupe auquel le catholique se rattache en tant que croyant) et celle de
paroisse (la collectivité à laquelle il est rattaché juridiquement et à qui
il paye un impôt). Cette distinction est impraticable, tant théologiquement
que juridiquement, a plaidé l’abbé Marc Donzé suivi par la majorité de
l’assemblée.
La question du droit de vote et d’éligibilité des membres de la paroisse
et de la collectivité ecclésiastique cantonale n’a suscité que peu de
débat. Ces droits sont accordés à tous les catholiques, indépendamment de
la qualité de citoyen suisse, requise jusqu’à présent. Si tout catholique a
le droit de vote dès l’âge de 16 ans, il ne pourra cependant pas être élu
avant l’âge de 18 ans. L’Assemblée a refusé un amendement de Georges Chanez
(Estavayer-le-Lac) qui demandait l’introduction d’un délai de trois mois de
résidence dans la paroisse avant d’accorder les droits civiques.
La délicate question des «sorties d’Eglise»
La discussion de l’article 7 du futur statut qui règle la question des
«sorties d’Eglise» a donné lieu à un débat beaucoup plus fourni, parfois
touffu. Il s’agit de respecter la Constitution et la jurisprudence
fédérales qui garantissent la liberté de conscience et de croyance tout en
faisant prendre conscience des conséquences d’un tel acte.
On touche ici une question de base, relève Beat Renz (Courtepin). Les
personnes qui sortent de la collectivité ecclésiastique, à laquelle elles
ne paient donc plus d’impôts, ne quittent pas pour autant l’Eglise peuple
de Dieu, à laquelle elles ont été incorporées par leur baptême.
Des personnes ayant fait une déclaration de sortie peuvent-elles dès
lors continuer à bénéficier des «services» de la paroisse? Leurs enfants
doivent-ils fréquenter la cathéchèse, peuvent-ils participer aux activités
de jeunesse de la paroisse, ont-ils la possibilité de demander la confirmation? Etre très tolérant sur ces questions n’est-ce pas courir le risque de
voir ce développer un certain «parasitisme» de la part de gens qui refusent
simplement de payer l’impôt?, s’interroge Joseph Janser (Morat).
Tous les délégués se sont accordés sur la nécessité d’exposer très clairement les enjeux d’une démarche de sortie à travers un document qui devra
obligatoirement être remis avec la formule de sortie. Reste à s’entendre,
avec l’autorité diocésaine, sur son contenu… Les personnes qui font une
demande de «sortie d’Eglise» se verront en outre offrir la possibilité d’un
entretien avec un membre du Conseil de paroisse ou un prêtre. Histoire
d’éviter des sorties sur un coup de tête, parce qu’une déclaration du pape
ou un sermon du curé n’a pas plu.
L’assemblée reprendra le débat lors de sa prochaine séance, notamment
sur la forme juridique à donner à cette démarche. (apic/mp)



