Le texte contient 35 lignes (max. 75 signes), 388 mots et 2608 signes.
apic/France/catholiques/René Rémond
Paris: Nouveau livre de l’historien René Rémond (080395)
«Le catholicisme français et la société politique»
Paris, 8mars(APIC) L’historien catholique français René Rémond est préoccupé depuis longtemps par les rapports entre l’Eglise et la société politique. «Le catholicisme français et la société politique», qu’il publie ces
jours, synthétise 40 ans de réflexion sur ce sujet. Il en a présenté les
lignes principales lors d’une conférence à Paris.
L’historien s’est attaché non pas à définir la culture politique des catholiques français, mais à clarifier les rapports entre la société et
l’institution ecclésiale et présenter la pensée de l’Eglise sur l’organisation sociale. Un chapitre intitulé «de Léon XIII à Jean Paul II» restitue
ainsi l’encyclique «Rerum novarum» (1891) dans son contexte et en précise
la fécondité jusqu’à «Centesimus annus» de Jean Paul II.
De l’Action catholique aux nouveaux enjeux de la laïcité, en passant par
la question scolaire, l’historien passe en revue quelques-uns des points
d’opposition entre les chrétiens et l’Etat français. A la question «y a-til une spécificité chrétienne dans l’agir politique?», René Rémond apporte
une réponse toute en nuances. A proprement parler non, mais la foi du chrétien influe subtilement sur ses comportements et ses choix politiques. Aujourd’hui en France, la spécificité chrétienne n’est pas liée à un parti et
les formations politiques ne se réclament pas officiellement du christianisme. Depuis longtemps les catholiques n’ont plus de revendications propres susceptibles de fonder une plateforme électorale, comme ce fut le cas
au XIXe siècle. La foi ne dicte pas de réponse spécifique à des problèmes
de société déterminés, mais aide à donner une appréciation plus juste de la
politique, juge René Rémond. La démarche du chrétien a un double impact
éthique et politique. L’historien rappelle l’attachement aux droits de
l’homme, le sens de la justice, le respect de l’autre, qui, s’ils ne sont
pas le seul fait des chrétiens, sont chez eux des points d’ancrage particulièrement sensibles.
Les prises de positions de la Commission «Justice et Paix» sur le désendettement du tiers monde ont eu, par exemple, un impact important, bien que
le gouvernement les eut d’abord rejetées d’un revers de la main. La contribution des catholiques à la réconciliation franco-allemande et à l’attention aux tiers-monde et aux migrants est évidente. Aujourd’hui encore, le
nombre d’anciens militants de l’Action catholique dans la classe politique
est élevé, remarque René Rémond. (apic/jcn/mp)



