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France: «Le baptême d’un roi n’est pas le baptême d’une nation», estime

le pasteur Stewart à propos de la commémoration du baptême de Clovis

Paris, 17septembre (APIC) «Le baptême d’un roi n’est pas le baptême d’une

nation», estime le pasteur Jacques Stewart, président de la Fédération protestante de France. Membre du comité pour la commémoration du baptême de

Clovis, le pasteur Stewart regrette l’absence de représentants de l’islam

et de l’Eglise orthodoxe.

«On retrouve là, dit-il, une des situations antérieures à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. C’est-à-dire qu’on en reste toujours aux trois cultes dits reconnus: judaïsme, Eglise catholique et protestantisme». Or, explique le pasteur Stewart dans le «Bulletin d’information protestant» de France, le paysage religieux, depuis 1905, s’est considérablement remodelé dans l’hexagone.

La fédération protestante de France qu’il préside a choisi d’adopter une

«participation critique». Parce que «nous avons le souci de porter un regard critique et d’avoir une parole originale sur cette commémoration»,

soutient le pasteur Stewart. «C’est d’abord une question à propos du choix

du baptême de Clovis comme d’un événement à portée nationale pour aujourd’hui».

Le choix de l’événement n’est pas innocent, estime-t-il, avant de demander pourquoi choisir de commémorer le baptême de Clovis? «D’autant plus que

les historiens ont des avis divergents. Ils situent le baptême non pas en

496 mais en 498, 501 ou même en 502. Nous contestons surtout le fait que

l’on puisse assimiler le baptême d’un roi, d’un chef aussi charismatique

soit-il, avec le baptême et l’identité d’une région. Cela rejoint la formule constantinienne et celle des Etats au XVIe siècle où la religion du

prince devenait celle du peuple…»

Jacques Stewart dit encore regretter que la dimension européenne soit

absente de la réflexion sur l’événement. «Les Allemands et les Belges, notamment, seraient tout aussi concernés par ce projet. Cela aurait pris une

tournure plus claire». En tout cas, estime enfin le pasteur français, cette

commémoration a le mérite de soulever des débats.

Et la visite du pape? «Jean Paul II vient comme chef de l’Eglise catholique, rendre visite aux catholiques de France, et je m’en tiens à ce seul

sens de sa démarche». Et de conclure, à titre personnel, en estimant que

«les polémiques autour de cette visite prennent un caractère démesuré.

(apic/pr)

17 septembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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