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Paris: «L’Eglise ne peut se résigner à la privatisation de la foi» (121196)
Conférence de presse de la Conférence des évêques de France
Paris, 12novembre (APIC) «La lettre aux catholiques de France sur la proposition de la foi dans la société actuelle» a été l’un des points forts
des débats de l’assemblée plénière de la Conférence des évêques la semaine
dernière à Lourdes. Mgr Louis-Marie Billé et Mgr Jacques David, nouveaux
président et vice-président, en ont présenté les principaux enjeux mardi,
lors d’une conférence de presse à Paris.
D’emblée les deux évêques sont apparus très détendus face à la presse,
réussissant même à arracher des applaudissements aux journalistes. Mgr Billé a relevé que la communication serait un des «thèmes» de son mandat. Les
différents dossiers traités par les évêques à Lourdes (formation des prêtres; rôle des laïcs dans l’apostolat; fonction des diacres; rythmes scolaires; Journées mondiales de la jeunesse) ont tous pour toile de fond la
«Lettre aux catholiques de France sur la proposition de la foi dans la société actuelle».
Adoptée à une très large majorité par les évêques, cette lettre se veut
accessible au plus grand nombre et fera l’objet d’une publication fin novembre aux éditions du Cerf. Ce document a également suscité l’intérêt des
évêques étrangers invités à Lourdes. Pour son auteur principal, Mgr Claude
Dagens, évêque d’Angoulême, les catholiques n’ont pas à avoir peur d’être
eux-mêmes dans la société actuelle. Ils doivent garder la liberté de prêcher l’Evangile pour donner un sens à la vie et la force de vivre.
Cette lettre est la troisième étape du processus initié par le «Rapport
Dagens» présenté en novembre 1994 et diffusé à 50’000 exemplaires. Une deuxième édition largement amendée a été publiée en novembre 1995. La «Lettre
aux catholiques» en constitue en quelque sorte la version finale.
Aller aux sources de la foi
Le texte est divisé en trois parties dont seule la première est pour
l’instant disponible: «Comprendre notre situation de catholiques dans la
société actuelle»; «Aller aux sources de la foi»; «Former une Eglise qui
propose la foi».
Le premier chapitre, précise Mgr Dagens, rappelle que l’Eglise catholique vit en France une situation critique partagée par la société toute entière et dont les stigmates sont la fracture sociale et la crise de transmission de la foi. «Dans un contexte de société laïque et pluraliste, nous
ne pouvons nous résigner à la privatisation de la foi, car l’Eglise du
Christ est destinée à la place publique,» souligne l’évêque d’Angoulême.
«Pour autant, nous sommes réalistes et ne rêvons pas à une situation dominante comme par le passé. Que cela ne nous empêche pas d’être missionnaires!»
Le deuxième chapitre retrace un abrégé de la théologie trinitaire et
s’attache à la question du mal «en ne cédant pas à la tentation
manichéenne». Le lien étroit entre foi et morale y est souligné. Enfin la
troisième partie se veut plus pratique et plus pastorale. Elle donne des
lignes directrices pour la prière liturgique et sacramentelle, la formation
à la foi des enfants et des adultes. Les évêques souhaitent donner à ce
documents la diffusion la plus large possible.
L’écart social en France
Autre document important adopté à Lourdes, celui de la Commission sociale de l’épiscopat intitulé «L’Ecart social n’est pas une fatalité». Ce texte de six pages est un cri d’alarme qui s’enracine dans notre expérience
quotidienne, souligne Mgr Billé. «Nous constatons avec étonnement que des
choses anormales sont considérées comme allant de soi.» La déclaration souligne l’urgence de revenir à «ce qui est souhaitable pour l’homme». Elle
rappelle le propos du pape à Tours: «Il faut renouer de nouveaux modes de
vie personnels et collectifs qui permettent de surmonter les crises».
L’assemblée de Lourdes a également précisé douze points d’attention concernant le diaconat. «Nous voulons que les diacres exercent leur ministère
dans sa plénitude en Eglise, que ce ministère soit reçu pour ce qu’il est,
sans être confondu avec celui des prêtres», a relevé Mgr Billé.
La collaboration entre prêtres et laïcs dans la pastorale liturgique et
sacramentelle a également fait l’objet de discussions. Mgr David, évêque
d’Evreux – où il remplace Mgr Gaillot – a notamment rappelé que le baptême
est d’abord une fête d’Eglise, «une fête à dimension collective, avant
d’être une fête familiale quasi privée».
L’autonomie des évêques dans chacun des diocèses, «l’ancrage nécessaire
dans l’Eglise diocésaine», est un credo partagé par beaucoup d’évêques. Au
risque parfois de priver la Conférence épiscopale d’une voix forte au niveau national comme ce fut le cas lors de l’évacuation cet été de l’église
St-Bernard à Paris? Ni Mgr Billé ni Mgr David n’en disconviennent. Ils
concèdent que l’équilibre est difficile à trouver: on leur reproche tantôt
de ne parler que d’une seule voix, tantôt, au contraire, de n’avancer qu’en
rangs dispersés. (apic/jcn/mp)



