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apic/France / Conseil épiscopal
France: Réunion du Conseil permanent de l’épiscopat (120397)
Les évêques débattent de l’immigration
Paris, 12mars(APIC) Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de
France, réuni à Paris depuis lundi, a conclu ses travaux mercredi. La rencontre, placée sous la présidence de Mgr Louis-Marie Billé, était élargie
aux présidents des Comités permanents et des Commissions épiscopales. Outre
la préparation matérielle et spirituelle des XIIe Journées mondiales de la
jeunesse en août à Paris, les évêques se sont penchés sur les questions de
l’immigration.
Au plan interne, les participants ont étudié la réforme des structures
de la Conférence des évêques entreprise en 1994 et la réforme du régime
social des prêtres (retraite, maladie) à l’échelon diocésain ou national.
Dans son discours inaugural, Mgr Billé est revenu assez longement sur la
question de l’immigration. A propos de la loi Debré concernant les sanspapiers et les immigrés clandestins, Mgr Billé est frappé de voir combien
l’attention est focalisée sur certains aspects du problème polymorphe de
l’immigration et combien cela révèle les désirs et les peurs. Face à cette
focalisation qui masque des pans entiers de la réalité, le président de la
Conférence des évêques voit trois difficultés majeures.
La première est de prendre une mesure à la fois un peu précise et un peu
ample du phénomène. «Combien de Français sont-ils au clair avec le vocabulaire employé: étranger, immigré, personne d’origine étrangère, il faudrait
de nouveau mentionner ’sans papiers’? Qui pourrait dire en quoi consiste
l’intégration?» Le fait de ne pas maîtriser le langage permet tous les
amalgames et alimente les peurs, avertit l’archevêque d’Aix-en-Provence.
S’il est vrai qu’en 1995 50’000 étrangers sont arrivés en France, cela
n’est certes pas rien, mais cela ne permet nullement d’accréditer des images d’une invasion galopante.
Pour Mgr Billé, la deuxième difficulté tient à ce que les références
profondes, morales n’apparaissent plus à une opinion désorientée entre la
pseudo-générosité d’un discours sur l’interculturel et des positions identitaires refermées sur elles-mêmes.
Le premier droit de l’homme est celui de vivre dans sa propre patrie,
rappelle enfin Mgr Billé. Or le débat actuel tend à dissocier le contrôle
des flux migratoires et le développement dans tous les pays du monde.
L’intégration est un mouvement évidemment jamais achevé qui est ou qui
devrait être celui de la société toute entière. «A partir du moment où des
catégories sociales, professionnelles ou culturelles tendent à ne voir que
leurs seuls intérêts, à partir du moment où un pourcentage considérable de
juens paraît camper aux portes de la société, on peut penser que les forces
de dés-intégration l’emportent sur les dynamismes de l’intégration», conclut Mgr Billé. (apic/com/mp)



