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France: L’Eglise ne peut pas rester silencieuse face aux insultes (170495)

Le président de la Conférence des évêques réagit aux attaques blessantes

Paris, 17avril(APIC) Dans une lettre adressée à ses frères évêques, Mgr

Joseph Duval, président de la Conférence épiscopale française dénonce avec

fermeté les attaques blessantes dont a été victime l’Eglise catholique ces

dernières semaines en France. Evénements visés: la sortie durant la Semaine

Sainte du film «Prêtre», d’Antonia Bird, mettant en scène deux prêtres:

l’un concubin, l’autre homosexuel et les «insultes outrageuses» lancées par

l’Association anti-sida Act Up à l’encontre du pape à l’occasion de la sortie de l’encyclique «l’Evangile de la Vie».

«Nous pourrions nous attendre à ce que la programmation de certains

films comme «Prêtre» ne tombe pas ’comme par hasard’ au cours des temps

forts de la vie chrétienne», estime Mgr Duval. Dire que le célibat est difficile à vivre est une évidence. Qui croirait qu’il n’y a pas d’échec?

ajoute l’archevêque de Rouen. «Mais parier sur le succès commercial d’un

film sur ce thème c’est prendre les spectateurs pour des voyeurs.» Plus de

30’000 prêtres en France témoignent par ce choix d’une totale disponibilité

et d’une autre façon d’aimer.

L’Association anti-sida Act Up insulte outrageusement le pape

«Avant même d’avoir été lue l’encyclique de Jean Paul II «Evangelium Vitae» a été exécutée sans appel», déplore Mgr Duval. Et de stigmatiser l’Association anti-sida Act Up qui a «exploité cet événement pour insulter

outrageusement le pape». «C’est une véritable escroquerie pour les nombreuses personnes de bonne foi qui ont acheté l’encyclique en kiosque et qui

n’ont découvert que plus tard les injures portées sur la dernière page».

«Je m’étonne que ne se soit pas élevée une seule voix officielle en

France pour souligner le caractère inacceptable de cette insulte faite au

pape qui est aussi un chef d’Etat, et à tous ceux qui reconnaissent en Jean

Paul II une autorité spirituelle», relève Mgr Duval.

«Pourquoi ne sommes-nous pas entendus?» s’interroge le président des

évêques de France qui remarque le sida est devenu pour l’opinion publique

un motif de tourner en dérision le pape et l’Eglise. «Peu importe ce qui

est fait dans beaucoup de nos diocèses pour prévenir le mal, pour

accueillir, réconforter et accompagner les malades comme ceux qui les

soignent. Peu importe ce que l’Eglise dit en vérité.»

L’Eglise situe la sexualité au coeur de la relation d’amour, rappelle

Mgr Duval. Elle invite à la fidélité et à la chasteté, non pas d’abord comme un moyen de se protéger contre le sida, mais comme un chemin pour parvenir au bonheur. En 1993, le délégué pour les questions morales de la Conférence épiscopale écrivait: «Il peut être momentanément nécessaire de faire

comprendre aux intéressés que se protéger soi-même et protéger d’éventuels

partenaires sexuels d’une contamination cachée constitue une toute première

étape de responsabilisation. Il s’agit somme toute dans l’extrême urgence

de répondre au commandement: ’Tu ne tueras pas’.» «Nous avons des propositions positives à faire en faveur d’une prévention cohérente, c’est-à-dire portant sur les comportements plus que sur les aspects techniques».

«Loin de nous décourager, les provocations doivent nous pousser à découvrir le message de l’Evangile par nous mêmes et non pas à partir de raccourcis abusifs», conlut Mgr Duval avant d’inviter les chrétiens au débat

et à l’engagement. (apic/com/mp)

17 avril 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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