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apic/France/expulsions
France: Arrestations et expulsions d’étrangers (091194)
Inquiétude des Eglises
Paris, 9novembre(APIC) Plus de 80 personnes, soupçonnées de soutenir la
guérilla islamiste en Algérie, ont été interpelées mardi 8 novembre en
région parisienne et 37 réfugiés roumains reconduits à la frontière ce même
jour. Deux imans de l’est de la France ont été récemment expulsés. Une
politique sécuritaire dont les représentants de l’Eglise se méfient.
Pour José Da Silva, responsable adjoint du service de la pastorale des
migrants, «La précipitation de ces arrestations et expulsions nous inquiète
car elle crée un climat de peur qui se développe au sein des communautés
immigrées. Ces populations n’ont pas besoin de cela car elles sont déjà
dans des situations difficiles au niveau matériel et moral. Une fois de
plus, l’opinion publique risque de faire des amalgames qui ne peuvent que
renforcer la xénophobie et le racisme».
Les faits reprochés aux 80 personnes arrêtées mardi concernent
l’hébergement de militants islamistes, le trafic d’armes et l’imprimerie
clandestine de faux papiers. Selon les informations policières, ce réseau
serait, à ce jour, le plus important qui ait été demantelé. L’existence de
plusieurs autres filières d’aide au Djihad, notamment au Groupe armé
islamique (GIA), à partir de la France, a été révélé au cours de ces
derniers mois. Des associations para-éducatives cacheraient en réalité des
actions de propagande et des réseaux d’aide aux intégristes.
Par ailleurs, à moins de quinze jours d’intervalle, deux imans de
Moselle, dans l’est de la France, viennent d’être expulsés. Un des deux,
Zahr Eddine Nafa, 32 ans, préparait un doctorat en mécanique à l’Université
de Metz tout en assurant quelques prêches à la mosquée de Metz-Borny. Ses
proches, notamment des voisins européens, assurent qu’il ne faisait aucun
prosélitysme et désapprouvait le port du foulard islamique en France. Pour
son avocat, Me Delrez, «cette expulsion est une monstruosité». La
préfecture confirme quant à elle des menaces à l’ordre public et renvoit
aux autorités algériennes le soin de déterminer si l’extradé est, oui ou
non un militant dangereux.
Le père Gilles Couvreur, responsable du Secrétariat pour les relations
avec l’islam (SRI), rappelle qu’»il faut faire le tri entre l’aide
véritable au terrorisme et les idées qui ne relèvent pas des mêmes
opinions. C’est à la justice de se prononcer, en matière de délit
d’opinion. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas faire d’amalgames rapides.
Seule une très petite minorité de musulmans sur notre sol, est concernée
par ces faits».
Quant au service oecuménique d’entraide (Cimade), il qualifie le rejet à
la frontière de 37 Roumains, interpellés dans un campement de gens de
voyage, de «nouveaux charters d’expulsés», faisant référence à l’expulsion
de 101 Maliens par l’administration de Charles Pasqua, ministre de
l’intérieur, réputé pour mener une politique «musclée». La Cimade rappelle
que l’expulsion collective d’étrangers est interdite par la Convention
européenne des droits de l’homme. (apic/jcn/eb)



