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France:Le Conseil d’Eglises Chrétiennes (250297)

en France dans le débat sur l’immigration

L’accueil des migrants: un test pour l’identité chrétienne

Paris, 25février(APIC) Au lendemain des grandes manifs contre la loi Debré sur l’immigration – qui ont amené dimanche des dizaines de milliers de

personnes dans la rue à l’appel d’un collectif d’artistes et d’intellectuels – et alors que l’assemblée nationale examine en deuxième lecture le

projet de loi constesté, les Eglises chrétiennes en France entrent à leur

tour dans le débat sur l’immigration. En appelant au respect fondamental dû

à toute personne humaine.

Dans une déclaration intitulée: «Qu’as-tu fait de ton frère ?», le Conseil d’Eglises Chrétiennes en France déclare que dans une société en crise,

«lorsque la peur guette de nombreuses personnes, il y a un urgent besoin

d’échanges et de communication honnête sur ces problèmes qui touchent l’essentiel de notre ’vivre ensemble’». Le document est signé par les co-présidents du Conseil d’Eglises chrétiennes: Mgr Jérémie, président du Comité

interépiscopal orthodoxe en France; le pasteur Jacques Stewart, président

de la Fédération protestante de France; Mgr Louis-Marie Billé, président de

la Conférence des évêques de France.

L’étranger, un frère plutôt qu’un concurrent ou un suspect

Les Eglises soulignent dans ce contexte «le respect fondamental dû à

toute personne humaine qui, quelle que soit son origine, a des droits et

des devoirs essentiels». Elles affirment la volonté de voir en l’autre, en

l’étranger, «un frère plutôt qu’un concurrent, un partenaire plutôt qu’un

suspect».

Le Conseil d’Eglises Chrétiennes constate que le débat relatif au projet

de loi sur l’immigration actuellement en discussion «prend un tour nouveau». Des femmes et des hommes «de convictions et de cultures différentes»

lancent des appels qui s’adressent à la conscience de tous. Les Eglises

chrétiennes souhaitent que ce débat puisse s’approfondir dans un véritable

respect mutuel, «signe de la vitalité démocratique qui a souvent marqué

l’identité de notre peuple».

Non aux zones de «non-droit»

Si les Eglises se réjouissent que plusieurs articles du projet de loi

mettent un terme aux souffrances de certaines catégories de sans papiers,

caractérisés jusqu’ici par la situation paradoxale de n’être ni expulsables

ni régularisables, elles ne peuvent se résigner à ce que d’autres sans papiers soient laissés dans une situation de «non-droit».

«Beaucoup ont vocation à rester sur notre sol, soit par leurs attaches

familiales, soit par la crainte justifiée que leur inspire un retour éventuel au pays. La sagesse demande que leur situation soit examinée, selon

des critères définis, au lieu de les laisser sans réponse et sans droits»,

peut-on encore lire dans la déclaration du Conseil d’Eglises Chrétiennes en

France.

Non à la logique de la peur

Le Conseil affirme encore que si la volonté de réprimer l’immigration

illégale aboutissait à laisser désigner tout demandeur d’asile comme un

suspect, le risque serait grand de rendre plus précaire le statut de tous

les étrangers même en situation régulière, d’attiser les peurs et de compromettre les équilibres nécessaires au «vivre-ensemble» dans la société

française.

Et les Eglises chrétiennes en France de conclure que pour les chrétiens,

attachés comme tant d’autres à la solidarité et à l’hospitalité, le migrant

n’est pas un individu à respecter selon les seules normes fixées par la

loi. «Il est une personne qu’en conscience nous voulons considérer comme

telle, prenant en compte ses droits et devoirs inaliénables, qui ne peuvent

être ni violés, ni ignorés». «La grande question que Dieu pose à l’homme

dans la Bible demeure: ’Qu’as-tu fait de ton frère ?’ (Gn, 4,9). La réponse est un test pour notre droiture de conscience et notre identité de chrétiens». (apic/com/cef/be)

25 février 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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