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Paris: L’édition française de «Communio» a 20 ans
Pour le cardinal Poupard, «l’avenir de la foi est entre nos mains»
Paris, 18février(APIC) L’homme, qui est avant tout «homo religiosus», ne
peut se satisfaire d’une vision mutilée du monde, estime le cardinal Poupard. «Redonner à l’homme une vision religieuse, c’est lui redonner un horizon d’espérance» a déclaré le président du Conseil pontifical pour la
culture, lors du colloque tenu à Paris pour le 20e anniversaire de l’édition française de la revue internationale catholique «Communio».
Le colloque a eu lieu les 16 et 17 février sur le thème: «L’Eglise et le
monde contemporain: le christianisme a-t-il un avenir ?», avec la participation, entre autres, de l’historien René Rémond et de Mgr Claude Dagens,
évêque d’Angoulême. Le cardinal Poupard, président du Conseil pontifical
pour la culture, a pour sa part dirigé un débat sur «La situation théologique contemporaine» et prononcé une conférence sur «Christianisme et culture», où il a proposé des objectifs pour les dix années à venir.
Le cardinal s’est d’emblée référé à saint Augustin, l’auteur de «La Cité
de Dieu». «Comme au temps de saint Augustin, a-t-il expliqué, nous sommes
amenés à considérer le défi lancé par notre époque, pour le relever avec
foi et courage. Deux amours ont fait deux cités, l’amour de soi jusqu’au
mépris de Dieu, l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi. Nous sommes appelés
à construire la civilisation de l’amour. La vision sécularisée du monde mutile l’homme, et tout, en définitive, se ramène à l’anthropologie.»
Une vision mutilée du monde
En cause: le rationalisme et le positivisme de la culture sécularisée,
qui ont bouleversé le rapport de l’homme avec la nature, la politique,
l’éthique, le religieux, a déclaré Mgr Poupard. «Lorsque l’icône s’efface,
l’idole s’affirme, dit-il, et les valeurs, désancrées de leur référence à
l’absolu, absolutisent le relatif». Et d’avertir, face à la tentation culturelle de vivre le christianisme comme un humanisme orienté vers le seul
épanouissement terrestre: «Le centrement sur le monde est le grand défi
pour l’Eglise au seuil du troisième millénaire, appel à proposer avec audace la foi au Christ, comme force capable de redonner à l’homme de l’an 2000
la joie de la foi, l’ardeur de l’espérance, la ferveur de l’amour».
«L’homme ne peut se contenter longtemps d’une existence au rabais», a
insisté le cardinal français: avant tout «homo religiosus», il ne peut se
satisfaire d’une «vision mutilée du monde». Redonner à l’homme une vision
religieuse, c’est lui redonner «un horizon d’espérance».
Ecrire de nouveaux «Actes des Apôtres»
Le président du Conseil pontifical pour la Culture a lancé un appel aux
collaborateurs de «Communio»: avec confiance, identifier les points d’ancrage – les «semina Verbi» (semences du Verbe) – dans les cultures «pour
que l’homme devienne toujours plus pleinement homme», en d’autres termes,
inculturer l’Evangile pour évangéliser les cultures. «Comme au premier âge
apostolique, nous sommes appelés à écrire de nouveaux «Actes des Apôtres»,
dans la fidélité à la prière avec Marie, l’écoute de la Parole de Dieu dans
l’Eglise, la mise en oeuvre de l’enseignement du successeur de Pierre au
coeur du Collège apostolique, et le partage du pain avec tous les frères.»
Le cardinal a invité «Communio» à créer une nouvelle culture chrétienne,
où des poètes, des écrivains, des philosophes et des théologiens sauront
traduire l’anthropologie de Vatican II. «L’avenir de la foi est entre nos
mains, avec la grâce de Dieu, a-t-il conclu. La tâche est de réconcilier
l’intelligence avec l’esprit, d’en déployer les potentialités dans l’analyse des problèmes de notre société: se détacher de la caducité, retrouver la
totalité, penser la nouveauté. La vision religieuse du monde retrouvera
toute sa force de suggestion par la force de témoins enracinés dans
l’Esprit-Saint.» (apic/cip/com/mp)



