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apic/Fribourg/ Assemblée ecclésiastique
Fribourg: Assemblée ecclésiastique catholique provisoire (210595)
Les paroisses favorables à la péréquation
financière, mais soucieuses de leur porte-monnaie
Fribourg, 21mai(APIC) La question du financement des ministères paroissiaux a été au centre des débats de l’Assemblée écclésiastique catholique
provisoire du canton de Fribourg. Réunis samedi à Regina Mundi, les délégués ont accepté le système de péréquation financière proposé par la Commission VII. Beaucoup cependant aurait voulu savoir «combien ça côutera?».
Pour aborder ce «sujet d’épouvante», le président de la Commission VII,
Jacques Baeriswyl (Bulle), a adopté un démarche très pédagogique s’aidant
même de caricatures de son cru. Imaginez les paroisses réunies pour partager une fondue. A la fin du repas, on divise la somme totale par le nombre
de convives, et chacun paie une part, sans se préoccuper de savoir ce que
chacun a effectivement mangé et bu. C’est le principe de non-causalité, retenu pour le financement des tâches supraparoissiales comme le centre catéchétique ou les autres services d’Eglise cantonaux.
Pour le financement des ministères paroissiaux et pluri-paroissiaux,
(prêtres et agents pastoraux nommés par l’autorité diocèsaine), la Commission VII a retenu le principe de causalité. Chacun paie selon ce qu’il consomme. Du hamburger au menu à la carte, en passant par l’assiette du jour,
pour reprendre les comparaisons de Me Baeriswyl.
Pour le calcul de la péréquation, on se basera sur le «RIC» ou rendement
de l’impôt cantonal dans les communes formant paroisses. C’est-à-dire le
gisement financier exploitable. Ce type de calcul présente l’avantage majeur d’offrir un point de comparaison équitable entre toutes les paroisses
indépendamment de leurs recettes fiscales et de leur taux d’impôt ecclésiastique. Ce calcul est corrigé par divers coefficients, tenant compte
notamment du pourcentage de catholiques. Après l’établissement d’une moyenne cantonale, les paroisses sont réparties en paroisses payantes (au-dessus
de la moyenne) et paroisses bénéficiaires (au-dessous de la moyenne).
Pour le financement des ministères paroissiaux et pluriparoissiaux, les
délégués ont adopté une péréquation portant sur le 5% de la masse salariale. Ainsi sur un salaire de 60’000 francs, les paroisses riches paieront
3’000 francs à répartir entre les paroisses pauvres.
Les bénéfices curiaux inclus dans la péréquation
Reste que certaines paroisses disposent de revenus autres que ceux de
l’impôt, en particulier les bénéfices curiaux en principe exclusivement affectés au paiement des salaires des prêtres et agents pastoraux. Afin d’assurer un traitement équitable, les revenus des bénéfices curiaux seront
ajoutés au «RIC» pour donner un montant corrigé à partir duquel la péréquation sera calculée. Les surplus éventuels, selon le droit canon, restent à
la disposition du «bénéficier», à savoir le curé, sous la surveillance de
l’autorité diocésaine.
Si ces principes ont été largement approuvés par l’Assembleé, plusieurs
délégués se sont inquiétés des incidences financières concrètes pour leur
paroisse. Impossible de répondre pour le moment, explique Me Baeriswyl tant
la manière de tenir les comptes diverge d’une paroisse à l’autre. Le terme
de ministère couvrant parfois jusqu’à l’organiste, le directeur de choeur
ou la gratification distribuée aux catéchistes bénévoles. Sur un budget de
la Caisse des ministères situé entre 12 et 15 millions de francs pour l’ensemble du canton, la péréquation se montera entre 600 et 750’000 francs.
Le principe d’une Caisse des ministères indépendante étant admis, Me
Baeriswyl estimait logique de la doter d’organes de gestion et de contrôle
propres. L’assemblée craignant de créer «une deuxième corporation cantonale» et de multiplier les structures a finalement rejeté cette idée. Tout en
acceptant le compromis proposé par Jacques Ducarroz (Fribourg), à savoir
que la Caisse des ministères sera placée sous le contrôle d’une assemblée
formée par les 60 membres de l’Assemblée ecclésiastique cantonale élus dans
les paroisses. (L’Assemblée compant en sus 30 autres membres désignés par
les prêtres, les congrégations religieuses et l’évêque).
En fin de séance, l’Assemblée a encore adopté une nouvelle mouture de
l’alinéa 4 de l’article 1, inscrivant explicitement la collaboration oecuménique et interreligieuse dans le statut de l’Eglise fribourgeoise. (apicmp)




