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apic/Fribourg/Caisse de solidarité pour les prêtres

Fribourg: Caisse de solidarité des prêtres du canton (200295)

Atténuer les disparités de salaire

Fribourg, 20février(APIC) Les prêtres du canton de Fribourg n’ont pas

attendu l’instauration de la Caisse de rémunération des ministères pour

mettre en place un système de solidarité. Depuis 20 ans, ils participent

librement à une caisse visant à atténuer les disparités de salaire.

La création de cette Caisse de solidarité date de 1974. Le vicaire

épiscopal Henri Schornoz avait constaté une grande disparité de salaire

parmi les prêtres du canton, selon la richesse de la paroisse ou la

fonction exercée. Il réunit alors l’abbé Romain Chammartin, préfet du

Collège de St-Michel, et le doyen Henri Monnard, curé de Marly, pour former

le premier comité, puis il envoie une circulaire à tous les prêtres du

canton. Ceux-ci étaient invités à manifester leur intention de verser une

contribution ou de demander une aide. Cette première démarche aboutit à un

résultat encourageant: un montant total de 115’711.– francs, provenant de

97 dons, a pu être distribué à 45 prêtres en 1975.

Dans les années suivantes, les contributions annuelles se montent en

moyenne à 150’000.– francs. Les comptes de 1994 affichent des versements de

49 prêtres pour un montant de 186’330.– francs, auxquels s’ajoutent des

dons anonymes pour 40’000.– francs et 13’500.– francs d’intérêts sur une

fortune provenant de legs, ainsi que de petits bénéfices régulièrement

accumulés.

Depuis l’instauration de la Caisse de rémunération des ministères,

chaque prêtre en fonction dans une paroisse ou un mouvement reçoit au moins

3’520.– francs de salaire brut. Mais, selon le vicariat épiscopal, certains

prêtres âgés qui ont très peu cotisé à l’AVS bénéficient d’une rente

insuffisante. Dans ce cas, la Caisse de solidarité complète leur revenu

mensuel. Elle apporte également une aide ponctuelle pour des situations

précises, par exemple lorsqu’un prêtre a une facture importante dans le

cadre de son activité. Elle participe souvent à des frais de déménagement.

Bénévolat

Secrétaire-comptable depuis la fondation de la Caisse de solidarité en

1974, l’abbé Romain Chammartin insiste sur les trois piliers qui ont

contribué à la fiabilité de cette caisse.

D’abord la participation des prêtres a toujours été entièrement libre.

Chacun verse ce qu’il veut (et peut déduire ce montant dans sa déclaration

d’impôts). Ensuite, les comptes sont établis avec clarté et envoyés chaque

année à tous les prêtres du canton. Ces menus frais d’envoi sont par

ailleurs les seuls occasionnés pour le fonctionnement. Le comité formé des

deux vicaires épiscopaux, du secrétaire-comptable, de l’administrateur de

l’évêché et de deux représentants des prêtres, oeuvre bénévolement. Enfin,

aucun nom de donateur ou de bénéficiaire ne filtre où que ce soit, même

dans le comité. Les comptes ne précisent que le nombre de contributions et

le total de la somme récoltée, ainsi que le nombre de versements opérés.

Actuellement, les disparités de revenus ont tendance à diminuer. Le

futur Statut de l’Eglise catholique rendra certainement obligatoire la

participation des prêtres de paroisses et aumôniers de mouvements à la

Caisse de rémunération des ministères. Selon l’administration des tâches

supraparoissiales, les situations nécessitant une aide complémentaire vont

diminuer ces prochaines années. Cela ne va pas pour autant signifier que la

Caisse de solidarité des prêtres va disparaître. «Même s’il y a moins de

disparités que du temps de l’abbé Schornoz, il y a toujours des cas un peu

exceptionnels», affirme l’abbé Chammartin, ajoutant par ailleurs: «Vous ne

pouvez pas imaginer comme cette caisse a rendu de très grands services…»

(apic/bb/eb)

20 février 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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