Le texte contient 45 lignes (max. 75 signes), 479 mots et 3322 signes.
apic/Fribourg/mesures de contrainte
Fribourg: mesures de contrainte envers les étrangers (071194)
Le Conseil synodal de l’Eglise réformée
met en garde contre les risques d’abus
Fribourg, 7novembre(APIC/SPP) Dans la perspective des votations fédérales
du 4 décembre sur les mesures de contraintes à l’égard des étrangers, le
Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée du canton de Fribourg
(EERF) lance un avertissement aux autorités cantonales. Dans une déclaration présentée au Synode réformé fribourgeois, lundi à Romont, l’exécutif
de l’Eglise s’inquiète des risques d’abus liés à l’acceptation de ces mesures.
En présence du président du Conseil d’Etat Augustin Macheret, chef du
Département de l’Instruction publique et des cultes, invité à suivre les
débats, les délégués au Synode ont accueilli favorablement la prise de position du Conseil synodal au sujet des mesures de contraintes à l’égard des
étrangers. Dans un canton situé à la frontière des langues et des mentalités, le Conseil synodal déclare comprendre les opinions divergentes exprimées d’un coté et de l’autre de la Sarine «quant à l’opportunité d’adopter
ou de rejeter les mesures de contraintes». Cependant il s’inquiète, alerté
en cela par les oeuvres d’entraide des Eglises protestantes, des abus que
pourrait entraîner l’adoption de ces mesures, particulièrement en ce qui
concerne la détention de mineurs ou de personnes innocentes de tout délit.
Le Conseil synodal demande une vigilance extrême pour que soient respectés
les droits de l’homme et de l’enfant qui passent avant toute mesure inspirée par la seule pensée sécuritaire.
Des voix discordantes en Suisse romande
Après la prise de position du Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), qui, lors de l’Assemblée des délégués du 24 octobre, avait annoncé son refus de combattre les mesures de contraintes, des
voix discordantes se font entendre parmi les Eglises membres de la FEPS en
Suisse romande. A Genève, l’Eglise nationale protestante en accord avec les
Eglises catholique-romaine et catholique-chrétienne publieront incessamment
un communiqué commun dans lequel elles se prononcent contre les mesures de
contrainte. Dans le canton de Neuchâtel, une démarche semblable est en voie
d’élaboration sur un plan oecuménique également. Sans donner de consigne de
vote, précise-t-on au siège de l’Eglise réformée neuchâteloise, la Communauté oecuménique de travail des Eglises du canton (réformée, catholique,
catholique-chrétienne et mennonite) entend faire part de son inquiétude
quant aux risques que ces mesures entraîneraient.
Le Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud
traitera lui aussi de cet objet lors d’une de ses prochaines réunions. En
revanche, cette question ne figure pas à l’ordre du jour de l’exécutif de
l’Eglise réformée valaisanne. Quant à l’Eglise réformée Berne/Jura, elle
observe en la matière une stricte neutralité. Le Conseil romand des oeuvres
protestantes d’entraide et de mission – Entraide protestante suisse, Département missionnaire et Pain pour le prochain – s’est pour sa part clairement prononcé contre les mesures de contraintes contenues dans «une loi injuste aux effets discutables». Les Centres sociaux protestants (CSP) feront
eux aussi campagne contre la loi. (apic/spp/mp)



