apic/Fribourg «Prier Témoigner»
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Fribourg: 7e édition de «Prier Témoigner» (171196)
2’000 personnes pour fêter «la Vie en abondance»
Fribourg, 17novembre (APIC/maurice page) Plus de 2’000 personnes ont participé samedi et dimanche à l’Université de Fribourg à la 7e édition du
grand rassemblement romand «Prier – Témoigner». Pour dire, autour de grands
témoins, leur joie de croire et de recevoir «la Vie en abondance». Tous les
âges et tous les styles étaient réunis pour ressentir la force d’être ensemble et écouter la «parole de feu» de l’Evangile de Jésus Christ.
«Nous ne sommes pas là pour dire ’bof’», relève d’emblée devant un public concquis le dominicain fribourgeois Jean-Michel Poffet, aumônier de la
rencontre. La joie, l’émotion, la louange sont au rendez-vous, à travers
les témoignages, le chant – animé de main de maître par le dominicain JeanDaniel Balet -, la prière, la rencontre. L’ambiance dans les travées de
l’aula bondée est à la fois sérieuse, détendue et spontanée, tous communient dans le même enthousiasme. Les Fribourgeois ne sont pas les plus nombreux. Plusieurs groupes de confirmands sont venus du canton de Vaud, de
Neuchâtel, du Jura, du Valais, de Genève et même de Zurich. Voiles et costumes religieux sont fondus dans la masse. Le troisième âge alerte côtoie
les 0-3 ans.
La parabole du semeur, qui sert de fil rouge à ces deux journées, n’est
pas une simple fable pastorale gentillette, c’est un boomerang qui nous revient en pleine figure, relève le Père Poffet. Elle illustre parfaitement
la rude aventure de la vie et de la foi avec ses rythmes et ses résistances, explique-t-il. Le taux d’échecs parait souvent élevé. Pour attendre
des changements formidables, il faut être prêt soi-même à changer. Lorsque
la semence de la parole divine est accueillie, tout peut changer.
L’ex-truand conquis par Dieu
André Levet en a apporté la preuve frappante. Cet ex-truand français a
parfaitement la gueule de l’emploi, visage buriné, cheveux en bataille,
voix cassé, petits yeux noirs. Il n’avait rien d’un ange, pas même d’un enfant de choeur. Orphelin à 9 ans, fugueur et voleur à 13, bagnard à 15,
soldat et blessé de guerre à 18, truand à 20. Athée convaincu, il n’avait
jamais entendu parler de Jésus, ni même de Dieu. Assis au centre de la scène, les yeux mis-clos, étreignant dans sa main la croix qu’il porte au cou,
il raconte. La salle écoute.
Un jour il voit un prêtre en soutane dans la rue et l’apostrophe: «Qui
es-tu?». «Je suis un serviteur de Dieu, je n’ai qu’un caïd, c’est Dieu.»
C’est le début d’une longue relation qui va conduire André à une rencontre
directe avec le Christ dix ans plus tard. Dix ans de galère de prison en
prison, de révolte en révolte entre plusieurs évasions. Le prêtre, la seule
personne avec qui il correspond, lui envoie un jour les Evangiles. André ne
veut rien en savoir. Ce livre, il ne l’ouvrira que 9 fois en dix ans. Cela
suffira.
En 1969, André n’en peut plus, il lance un ultimatum à Dieu: «Si tu
existes, viens me voir à 2h du matin dans ma prison!». Cette nuit du 11 au
12 juin, Jésus est là. André vit une conversion totale et définitive. «J’ai
refais toute ma vie à l’envers et j’ai compris que pendant 37 ans, j’avais
enfoncé les clous de Jésus sur la croix». Le truand dangereux a vécu son
chemin de Damas, désormais il se sent libre, même s’il lui reste six ans à
tirer. «Tout le monde m’a pris pour un fada.» Mais cette folie douce, il la
revendique et la veut contagieuse à l’intérieur de la prison et au dehors.
Sa récompense: entendre un détenu accueilli à sa sortie de prison tomber à
genoux et dire: «Je ne savais pas que quelqu’un pouvait m’aimer».
Dieu n’est pas un vieux célibataire rabougri
Aimer, le mot est lâché. André Sonet, prêtre du diocèse de Troyes et
animateur du Centre de liaison des équipes de recherches sur l’amour et la
famille (CLER), le déclinera dimanche sur tous les tons avec humour, fantaisie et un brin de provocation. Non, Dieu n’est pas un célibataire rabougri, un vieillard perdu sur un trône. Il est amour et vie, relation. Parole
créatrice, éducatrice, vivante. Le «logiciel» de toute personne est programmé pour l’amour insiste-t-il, y compris l’amour physique, corporel.
«Quand on me dit que Dieu ne parle plus le langage d’ajourd’hui, qu’il
n’est pas très médiatique, cela me fout en boule. Prenez donc l’Evangile,
ce sont des paroles de feu.» Le prêtre s’enflamme pour parler de l’amour du
prophète Osée pour une prostituée, du poème d’amour du Cantique des Cantiques. «Ne soyez pas conjoints-ventouses, des époux frigidaires, des bitumés
de l’amour…»
L’amour fou de Dieu s’exprime dans la venue de Jésus. «La Parole de Dieu
à Noël, c’est le ’areuh… areuh’ d’un bébé dans une crèche ’minable’»,
rappelle le Père Sonet. La folie de Dieu, c’est celle de la croix. Quand on
aime, on donne tout, jusqu’à la dernière goutte de sang. La folie de Dieu
c’est l’Eucharistie «Dieu dans notre main». Ce «corps à corps» avec le
Christ que les participants ont vécu dimanche lors de la messe présidée par
Mgr Amédée Grab, évêque du diocèse. (apic/mp)
Encadré
«Prier Témoigner» une mini foire du religieux
«Prier Témoigner» c’est aussi une mini-foire du religieux. Chacun est là
avec un stand garni d’une documentation plus ou moins abondante. Communautés anciennes et nouvelles, congrégations missionnaires, groupes d’apostolat, services diocésains, librairies religieuses, presse catholique, rivalisent pour attirer le chaland et présenter leurs «produits». Dépliants,
prospectus, journaux, catalogues, passent de mains à mains.
De fait, le contact est apprécié de part et d’autre, d’autant qu’on retrouve beaucoup «d’anciens» qui ont déjà vécu plusieurs des éditions précédentes de «Prier Témoigner».
Encadré
Nuit d’adoration à Ste-Thérèse
La nuit d’adoration est sans doute un des aspects essentiels de la
rencontre «Prier Témoigner». Vers 22h30, une longue procession aux
flambeaux quitte l’Université pour l’église Ste-Thèrese. Toute la nuit,
jeunes et moins jeunes vont se relayer à la lueur vacillante des lumignons
devant le Saint-Sacrement exposé. Dans les coins, plusieurs prêtres donnent
le sacrement de réconciliation.
Le lendemain, la question rituelle n’est pas: «Avez-vous bien dormi?»
mais «Avez-vous beaucoup dormi?» La salle crie «nooon!» (apic/mp)



