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Fribourg: La question des «sorties d’Eglise» est réglée (061096)

Pas de différence entre «sortie de l’Eglise

catholique» et «sortie de la corporation ecclésiastique»

Fribourg, 6octobre (APIC) Les délégués à l’Assemblée ecclésiastique catholique du canton de Fribourg ont franchi samedi l’obstacle des «sorties

d’Eglise». La solution adoptée renonce finalement à faire une distinction

formelle entre «sortie de l’Eglise catholique» et «sortie de la corporation

ecclésiastique». L’art 6 du futur statut énonce un constat: «L’appartenance

aux corporations ecclésiastiques prend fin avec la sortie de l’Eglise catholique-romaine».

La crainte de voir se créer une «Eglise à deux vitesses», composée de

paroissiens payants et de catholiques «non incorporés» et donc non-payants,

l’a finalement emporté devant les considérations plus pastorales d’une

Eglise aux frontières ouvertes ne poussant personne vers la sortie.

Pour l’abbé Arsène Jorand (Orsonnens), il y deux façons d’appartenir à

l’Eglise: l’une visible à travers l’appartenance à la paroisse, l’autre invisible à travers notre baptême. On ne peut cependant pas séparer artificiellement les deux choses qui restent profondément liées. L’Assemblée discute de l’appartenance visible à laquelle chacun peut mettre fin, mais personne ne peut faire cette démarche sans toucher à son appartenance invisible. On ne peut donc prévoir qu’un seul type de sortie.

Chacun chemine en Eglise et peut connaître des dérapages, répond l’abbé

Guy Oberson (Fribourg). Le manque de solidarité, notamment financière par

le paiement de l’impôt ecclésiastique en est un. Mais cela ne devrait pas

jeter quelqu’un hors de l’Eglise. François Vallat (Belfaux), en référence à

des cas concrets, comme le désaccord avec la ligne pastorale du curé, ou

avec la politique d’investissements du Conseil de paroisse, voire avec les

prises de positions du pape, estime que c’est prendre un gros risque que de

pousser quelqu’un à sortir de l’Eglise alors qu’au départ il n’avait l’intention que de sortir de la corporation ecclésiastique. Si on risque de

perdre de l’argent, on risque, et c’est plus grave, de perdre des fidèles,

renchérit Pierre Portenier (Fribourg).

Le devoir de solidarité ne peut pas être laissé au libre arbitre

Mgr Amédée Grab, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, tout

en soulignant qu’il n’avait pas à trancher dans le débat, a tenu à préciser

quelques principes. L’appartenance à l’Eglise est double par le baptême et

par la paroisse. Les deux choses sont distinctes mais ne peuvent totalement

être dissociées.

Le devoir de solidarité financière, qui revêt dans le canton de Fribourg

la forme de l’impôt ecclésiastique, ne peut pas être laissé au libre arbitre. On ne peut donc pas faciliter les sorties en déclarant qu’il n’y a aucune conséquence ecclésiale. A l’inverse, on ne peut pas considérer les

sortants comme excommuniés a priori. Il s’agit de faire comprendre le lien

entre corporation ecclésiastique, Eglise locale et Eglise universelle. Il

importe pour cela d’avoir une politique financière transparente et réellement ordonnée au partage, insiste l’évêque.

L’Assemblée a finalement adopté sans opposition la proposition de Beat

Renz (Courtepin) stipulant que «l’appartenance aux corporations ecclésiastiques prend fin avec la sortie de l’Eglise catholique romaine».

Concrètement, la sortie pourra se faire sur déclaration écrite auprès de

l’autorité ecclésiale ou du Conseil de paroisse. Lequel offrira à la

personne la possibilité d’un dialogue avec le curé ou avec un membre du

Conseil. L’autorité diocésaine reste libre de juger de la portée canonique

exacte de la déclaration de sortie. La réintégration pourra se faire en

tout temps, moyennant une révocation de la déclaration de sortie.

Pas de sorties pour des raisons économiques

Afin d’éviter le plus possible les sorties d’Eglise pour des raisons

économiques, les délégués ont adopté une nouvelle disposition prévoyant que

«le contribuable qui se trouve dans une situation telle que le paiement de

l’impôt aurait pour lui des conséquences trop dures peut en demander la remise».

L’assemblée a par contre clairement rejeté la proposition de Clément

Overney (Villars-sur-Glâne) demandant que le contribuable puisse exiger que

son impôt soit affecté à telle ou telle destination plutôt qu’à une autre.

Jacques Berset (Cormérod) qui demandait la création d’une instance de conciliation en cas de conflits graves entre le Conseil de paroisse et une

partie de paroissiens, n’a pas eu beaucoup plus de succès. Les délégués ont

préféré laisser entières les prérogatives de l’Assemblée de paroisse.(apicmp)

6 octobre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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