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apic/Fribourg/ Université Dies

Fribourg: Dies Academicus de l’Université (151196)

Défense d’une Suisse pluriculturelle

Fribourg, 15novembre (APIC) L’Université de Fribourg a célébré le 15 novembre, en la fête de saint Albert le Grand, son traditionnel ’Dies Academicus’. Fribourg possède actuellement la plus ancienne et pratiquement la

seule université bilingue d’Europe. A ce titre elle a un rôle particulier à

jouer à la fois pour la défense de l’unité de la Suisse et pour son ouverture à l’Europe, a rappelé l’historien Urs Altermatt.

De la notion de diversité on passe parfois trop facilement à celle de

clivage, a souligné le président d’honneur du ’Dies’, Pascal Couchepin. Le

chancelier de la Confédération a plaidé devant les nombreux invités et le

public pour la recherche d’une nouvelle cohésion fondée sur le sens de la

communauté. Les citoyens ne sont pas des individus dans une collectivité,

mais des êtres humains dans une communauté, a-t-il insisté. Renforcer le

repli sur soi et exarcerber les égoïsmes peut conduire au démantelement de

la Suisse. En fait, pour Pascal Couchepin, il s’agit de réapprendre l’humanisme.

L’historien Urs Altermatt a présenté une étude approfondie sur l’évolution de la situation linguistique en Europe et en particulier en Suisse.

Notre pays doit faire face aujourd’hui au danger des clivages ethniques basés sur la langue. Le professeur insiste sur l’importance d’une politique

linguistique réfléchie. «Il est nécessaire que la politique et l’économie

soignent le respect et la tolérance envers l’autre (…) Ce qui nous manque

ce sont de nouvelles règles qui soient proportionnées et englobent non seulement la culture et la politique, mais aussi l’économie.»

L’Université de Fribourg avec ses 100 nationalités, (46% d’alémaniques,

31% de romands, 12% d’italophones et 11% d’autres langues) ne joue pas encore assez son rôle de creuset multiculturel. L’évaluation générale de

l’Université, effectuée d’avril 95 à juin 96, a montré de nombreux points

forts et de belles potentialités, mais aussi des carences et des progrès à

réaliser sur le plan du bilinguisme, de l’inter-disciplinarité et de l’encadrement, a relevé le directeur de l’Instruction publique, le conseiller

d’Etat Augustin Macheret.

Lors la messe du matin, Mgr Amédée Grab, évêque du diocèse, a commenté

la parole de l’Evangile qui dit qu’il faut tirer son trésor du neuf et du

vieux. «La Bonne Nouvelle est du neuf inusable» a souligné l’évêque. Albert

le Grand et son disciple Thomas d’Aquin ont su, au XIIIe siècle, renouveler

la pensée théologique. «Aujourd’hui on dit qu’il faut moderniser l’Eglise,

il faudrait plutôt dire qu’il faut continuellement la renouveler dans le

Christ qui fait toute chose nouvelle.»

Trois doctorats honoris causa

Trois doctorats honoris causa ont été attribués lors de ce ’Dies’. Le

premier récompense Jerzy Giedroyc pour sa défense de la langue et de la

culture polonaise, en particulier par la revue «Kultura» qu’il a fondée il

y a près de cinquante ans.

Brigitte Degler-Spengler est honorée pour son activité à la tête de la

collection «Helvetia Sacra». Cette collection historique, lancée par un

moine bénédictin d’Einsiedeln, compte aujourd’hui 22 tomes. Elle recense

tout ce qui touche aux quelque 640 couvents et institutions ecclésiastiques

en Suisse. Un grand nombre de jeunes historiens ont fait leurs classes en

collaborant à la rédaction de ces ouvrages.

Le dernier doctorat honoris causa va à Hans-Ulrich Von Allmen, de

Thoune, qui depuis trente ans a constitué des archives exceptionnelles consacrées au cabaret, à la chanson et au pantomime suisses.

Mme Piera Fleiner a été nommée membre d’honneur de l’Université pour son

engagement et son dévouement en faveur de la crèche universitaire aujourd’hui fréquentée par une centaine d’enfants. (apic/mp)

15 novembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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