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France: «L’affaire Gaillot ne doit pas être enterrée» (240795)

La revue catholique «La Vie» relance le débat

Paris, 24juillet(APIC) «L’affaire Gaillot ne doit pas être enterrée». «Le

cri de janvier doit être entendu». Ces deux titres-chocs se trouvent dans

l’hebdomadaire chrétien «La Vie» dans sa dernière livraison. La revue donne

la parole à Gabriel Marc, un responsable catholique bien connu en France.

Le directeur de la rédaction, Jean-Claude Petit, revient, lui aussi, sur

l’affaire Gaillot dans son éditorial «pour que dans l’Eglise aussi, on passe des promesses à l’action».

Successivement président de l’Action catholique des milieux indépendants

(ACI) puis, de 1981 à 1987, du Comité catholique contre la faim et pour le

développement (CCFD), Gabriel Marc, dit pourquoi il s’est intéressé à l’affaire Gaillot: «J’ai fait moi-même, quand j’étais président du CCFD l’objet

de critiques qui me rappelle tout à fait le procès dressé contre Mgr Gaillot. (…) Durant les années Reagan, le CCFD était harcelé par les médias

conservateurs qui nous reprochaient de financer des initiatives prises en

charge directement par les plus démunis. On nous accusait de subversion. On

parlait de marxisme et d’infidélité à l’Eglise. Je pense en particulier à

notre action en Amérique latine. Le même phénomène joue aussi chez nous et

l’affaire Gaillot l’a clairement démontré: l’évêque d’Evreux ne porte pas

sur les exclus un regard de pure compassion. Il reprend en somme les paroles du Christ: «Lève-toi et marche». Or quand il lance ce message, on l’accuse de sortir de son rôle d’évêque. Comme s’il franchissait un pas au-delà

duquel il n’est pas convenable d’aller».

Gabriel Marc estime que l’idée d’unité parmi les chrétiens, telle que la

hiérarchie semble, dans sa majorité, la concevoir, n’est ni acceptable, ni

acceptée. Elle n’est finalement qu’un refus autoritaire du débat qui sape

le pluralisme et sa libre expression. Elle est une donnée a priori, un discours préemballé que les catholiques sont censés accepter tel quel, en silence…

«L’affaire Gaillot a mis en lumière une exaspération, un malaise qui

viennent de loin et ne disparaîtront pas par enchantement. A terme, l’ouverture d’un dialogue de grande envergure avec les évêques est inéluctable», dit encore l’ancien président du CCFD.

A quand la rencontre entre le pape et l’ancien évêque d’Evreux?

Jean-Claude Petit, directeur de la rédaction de «La Vie», va dans le même sens que Gabriel Marc. Dans son éditorial, il écrit: «Six mois après

l’éclatement de l’affaire Gaillot, on attend toujours la rencontre annoncée

entre Jean-Paul II et l’ancien évêque d’Evreux. On peut comprendre les

suspicions réciproques, mais l’heure n’est-elle pas venue de les dépasser

et d’ouvrir le dialogue? Il ne servirait à rien de vouloir enterrer une affaire qui est révélatrice, on le sait bien, d’un malaise plus profond. Le

cri de janvier, doit être entendu, explique dans ce numéro Gabriel Marc. Il

sera en tous cas, repris en force et gravité par les centaines de chrétiens

qui se rendront à Paris, les 23 et 24 septembre prochain, au Forum des

communautés chrétiennes». (apic/lv/ba)

24 juillet 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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