Le texte contient 36 lignes (max. 75 signes), 371 mots et 2606 signes.

apic/Genève/ mines anti-personnel

Genève: Clôture de la Conférence sur les mines anti-personnel (030596)

De qui se moque-t-on? tonnent les oeuvres d’entraide

Genève, 3mai(APIC) «De qui se moque-t-on?» tonne la Campagne suisse contre les mines anti-personnel à l’issue de la Conférence de l’ONU à Genève

sur la limitation des armes classiques. Le résultat obtenu apparaît comme

un nouvel échec après celui de Vienne. Les Etats, les instances internationales et les diplomates donnent à nouveau une «image déplorable», souligne

un communiqué publié vendredi.

De qui se moquent les négociateurs de Genève? questionne la Campagne

suisse contre les mines anti-personnel. De l’opinion publique qui réclame

l’interdiction de ces armes barbares? Des oeuvres d’entraide qui constatent

les dégâts humains, sociaux, écologiques et économiques? Des troupes de déminage qui risquent leur vie pour nettoyer des régions entières? Ou pire

encore des victimes elles-mêmes et de leur famille?

La solution adoptée à savoir l’interdiction de certaines catégories de

mines dans dix ans ne résoud qu’une petite partie du problème. La

légitimation de mines «intelligentes», détectables et auto-destructibles

après un certain délai, loin d’être la panacée attendue, aggrave en fait le

problème. Car on encourage implicitement l’emploi de nouveaux modèles dont

les effets seront pratiquement identiques. Les quelques limitations

adoptées quant à l’usage des mines, ne seront d’aucune utilité si aucune

interdiction n’est imposée au niveau de la fabrication et du commerce de

ces armes.

Le nombre effrayant de victimes de mines terrestres de ces dernières années se maintiendra, à moins que les gouvernements n’aillent bien au-delà

des exigences de l’accord adopté à Genève, souligne de son côté le Comité

International de la Croix-Rouge (CICR). Au rythme actuel, on peut compter

quelques 200’000 victimes jusqu’à la première interdiction en 2006.

A ce jour, 35 pays ont pris position en faveur d’une interdiction mondiale immédiate des mines antipersonnel, 16 ont renoncé à leur emploi dans

leurs forces armées, 4 ont suspendu leur emploi et 5 ont entrepris de détruire leurs stocks.

Il reste beaucoup à faire. Le CICR estime néanmoins que cette Conférence

a permis d’attirer l’attention des gouvernements sur les responsabilités

liées à l’emploi des mines et de mettre en regard l’utilité militaire de

telles armes et les considérations humanitaires. Un nombre croissant

d’Etats ont pris position pour une interdiction totale et ont annoncé

qu’ils s’engageaient à détruire leurs stocks. (apic/com/mp)

3 mai 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!