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apic/Golias/Assigné en justice
Lyon: «Golias» assigné en référé pour avoir accusé un prêtre rwandais
«Reporters sans Frontières-France» dénonce l’attitude de «Golias» (110895)
Lyon, 11août(APIC/CIP) Pour avoir cité dans son dernier numéro le nom de
l’abbé André Sibomana parmi les religieux rwandais qui ont participé au génocide, la revue «Golias» vient d’être assignée en référé devant le tribunal de grande instance de Lyon.
«Golias» a publié dans son numéro de juillet-août les noms de «quelquesuns des membres de la communauté religieuse qui ont rejoint les assassins».
Vingt-cinq au total, parmi lesquels l’abbé André Sibomana, l’un des cinq
administrateurs apostoliques nommés par le pape le 5 décembre dernier dans
cinq diocèses du Rwanda privés de leur pasteur. L’abbé Sibomana est administrateur apostolique de Kabgayi.
Connu surtout comme le directeur du bimensuel «Kinyamateka», le plus
vieux journal rwandais de l’Eglise catholique, l’abbé Sibomana avait reçu
peu après le Prix «Reporters sans frontières-Fondation de France» 1994, décerné par un jury de 36 journalistes français et étrangers pour récompenser
«un confrère qui, par son action professionnelle, ses prises de position ou
son attitude, a su témoigner de son attachement à la liberté de la presse».
Le jury avait voulu saluer, à travers l’abbé Sibomana, les 48 journalistes
assassinés cette année au Rwanda.
Suite aux accusations de «Golias», «Reporters sans frontières» a, avec
l’abbé Sibomana, assigné la revue en référé devant le tribunal de grande
instance de Lyon, exigeant la publication d’un démenti. «La mise en cause
infamante dont il est l’objet est non seulement scandaleuse, mais elle risque en outre de mettre en danger un homme dont la vie est déjà gravement
menacée en raison même de son engagement en faveur des droits de l’homme»,
proteste «Reporters sans Frontières», dénonçant «l’attitude irresponsable
de «Golias», l’inconscience pouvant même se révéler criminelle dans le contexte rwandais».
La Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme et l’organisation américaine «Human Rights Watch-Africa» exigent elles aussi un démenti, car «les charges non fondées contre l’abbé Sibomana pourraient être
de simples erreurs ou un effort délibéré de mettre sa vie en danger ou de
mettre en péril son travail actuel dans le domaine des droits de l’homme».
Les deux organisations «craignent que d’autres personnes citées sur la liste de «Golias» puissent l’avoir été erronément».
De son côté, la maison généralice des Pères Blancs à Rome vient de démentir formellement que le Père Wenceslas Munyeshyaka, un prêtre rwandais
réfugié en France depuis dix mois et interpellé par la police le 28 juillet, appartienne à la congrégation. Le généralat ajoute qu’il n’est pas en
mesure de se prononcer quant au bien fondé des accusations qui pèsent sur
ce religieux, dont le nom figure sur une liste – établie par le gouvernement de Kigali – des «principaux commanditaires, organisateurs et auteurs
présumés du génocide et des assassinats politiques commis au Rwanda». Le
généralat des Pères Blancs assure que «ni les Pères Blancs ni l’Eglise de
France ne veulent soustraire qui que ce soit à la justice, seule instance
habilitée à se prononcer sur la culpabilité ou l’innocence des personnes
impliquées». (apic/cip/pr)




