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apic/Golias/ Sénat/ réaction évêques français

Paris: La Conférence épiscopale écrit au président du Sénat (090795)

Protestation contre le choix des locaux du Sénat

pour une conférence de presse de «Golias»

«L’Eglise de France gravement mise en cause»

Paris, 9juillet(APIC) La conférence de presse organisée vendredi 7 juillet à Paris, dans les locaux du Sénat de la République par la revue catholique critique «Golias» sur le cas du Père Wenceslas Munyeshyata, prêtre

catholique rwandais actuellement en France, ne plait manifestement pas à la

Conférence des évêques français. Le Père Jean-Michel di Falco, porte-parole

de la Conférence épiscopale, vient de rendre publique une lettre, datée du

6 juillet, adressée au président du Sénat: «Je proteste solennellement

qu’une telle conférence qui met en cause gravement l’Eglise de France,

d’une manière totalement inexacte, se tienne dans un lieu de la République».

Non seulement le lieu de la conférence de presse est sévèrement critiquée, mais aussi l’accusation manifeste que l’Eglise de France, comme autrefois le milicien Touvier, aurait pris le Père Munyeshyata sous sa protection, pour le soustraire à la justice. «L’invitation adressée par télécopie à l’ensemble des journalistes de la presse française et internationale, dit encore la lettre signée par le Père Jean-Michel di Falco, révèle

que l’un des thèmes principaux est «Le Touvier rwandais sous haute protection de l’Eglise de France» (présentation de l’enquête, de documents et

d’une bande vidéo).

La Conférence des évêques de France avait déjà publié un communiqué le

mercredi 21 juin au sujet des affirmations de «Golias» sur le même sujet.

Il n’y pas de nouvelle «affaire Touvier» dans l’Eglise catholique de France, affirmait déjà son porte-parole, le Père Jean-Michel di Falco. Certes

l’Eglise de France a accueilli le Père Wenceslas Munyeshyata, un prêtre

catholique rwandais qui exerce actuellement un ministère paroissial dans le

diocèse de Viviers (Ardèche). Il est accusé, par certains témoins que cite

«Golias», d’avoir participé à des massacres de civils tutsis au Rwanda, ou

du moins de n’avoir rien fait pour les éviter. «Rien ne peut justifier,

disait le porte-parole des évêques français, les accusations de complaisance ou de complicité que certains voudraient insinuer contre l’Eglise de

France».

Le journal «Golias», édité à Villeurbanne près de Lyon, qui se définit

lui-même comme «journal catho tendre et grinçant», a pour directeur Christian Terras. Il n’hésite pas à aborder tous les sujets polémiques que vit

l’Eglise catholique. Il publie aussi tous les deux mois «Golias Magazine».

De ligne carrément progressiste,»Golias» n’hésite pas à critiquer, parfois

vertement, les évêques conservateurs de France et d’autres pays ainsi que

la ligne pastorale et théologique de Jean Paul II, considérée, à ses yeux,

comme profondément rétrograde et allant à l’encontre des espérances suscitées par certains textes conciliaires de Vatican II. (apic/com/ba)

9 juillet 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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