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apic/Graz/ Jeunes journalistes

Graz: 3ème Convention du Réseau

international de jeunes journalistes catholiques (120995)

«Facettes et enjeux de la responsabilité journalistique»

Graz, 12 septembre (APIC/Fridrich Strba) «Le journaliste détient un grand

pouvoir qui implique des responsabilités». Telle a été la principale conclusion de la 3ème Convention du Réseau international de jeunes journalistes catholiques qui s’est déroulée les 11 et 12 septembre à Graz, en Autriche. Environ 300 journalistes et enseignants en communication des quatre

coins du monde se sont réunis dans la capitale de la Styrie pour discuter

des «Facettes et enjeux de la responsabilité journalistique». A l’issue de

leur Convention, ils participeront, aux côtés de leurs aînés, au 17ème Congrès mondial de l’Union catholique internationale de la presse (UCIP) .

«Les médias mondiaux rapportent plus volontiers la violence commise contre les Européens ou les Américains et tendent à oublier les conflits dans

lesquels les Occidentaux ne sont pas directement impliqués», a regretté Mgr

John Patrick Foley, président du Conseil pontifical des communications sociales, dans son message d’ouverture. L’archevêque les a appelés à dénoncer

non seulement la violence, mais aussi ses causes profondes et les intérêts

qui se cachent derrière elle.

Les régions en guerre

Dans sa contribution intitulée «Les journalistes face aux conflits armés», Edith Garcia, journaliste équatorienne travaillant aux Etats-Unis, a

dénoncé la manipulation de l’information lors de la guerre qui opposait au

début de cette année l’Equateur au Pérou. «Les deux pays disposaient d’un

important appareil de presse pour faire passer leur version des faits», at-elle expliqué.

Une journaliste de retour du Burundi, a relevé que, en dépit de la guerre, une solidarité existe entre certains Hutus et Tutsis dans son pays

alors que d’autres s’entretuent en raison de leur différence ethnique. Elle

a revelé que la quête des informations crédibles est devenue dificile. Certains quartiers de la capitale burundaise, Bujumbura, sont pratiquement devenus des «ghettos ethniques», ce qui signifie que seuls des journalistes

tutsis peuvent mener une recherche dans les quartiers tutsis et vice versa.

Informer et non pas satisfaire la curiosité

Le journaliste canadien francophone, Maurice Gagnon, s’est penché sur la

responsabilité sociale de la presse. «Notre jugement éclairé par la réflexion demeure notre meilleure balise.» La responsabilité sociale du journaliste est de mieux informer les citoyens et non pas de satisfaire la curiosité publique mal placée, a-t-il conclu.

Geneviève Cornet, journaliste travaillant pour les missionnaires de

Bethléem à Fribourg, en Suisse, a souligné que «les valeurs qui fondent

l’éthique journalistique sont la liberté, la verité, la justice et la solidarité». Elle a rappelé que la parole n’est pas seulement constructive,

mais aussi destructrice. C’est pourquoi «le journaliste devrait contrôler

son langage et tenir compte des diférences culturelles», a relevé la journaliste d’origine belge. «A nous d’assumer ce devoir éthique qui est le

chemin d’une démocratie authentique respectant la dignité de chacun», a-telle conclu.

Réseau international de jeunes journalistes

Fondé en 1988 suite au 14ème Congrès de l’UCIP à New Delhi, le Réseau

international de jeunes journalistes compte actuellement 2500 membres âgés de moins de 36 ans – dans près de 110 pays du monde entier. Ayant pour

le but de faciliter les contacts entre les jeunes journalistes catholiques,

il a enregistré dans ces derniers années une forte croissance en Afrique

ainsi qu’en Europe centrale et de l’Est après la chute du mur de Berlin. De

nouveaux réseaux nationaux ont été également créés en Amérique latine.

(apic/fs/mp)

12 septembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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