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apic/Group Amos/D’autres 16 février
Zaïre: Le Groupe Amos promet d’autres 16 février (280297)
Même si la marche de cette année a été étouffée dans l’oeuf
Kinshasa, 28février(APIC) «Ce n’est plus la population qui a peur. C’est
maintenant le gouvernement»: Cette leçon que tire l’abbé Mpundu au lendemain de l’annulation de la marche de l’espoir programmée pour le 16 février
dernier traduit bien l’état d’esprit du Groupe Amos. Pas question de jouer
au martyr à un moment où le Zaïre traverse des heures difficiles, mais pas
question non plus de renoncer: «On reviendra», annoncent les organisateurs
de la marche dans un communiqué.
«La peur a changé de camp»: revêtu de la soutane qu’il portait lors de
la tragique marche du 16 février 1992 (une vingtaine de morts), l’abbé
Mpundu s’est adressé aux milliers de personnes qui avaient fait le déplacement de Ndjili malgré l’interdiction des manifestations publiques pour toute la durée de la guerre. La foule a évité d’affronter les militaires qui
avaient déjà ceinturé les lieux.
Le Groupe Amos, une organisation catholique de défense des droits de
l’homme qui regroupe des prêtres, des religieux et des laïcs de diverses
confessions, voire des non chrétiens, avait convoqué à un rassemblement du
cinquième anniversaire. Le programme prévoyait une adresse de son président, Thierry Nlandu, un récital de poèmes et des cantiques, dont une
«Prière du 16 février» où le groupe Amos dit sa détermination à lutter contre la «peur» et le «mensonge» et à revendiquer «la justice, la vérité et
le respect de la dignité humaine».
Le but est atteint
«Nous ne sommes pas venus affronter l’armée, a dit Thierry Nlandu. Nous
sommes venus à une assemblée de prière. Il n’y aura pas de marche et nous
éviterons toute provocation des militaires. L’important pour nous est que
les gens ont compris qu’ils ne doivent pas vivre dans la peur. Ils sont venus. Nous faisons discrètement notre prière».
Au lendemain de ce rassemblement, le Groupe Amos annonce qu’il ne renonce pas: «La marche de l’espoir continue». Pour ses animateurs, le but a de
toute façon été atteint: «En voulant empêcher à tout prix, même par la force, cette commémoration, les autorités elles-mêmes ont souligné toute l’importance de ce 16 février… Elles ont peur d’un peuple solidaire. (apiccip/pr)



