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apic/Guatémala/ menaces de mort contre évêque et religieuses/ conflit terre
Guatemala: Un évêque et des religieuses menacés de mort (210596)
par «un comité qui défend la propriété privée»
San Marcos (Guatémala), 21mai(APIC) Mgr Alvaro Ramazzini, évêque de San
Marcos (Guatemala), et deux religieuses du diocèse ont reçu des menaces de
mort de la part d’un «Comité d’urgence pour défendre la propriété privée»,
Motif de ces menaces: Le diocèse a pris le parti des paysans sans terre
dans le conflit sanglant qui oppose ces paysans aux grands propriétaires
terriens. le Comité d’urgence a annoncé, dans un communiqué, qu’il mettra
ses menaces à exécutions si l’évêque et ses deux collaboratrices continuent
soutenir la cause des pauvres.
Ce groupe, jusqu’ici inconnu, accuse Mgr Ramazzini et deux soeurs franciscaines de l’Assomption, Carmelina Reyes et Carmen Barrera, d’endoctriner
les paysans par une «idéologique pro-socialiste». Au cas où ils ne tiendraient pas compte de l’avertissement reçu, «ils seront la cible directe
des commandos du Comité d’urgence», précise encore le communiqué.
Une invention du diable
Ces dernières semaines, les agents pastoraux du diocèse de San Marcos,
situé au sud-ouest du pays, près de la frontière avec le Mexique, ont été
sous le feu de riches éleveurs irrités par une série de grèves et d’occupations de terres par des ouvriers agricoles. Entre-temps, l’évêque de San
Marcos a été l’objet de critiques cinglantes de la part de la presse de
droite. En mars, les propriétaires d’une plantation de café avaient déjà
déposé plainte contre l’évêque, lui imputant la «responsabilité morale» de
l’occupation de leur ferme et du rapt d’un juge et de sept autres personnes
par des travailleurs agricoles. La dernière menace de mort reçue par Mgr
Ramazzini est venue moins d’une semaine après une tentative de la police
d’expulser les travailleurs du domaine d’El Tablero, qui a coûté la vie à
un officier de police et à un paysan.
Selon Mgr Ramazzini, le diocèse a toujours fourni son aide aux paysans
en toute légalité. Le système des plantations est «une invention du diable,
où les gens sont tenus en esclavage», a-t-il protesté, disant son souhait
que les morts d’El Tablero «aideront les puissants à comprendre qu’ils ne
peuvent plus recourir à la violence contre les paysans, car les pauvres
connaissent aujourd’hui leurs droits et il y a plus d’espace démocratique
qu’autrefois. L’espoir de l’évêque de San Marcos est que l’Eglise pourra
apprendre aux paysans «de nouveaux chemins de résistance, autres que l’utilisation de pierres, de frondes et de machettes». Et il se dit prêt à patronner des ateliers sur la non-violence active.
L’appui du président, des évêques et du nonce
Les évêques du Guatemala ont assuré leur «total soutien» à Mgr Ramazzini
et aux agents pastoraux du diocèse de San Marcos qui, «par leur mission sacrée, travaillent à l’évangélisation intégrale des fidèles». L’évêque a reçu également un «soutien fabuleux» du nonce apostolique, Mgr Morandini,
après une rencontre privée entre l’évêque et ses accusateurs dont il avait
lui-même pris l’initiative.
«Je n’ai vu aucune preuve que Mgr Ramazzini ait commis quelque excès. Je
le respecte beaucoup», a déclaré de son côté le président du Guatemala, Alvaro Arzu. Catholique fervent, ce dernier a promis de mettre en place une
commission chargée d’étudier les problèmes de la terre au Guatemala, où 2 %
de propriétaires contrôlent 67 % de la terre arable. (apic/cip/ba)




