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apic/Hongrie / Jean Paul II

Hongrie: Jean-Paul II invite les Hongrois à «revêtir l’homme nouveau»

Pannonhalma, 8septembre(APIC/Jean-Marie Guénois) Au second et dernier

jour de sa visite en Hongrie, le pape a décliné, selon ses auditoires fidèles de la grand messe du matin, évêques lors du repas, religieux

prêtres et laïcs dans l’après midi -, un de ses thèmes favoris: l’Eglise a

donné à la Hongrie «une nouvelle forme de vie nationale». Au fil des

siècles, le christianisme a permis à ce pays de franchir des «étapes

décisives». Aujourd’hui, la reconstruction doit donc être fécondée par cet

héritage.

«Ne vous laissez pas décourager par les difficultés économiques et sociales, par le chômage et par l’appauvrissement de beaucoup, par la chute

des valeurs morales qui se vérifie dans la génération qui a grandi sans la

foi!», a souligné Jean Paul II lors de l’homélie de la messe à Györ devant

160’000 personnes. «Nombreuses sont les idéologies et les courants culturels qui font leur publicité, promettant le bonheur, le succès et la liberté (…), mais seul le Christ est la Voie, la Vérité et la Vie.»

La foule présente à la messe, composée de jeunes et de personnes plutôt

âgées, reflétait bien le profil de l’Eglise hongroise que Jean-Paul II a

voulu stimuler. «L’Evangile a fait de vous des hommes nouveaux et une Nation nouvelle: revêtez l’homme nouveau, comme vos ancêtres l’ont fait il y

a mille ans, qui se sont convertis sous l’impulsion de saint Etienne. Vous

connaissez l’histoire de votre patrie, vous savez les obstacles qu’elle a

dû franchir au cours de cette longue histoire. (…) Malgré tout, le noble

peuple hongrois est resté fidèle, car aux moments décisifs, comme lors des

grands tragédies, il a su renouveler son adhésion à la foi et à la pratique

de la vie chrétienne.»

Confirmation du programme du voyage en France

Si Jean Paul II était apparu très fatigué vendredi soir lors des vêpres

à Pannonhalma, la journée de samedi l’a vu en meilleure forme. Joaquin Joachim Navarro Valls, porte-parole du Vatican, a reconnu que Jean Paul II

avait «des hauts et des bas»: «Vous pouvez le voir très fatigué, et puis

tout à fait différent dix minutes après.» «Le problème est de concilier

maintenant un organisme qui s’affaiblit avec un programme de travail que

Jean-Paul II ne veut en rien alléger.»

Le porte-parole a confirmé «tout le programme du voyage français» et au

moins quatre voyages hors d’Italie en 1997 (Prague, la Pologne, Paris, Rio

de Janeiro), sans parler, a-t-il ajouté, de deux voyages qui tiennent à coeur au pape, Sarajevo et Beyrouth, dont la réalisation prochaine est «probable».

Les leçons d’un millénaire

Lors du déjeuner avec les évêques hongrois, Jean-Paul II les a appelé à

«l’urgence d’un nouvel élan apostolique», avec cette question: «Pourquoi ne

pas espérer la possibilité d’un nouveau printemps chrétien?» Le pape a insité sur l’importance de la formation à la doctrine théologique et morale

chez les jeunes et chez les adultes, en particulier dans une société aussi

sécularisée. Les chiffres hongrois sont en effet éloquents: un quart seulement des enfants de catholiques sont baptisés et seulement 20% des enfants

scolarisés demandent à suivre l’enseignement religieux dans les écoles.

Face au manque de prêtres, le pape a demandé aux évêques de s’engager

d’urgence dans la pastorale des vocations tout en recourant – «c’est indispensable», a-t-il insisté – à «des laïcs sérieusement formés et pleins de

zèle apostolique».

Jean-Paul II a placé les pasteurs hongrois devant leur responsabilité:

«C’est en tenant solidement ces principes doctrinaux et moraux que vous

pourrez contribuer à conserver et développer le patrimoine chrétien de la

nation hongroise. Les valeurs accumulées en plus de mille ans d’histoire

sont un patrimoine que les Hongrois devront être les premiers à gérer.

S’ils ne le font pas, qui le fera à leur place?»

Les chrétiens doivent défendre le bien commun

Le pape a conclu son voyage par une rencontre avec les représentants du

diocèse de Gyor, à 20 kilomètres de Pannonhalma. Il y a retracé «les grandes épreuves causées par la dictature nationale-socialiste et par l’empire

soviétique» et honoré «beaucoup parmi vous qui ont été les témoins directs

de ces graves événements, ayant dû les endurer en prison et dans de multiples formes de répression».

Rappelant chacun à sa mission, le pape a évoqué les «résultats positifs», mais aussi les désillusions enregistrés depuis 1989: lente reprise

de la pratique religieuse, difficultés dans la restitution des institutions

d’enseignement appartenant à l’Eglise, mais aussi problèmes sociaux: «chômage persistant, insécurité générale, diffusion du laxisme, excès du capitalisme sauvage, avec des phénomènes de montée de la barbarie morale».

«Ne permettez pas que la solidarité et le sens des responsabilités à

l’égard du prochain soient annulés par l’individualisme et par l’égoïsme!

Dans une société qui tend à faire oublier ces valeurs, les chrétiens sont

appelés à promouvoir la sensibilité au bien commun (…), à la souffrance

du pauvre et au devoir de construire une société juste et hospitalière.»

Et d’encourager les laïcs à «assumer leur responsabilité» et à «évangéliser» le monde de la politique, «dans les réalités sociales, dans l’économie, dans les moyens de communications sociales». (apic/jmg/mp)

8 septembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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