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apic/IES / 25 ans

Lausanne: 25 de l’Institut d’éthique sociale de la FEPS (211196)

Responsabilité morale des Eglises contre la désagrégation du lien social

Lausanne, 21novembre (APIC) Plus de 200 personnes ont participé mercredi

au colloque marquant les 25 ans de l’Institut d’éthique sociale (IES) de la

Fédération des Eglises protestantes de Suisse, à Lausanne. Ni la syndique

de Lausanne Yvette Jaggi, ni la conseillère fédérale Ruth Dreifuss (présente par vidéo interposée) n’ont voulu manquer ce rendez-vous. Le colloque

placé sous le titre «Ethique et lien social», loin de célébrer l’autosatisfaction d’un anniversaire passéiste, a abordé des thèmes cruellement d’actualité.

Au carrefour des changements sociaux et de l’évolution des comportements

moraux collectifs, l’IES a pu observer depuis un quart de siècle la fragilisation du lien social. Après les années de prospérité qui ont contribué à

consolider le processus d’individualisation et le désengagement des institutions (syndicats, partis, Eglises, etc.), l’esprit des années 90 porte à

croire que chacun peut se débrouiller seul.

Le professeur Hans Ruh, fondateur de l’IES, a rappelé avec humour les

difficultés qui accompagnèrent la fondation de l’institut. «Tout ce que

vous dites est logique, mais inutile», avait alors déclaré un président

d’Eglise. Et H. Ruh de plaider pour une solidarité qui pourrait même être

prescrite comme un devoir politique. Le professeur Ruh imagine une période

sociale obligatoire – à l’instar des périodes militaires obligatoires dont le principe consisterait pour l’Etat à financer le travail, et non le

chômage.

Les organisateurs avaient aussi invité Liliane Voye, docteur en sociologie et professeur à l’Université de Louvain, présidente de la Société internationale de sociologie religieuse. Mme Voye a démontré que l’évolution

des rapports entre société et christianisme depuis les années 60 n’a pas

été sans répercussions sur la morale. Celle-ci a passé d’une éthique intemporelle et universaliste, qui énonce des prescriptions simples et claires

(bon/mauvais) et exerce un contrôle autoritaire, à une éthique plurielle et

«procédurale», c’est-à-dire où la réponse morale se construit au cours de

la délibération.

La question est alors: «Comment éviter de passer d’une éthique doctrinale à une éthique relativiste?», souligne L. Voye, qui propose de recourir à

des «figures» qui démontrent l’éthique par l’exemple, tout en valorisant la

remise en question et le débat qui permettent d’inventer des réponses concertées.

Une éthique sociale concrète

Hans-Balz Peter, directeur de l’IES à Berne, a situé le mandat actuel de

l’institut. Il a d’abord rappelé que la tâche définie par les Eglises fondatrices en 1971 était double: premièrement élaborer d’un point de vue

éthique des études sur des problèmes de la société; deuxièmement fournir

aux responsables d’Eglises des bases qui leur permettent de prendre position publiquement. Dans sa méthode, l’IES a toujours eu à coeur de «mettre

le questionnement éthique en relation avec les conditions politiques concrètes».

Et H.-B. Peter de noter: «Comme êtres humains, nous ne sommes pas seulement responsables de la solution, mais formons aussi une partie des problèmes», concluant par un avertissement aux Eglises: «Pour faire reconnaitre

la validité d’un critère éthique, il faut chercher à convaincre à l’aide

d’arguments et non se poser en donneur de leçons clérical.» Les Eglises ont

ici un lourd héritage à porter. C’est pourtant bien dans le domaine moral

que l’amour du prochain, dont s’inspirent les normes et le droit, doit rester visible. (apic/spp/jms/mp)

21 novembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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