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apic/Imédia/Rome

?»Retour sur soi critique» en vue de «mieux discerner ce qúil faut

maintenir ou reformer» apres «la crise spirituelle dont les evenements

douloureux ont revele l’existence» le Synode des Eveques reuni en assemblee

speciale pour le Liban, a Rome du 26 novembre au 14 decembre prochain

(verifie date merci), appuie sa reflexion sur une large consultation

recueillie dans «l’Instrumentum Laboris» – document de travail de 106 pages

– publie au Vatican, le 21 novembre 1995.

?Le Secretaire General du Synode des Eveques a Rome, le Cardinal Jan P.

Schotte, satisfait «du pourcentage tres eleve de reponses (80,95 %)» issue

de la consultation prealable et base de «l’Instrumentum Laboris» previent

neanmoins : «ce document de preparation ne doit etre, en aucun cas,

considere comme les conclusions anticipees de l’Assemblee synodale.»

?Convoque par le Pape Jean-Paul II le 12 juin 1991, le Synode sur le Liban

entend ouvrir «une periode de reflexion profonde pour le renouvellement

spirituel des six communautes catholiques du Liban» qui sont les maronites,

les grec-catholiques, les armenien-catholiques, les syriaque-catholiques,

les chaldeens et les latins, dans le contexte «plutot dramatique» des «trop

nombreuses annees de guerre» et de la division des chretiens en «de

multiples factions».

?On ne cache pas, dans l’Instrumentum Laboris, que la convocation de ce

Synode, a suscite «chez certains libanais (…) quelques soupcons,

reticences et oppositions» mais que beaucoup l’ont accueilli

«favorablement» en y percevant «la possibilite d’un relevement du pays».

Pays, dont on souligne la specificite, «carrefour de peuples» avec une

«mosaique de confessions, douze communautes chretiennes, cinq communautes

musulmanes, une communaute israelite».

? Le Liban, precise le texte, est «un microcosme du Moyen-Orient». Il est

particulierement «important pour la presence chretienne en cette region du

monde.» Jean-Paul II avait dit de lui qúil est «plus qúun pays, c’est un

message de dialogue et de convivialite».

?Mais, ce message a ete considerablement altere par la guerre et «il

incombe donc aujourd’hui aux catholiques de vivre un veritable sursaut

spirituel qui se traduise par une sincere conversion a la personne de

Jesus-Christ (…) par une penitence authentique et une reconciliation

magnanime entre les groupes ethniques, classes sociales et communautes

religieuses.»

?Un paragraphe entier de l’introduction de l’Instrumentum Laboris, situe

«le defi» que le Synode entend relever : ” Il s’agit de promouvoir un

veritable renouveau spirituel, personnel et communautaire, favoriser a

nouveau le dialogue inter religieux a tous les niveaux de la societe

libanaise, collaborer a garantir a chacun travail et securite a l’abri d’un

Etat de droit au service du bien commun, permettre aux familles deplacees

de regagner leur foyer, assurer aux nouvelles generations une scolarite de

qualite, offrir au pays une culture fidele a ses racines moyen-orientales

et ouverte sur l’universel, participer a l’amelioration constante de

l’equilibre politique intercommunautaire qui permet a tous les groupes de

s’associer pleinement a la vie publique».

?Le texte se divise ensuite en trois parties : «Le Christ est notre

Esperance»; «Renouveles par son Esprit» ; «Nous temoignons de son amour».

Dans la premiere partie, on met en particulier en evidence les

«difficultes» qui «entravent» cette esperance. La premiere d’entre elles,

est la «foi» des chretiens «eux-memes» qui n’est «toujours le bon levain»

car «l’appartenance sociologique et communautaire l’emporte sur

l’appartenance ecclesiale». Certains continue le texte «accordent plus

d’importance a l’argent, au pouvoir, au plaisir ou a l’interet personnel,

qúils n’en donnent au detachement, au bien commun ou a la solidarite.»

?La seconde difficulte «de taille elle aussi», concerne la situation

socio-politique du pays : «Meme si les combats ont cesse sur la plus grande

partie du territoire libanais, on ne peut pas dire que la paix soit revenue

dans le pays puisque le sud continue a subir presque continuellement les

raids et les represailles de forces armees etrangeres.» De plus ajoute le

texte, «la conjoncture politique actuelle au Moyen-Orient (…) soumet le

pays, gouvernement et peuple, a des influences et a des pressions

politiques qui sont ressenties par beaucoup de citoyens comme des atteintes

directes a leur independance et a leurs libertes.»

?On constate par ailleurs que les «instituions etatiques» mises sur pied

depuis cinq ans, n’ont pas «encore reussi a acquerir la confiance d’une

grande partie de la population : les chretiens, en general, parlent de

frustration de leurs droits – la lenteur avec laquelle se resoud le

probleme des deplaces est , pour certains, honnetement inexplicable» sans

parler de ceux qui «rapportent avec conviction, des rumeurs de corruption,

de dilapidation de l’argent public etc.» Avec un effet direct sur les

jeunes «qui continuent a emigrer ou a rever de le faire».

?Dans ce cadre, les «catholiques» ont un role a jouer pour «reconstruire»

en evitant deux «ecueils» : «l’integrisme» qui «saperait le caractere

fondamentalement pluraliste» du pays et «la secularisation athee qui en

affecterait le caractere religieux.» Les catholiques, mais aussi tous les

chretiens precise ensuite le texte car, «en Orient, nous serons chretiens

ensemble ou ne nous serons pas».

?La seconde partie de l’Instrumentum Laboris, s’attache a decrire les

aspects strictement ecclesiaux du renouveau du Liban avec en particulier

des commentaires sur la question de la Liturgie, et sur la hierarchie :

«les patriarches et les eveques au Liban, comme tels, sont invites par

l’Assemblee Speciale a une renaissance dans l’Esprit qui donnerait encore

plus d’ame a leur service pastoral pour une plus grande sanctification de

leurs fideles»

?Aux pretres, il est demande, un «style de vie plus conforme a l’Evangile»

car les fideles «jugent que la recherche des honneurs et du bien etre l’en

eloigne. Ils se montrent plus sensibles que jamais a une vie sacerdotale

faite de detachement et d’attention aux plus petits et aux pauvres.»

Enfin, comme il existe des pretres maries au Liban, on demande a l’eveque

de leur «porter une attention toute speciale. Ceux-ci peuvent etre des

temoins plus credibles au niveau des familles parce qúils partagent avec

elles, concretement beaucoup de souci et de joies. Ils representent aussi,

parfois, une solution aux problemes pastoraux de certains milieux ou le

pretre celibataire rencontre des difficultes particulierement lourdes.» On

demande enfin que les pretres maries puissent beneficier de la meme

formation que les pretres non maries, formation a laquelle «leurs epouses»

pourrait etre associee.

?Enfin, un appel est lance aux «religieux et aux religieuses» pour que les

«institutions dont ils ont la charge soient percues par eux-memes et par

les beneficiaires non comme une propriete privee, mais comme un bien

d’Eglise mis au service de tous.» On insiste egalement beaucoup dans le

texte, sur la collaboration entre clercs des differentes communautes et

entre clercs et laics, autant que sur une «injustice grave» qui est

«l’exclusion de la femme de toute concertation par l’ensemble des instances

ecclesiales».

?La troisieme partie de ce texte, envisage les actions de «temoignage» des

communautes catholiques. Et, dans cette perspective, la dimension

oecumeniques vient en premier lieu, avec le projet de mettre en place «un

programme catechetique commun» avec les Orthodoxes, loin de «tout soupcons

de proselytisme». Sur le plan inter religieux, le texte insiste sur l’enjeu

des relations avec «les musulmans», qui rend le Liban «depositaire d’une

mission mondiale» en ce domaine.

?Enfin, toujours dans le but de temoigner, le document preparatoire du

Synode aborder la question sociale et constate que la doctrine sociale de

l’Eglise est non seulement insuffisamment connue mais surtout, elle n’est

pas «profondement vecue, enseignee et divulguee.» Resultat : «l’esprit

mercantile prevaut souvent stimule par l’affaiblissement du sens moral, par

l’extension de la pauvrete et par le manque de solidarite.»

?En effet, continue le texte, «un des premiers aspect de la crise, consiste

en l’exaltation de l’individualisme, de l’amour du pouvoir et de la

recherche du maximun de profit sans souci de la res publica. Un second

aspect reside en l’existence d’une economie souterraine. Il s»agit de

toutes les activites illegales et de toutes les operations de fraudes

fiscales et de corruption du secteur public. Un troisieme aspect est a

situer dans une economie ou les regles collectives s’effacent au profit des

interets individuels.»

?Enfin, toujours sur le plan social, le Synode envisage de revoir

l’utilisation des «waaqfs» qui sont les proprietes immobilieres et

financieres de l’Eglise. Le texte decrit l’organisation de ces proprietes

et leur nature en souhaitant qúelles jouent «un role social de premiere

importance.

?Les derniers paragraphes de cette troisieme et derniere partie sont

consacres a la «rehabilitation de la participation et de l’engagement

politique.» : «Les libanais se plaignent de la vie politique actuelle dans

leur pays. Ils la jugent encore bien faible (…) Ils en attribuent la

faute, d’une part, a des defauts inherents au partage des pouvoirs dans

la nouvelle constitution et d’autre part au gouvernement qui impose tous

les jours de nouvelles taxes sans pour autant que les simples citoyens ne

constatent une amelioration sensible de leur conditions de vie. Cet etat de

choses est interprete comme pouvant bien etre du a des trafics dont, une

fois de plus, le peuples paierait les frais.»

?C’est pourquoi, les chretiens «pensent qúil est necessaire de restructurer

les partis et les forces politiques en vue d’exprimer les aspirations des

citoyens (…) sans pour autant repeter les erreurs du passe : «L’Eglise ne

peut en outre s’attribuer, au Liban, un autre role que celui de l ’Eglise

Universelle, ou d’une tout autre Eglise Locale. Si elle a eu parfois a

jouer un role de suppleance dans l’histoire du Liban, elle l’a fait par

suite de circonstances particulieres et en l’absence de l’Etat de droit.

Aujourd’hui, au Liban, la hierarchie n’entend pas remplacer les catholiques

en matiere de politique, mais elle intervient quand l’interet national

engage les valeurs fondamentales du pays, specialement les valeurs

evangeliques, celles qui precisement en font un message. (…) «Les

patriarches ont toujours pris des positions qui favorisaient la cohesion

nationale en depit des difficultes de l’heure et des attitudes

passionnelles, parfois meme hostiles, de certains de leur fideles.

?Avant la conclusion, le texte mentionne le role et l’importance des

medias, mais, surtout, une «preoccupation continue» : il y a desormais

plus de libanais a l’exterieur que dans le pays.» En conclusion le document

de travail du Synode sur le Liban invite donc les membres de cette

assemblee, a «un examen de conscience collectif qui permette a chacun de

connaitre la grace d’une conversion authentique et d’une reconciliation

veridique.» Il s’agit de «participer a la reconstruction du pays, voire a

la redefinition de l’homme libanais, tout en ayant un role important pour

les autres chretiens et les autres Eglise au Moyen-Orient.» On souligne

cependant une difficulte majeur : le Liban est peut-etre un «message» comme

dit Jean-Paul II, mais, «encore faut-il que les divers partenaires appeles

a la reconciliation nationale au Liban, s’entendent sur les «valeurs de

civilisation qui y veulent vivre et promouvoir, et sur la forme de

convivialite qúils voudraient poursuivre.»

I.Media – Date : 95 11 22 Sujet : accord de paix bosnie?car : 743 mots: 112 – lignes: 11

?»Je desire faire parvenir a tous les artisans de cette negotiation

difficile mes felicitations chaleureuses». Au terme de l’audience

hebdomadaire de ce mercredi 22 novembre, le Saint-Pere se rejouit de «la

nouvelle tant attendue» de l’accord de paix signe la veille aux Etat-Unis

pour «la Bosnie-Herzegovine martyre».

?Jean-Paul II renouvelle cependant son «appel a la communaute

internationale afin qúelle apporte son soutien genereux a la reconstruction

materielle, sociale et spirituelle des villes et villages detruits par le

conflit». Il rappelle en outre «son invitation pressante a prier pour tous

ceux qui sont impliques dans ce long processus», se referant

particulierement aux «refugies» et aux «nombreuses victimes du conflits».

?»Je desire faire parvenir a tous les artisans de cette negotiation

difficile mes felicitations chaleureuses». Au terme de l’audience

hebdomadaire de ce mercredi 22 novembre, le Saint-Pere se rejouit de «la

nouvelle tant attendue» de l’accord de paix signe la veille aux Etat-Unis

pour «la Bosnie-Herzegovine martyre».

?Le Pape renouvelle cependant son «appel a la communaute internationale

afin qúelle apporte son soutien genereux a la reconstruction materielle,

sociale et spirituelle des villes et villages detruits par le conflit». Il

rappelle en outre «son invitation pressante a prier pour tous ceux qui sont

impliques dans ce long processus», se referant particulierement aux

«refugies» et aux «nombreuses victimes du conflits».

?Jean-Paul II s’etait adresse auparavant en langue anglaise aux pelerins

irlandais presents dans la salle Paul VI, les invitant «a prier d’autant

plus intensement en ces jours pour le bien du mariage et de la famille»

dans leur pays. En effet, ce vendredi 24, les irlandais devront se

prononcer par referendum sur le divorce, illegal en Irlande selon la

constitution meme du pays de 1937. «J’incite chacun a reflechir sur

l’importance pour la societe du caractere indissoluble des liens du

mariage» a conclu le Pape.

22 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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