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apic/Inde/Election/Position Catholique

Inde: Pour l’Eglise, l’instabilité politique

résultant des élections n’est pas forcément un mal (170696)

New Delhi, 17juin(APIC) Les élections générales de début mai en Inde ont

été marquées par l’émergence de forces politiques porteuses des revendications des basses castes. Celles-ci pourraient devenir incontournables dans

la formation du gouvernement pour les années à venir.

L’instabilité qui semble résulter de ces élections n’inquiète pas les

responsables de l’Eglise catholique, pour qui certaines données nouvelles

sont au contraire porteuses d’espérance, en particulier l’apparition des

partis régionaux représentant les basses castes.

Le Bharatiya Party (BJP), le parti nationaliste hindou soutenu par les

hautes castes, est devenu le premier parti du Parlement indien, mais il n’a

pu obtenir une majorité de gouvernement, tous les autres partis ayant refusé de s’associer à lui. En même temps, la perte de crédibilité a favorisé

l’apparition de partis régionaux représentant les aspirations des basses

castes; lesquels sont appelés aujourd’hui à partager les responsabilités du

gouvernement fédéral dans une alliance souple avec des partis nationaux de

gauche connue sous le nom de Front Uni. Même si cette alliance ne devait

pas durer très longtemps dans son état actuel, les partis représentant les

basses castes resteront indispensables pour toute coalition gouvernementale.

Pour le Père Pereira, secrétaire général adjoint de la Conférence épiscopale, les résultats des élections sont «largement positifs», car cellesci «ont donné aux pauvres et aux basses castes une occasion de s’affirmer,

et c’est pour cela que beaucoup de partis régionaux ont pu gagner: les

groupes défavorisés ont maintenant la possibilité de participer au pouvoir».

Mgr Alan de Lastic, archevêque de New Delhi et vice-président de la Conférence épiscopale, n’éprouve aucune appréhension face aux changements intervenus sur la scène politique: «Qu’il soit dirigé par le BJP ou par le

Front Uni, la composition du gouvernement n’affectera pas les activités de

l’Eglise. Nous n’avons peur d’aucun parti politique, nous voulons simplement que le nouveau gouvernement, quel qu’il soit, travaille pour la justice sociale et prenne des initiatives en faveur des pauvres».

Nouveau gouvernement au Tamil Nadu

Au Tamil Nadu, les dirigeants de l’Eglise catholique ont salué la victoire du Dravida Munnetra Kazhagam (Forum pour le Progrès des Dravidiens),

qui a remporté la plupart des 234 sièges du parlement régional. Le gouvernement qu’il a formé remplace celui que dirigeait Jayalitha Jayaram, une

ancienne star du cinéma, qui a souvent suscité la colère des catholiques et

des musulmans, n’hésitant pas à se comparer à Jésus ou à Mahomet. Il y a un

an, elle avait provoqué une manifestation de plusieurs milliers de catholiques, après avoir fait faire des affiches électorales où elle figurait la

Vierge Marie portant l’Enfant Jésus dans ses bras.

Les chrétiens reprochaient en outre à l’ancienne star de n’avoir jamais

rien fait pour faire cesser les activités anti-chrétiennes de militants

hindouistes dans la région de Janniyakumari, après avoir déjà perdu beaucoup de son crédit en raison de la corruption et des pratiques anti-démocratiques de son gouvernement.

Dès que le résultat des élections a été connu, Mgr James Daruls Das, archevêque de Madras, a adressé des félicitations au nouveau Premier ministre, M. Karunanidhi, «au nom de tous les prêtres, religieux, religieuses et

laïcs de l’archidiocèse». (apic/cip/pr)

17 juin 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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