Le texte contient 33 lignes (max. 75 signes), 374 mots et 2444 signes.

apic/Inde/Un catéchumène décapité/Les chrétiens ont peur/

Inde: les chefs d’un village décapitent un catéchumène

Des chrétiens bouleversés, mais plus solidaires (220197)

Calcutta, 22janvier (APIC) En Inde, un catéchumène catholique de la tribu

Santal du village de Gobipallapur, à l’ouest de Calcutta, a été décapité

par le chef de la tribu et ses hommes parce qúil refusait d’abandonner la

foi chrétienne, rapporte dans son dernier bulletin l’agence missionnaire

Fides (Rome). Le martyr est un homme de 55 ans, Sukulal Hansda, catéchumène

depuis deux ans.

Les faits, rapportés par l’agence «Eglises d’Asie» (Missions Etrangères

de Paris), remontent à la fin octobre 1996. La police a exhumé le corps mutilé tout près du village. La tête a été retrouvée deux kilomètres plus

loin. Les funérailles de Sukulal Hansda ont eu lieu le 1er décembre après

les aveux d’un villageois qui a révélé l’emplacement du corps. La police a

arrêté le chef du village, Sankar Hansa, le frère du catéchumène, Mathlal

Hansda, et leurs deux complices.

Le catéchumène, sa femme et son fils avaient opté pour la foi catholique

en 1994, ce qui leur valait d’être harcelés par les chefs de la tribu, rapporte le curé de l’époque, le Père Robert D’Souza. Le fils de la victime,

Sangram Hansda, confirme: «Mon père avait versé 3.000 roupies (85 dollars

US environ – ndr) aux villageois, mais, fin août, ils ont recommencé à nous

harceler. Ils nous ont demandé de ne plus aller à l’église et de vénérer

les divinités de la tribu. Mon père a refusé.»

Les chrétiens ont peur

Mathlal Hansda, prêtre de la tribu Santal, a accusé la future victime,

qui n’était autre que son frère Sukulal, de sorcellerie, lui imposant une

nouvelle amende, lui interdisant de fréquenter l’église et l’obligeant à

vénérer les divinités de la tribu. Suite à son refus, la famille fut quasiment séquestrée. Le catéchumène Sukulal parvint pourtant à s’échapper pour

prévenir la police. C’est suite à l’intervention de cette dernière que Sukulal a «disparu». Catholiques, baptistes et luthériens de la région ont

alors envoyé une délégation à la police, qui a obtenu les aveux de Sankar.

Ce meurtre a bouleversé les 20.000 chrétiens, membres des différentes

tribus, mais il a surout renforcer leur solidarité. Selon Poresh Tudu, un

catéchiste du secteur, les chrétiens ont peur, et beaucoup ne sont pas venus à l’église en décembre dernier. (apic/cip/fides/mp)

22 janvier 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!