Apic interview

Rome: Arrivée des Fraternités monastiques de Jérusalem, «un encouragement de l’histoire»

Une communauté de «moines dans la ville»

Propos recueillis à Rome par Hervé Yannou, I.MEDIA

Rome, 1er septembre 2006 (Apic) A compter du 1er septembre, les Fraternités monastiques de Jérusalem prennent possession du couvent de la Trinité-des-Monts, un haut lieu de la spiritualité chrétienne, de la culture et de la langue françaises fondé il y a plus de 500 ans par les rois de France. Le Saint-Siège et le gouvernement ont décidé de confier le monastère qui domine la célèbre place d’Espagne à la communauté fondée par le Père Pierre-Marie Delfieux en 1975.

Cette communauté de ’moines dans la ville’ a le vent en poupe. Déjà installés à Paris, Strasbourg, Bruxelles, Florence, Montréal, au Mont Saint-Michel et à Vézelay, les moniales, les moines et les postulants sont aujourd’hui environ 200, de 25 nationalités différentes et d’une moyenne d’âge de 33 ans. A Rome, ils seront 12: 4 frères et 8 religieuses, français, italiens, américains et allemands. Le Père Delfieux a confié à I.MEDIA, partenaire de l’Apic à Rome, que cette arrivée était «un encouragement de l’histoire» pour un institut religieux qui fête ses 30 ans.

I.Media: Votre arrivée à Rome marque-t-elle une nouvelle étape dans le développement des Fraternités de Jérusalem ?

Père Delfieux: Rome est nécessairement une étape marquante et importante. Notre institut religieux fête ses 30 ans. C’est donc pour nous un encouragement de l’histoire. Nous sommes moines, et Rome est l’un des premiers lieux du monachisme urbain dans l’histoire de l’Eglise. Pour des moines citadins comme nous, cette ville internationale nous interpelle fortement.

I.Media: Comment comptez-vous gérer l’héritage historique et spirituel du couvent de la Trinité, haut lieu de la France à Rome ?

Père Delfieux: Nous n’avons pas cherché à venir ici. L’Eglise de France, le Saint-Siège et le gouvernement nous ont adressé une demande. Nous sommes ici en réponse à leur appel pour prendre la suite des religieuses du Sacré-Coeur qui ont succédé à l’ordre des Minimes en 1828. Plus qu’un défi, c’est une mission de confiance.

I.Media: Qu’attendez-vous concrètement de cette installation à Rome ?

Père Delfieux: Nous voulons vivre dans la ligne de notre propre vocation de moniales et moines citadins. Nous attendons de vivre à la romaine ce que nous vivons à Paris à la parisienne et à Montréal à la québécoise.

I.Media: Quelles sont vos ambitions pour faire vivre le monastère et son Eglise?

Père Delfieux: Nous devons être des moines et des moniales citadins, salariés, sans clôture et en lien avec l’Eglise locale et diocésaine. Il y a une triple responsabilité à assumer. Nous sommes chargés de l’animation liturgique de ce lieu. Il faut y implanter notre liturgie monastique. Il y a les établissements scolaires du Sacré-Coeur (400 élèves environ et 60 enseignants) qui fonctionnent de façon autonome mais à qui nous devons donner une âme. Si nécessaire, nous pouvons assurer des charges de professeurs, dans la mesure où nous le faisons déjà. Nous avons des professeurs dans nos rangs. Enfin, il y a la maison d’accueil. L’hospitalité est la vertu typique des moines et nous en avons l’expérience au Mont Saint-Michel ou à Vézelay. Cependant, à Rome, nous n’avons pas de charge d’intendance.

I.Media: Quelle spiritualité apportez-vous à Rome ?

Père Delfieux: Rome est gratifiée de tous les dons spirituels. Nous irons d’abord puiser à la source. Dans le jardin du bon Dieu, il y a beaucoup de fleurs et nous essaierons d’être la petite fleur, la marguerite de Jérusalem. (apic/imedia/hy/bb)

1 septembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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