Au second Forum social mondial de Porto Alegre, les chrétiens seront bien présents

APIC Interview

Rencontre avec Frei Betto, théologien de la libération brésilien

Jacques Berset, APIC

Fribourg/Porto Alegre, 29 janvier (APIC) Le Forum social mondial (FSM), qui s’ouvre jeudi, devrait comprendre une forte représentation d’Eglises brésiliennes, d’organisations ?cuméniques et de personnalités chrétiennes du monde entier. La deuxième édition du FSM, du 31 janvier au 5 février 2002, a lieu pour la seconde (et dernière fois) à Porto Alegre, capitale de l’Etat du Rio Grande do Sul, au Brésil.

L’APIC a rencontré l’une des personnalités emblématiques du FSM, le théologien de la libération Carlos Alberto Christo Libânio, plus connu sous le nom de Frei Betto, âgé de 57 ans. Il animera l’Axe 5 du Forum, sur les rapports entre foi et politique. Se définissant comme un «Dominicain militant», journaliste et écrivain, Frei Betto refuse d’être un intellectuel confiné dans sa bibliothèque. «Toute ma vie, réflexion et action ont été liées: je suis un militant sur le terrain, avec les mouvements populaires et par le biais de la littérature. Tout mon savoir vient du monde populaire, source d’inspiration et sujet d’expression».

Le dominicain brésilien dénonce «le discours virtuel et apparemment humanitaire» du Forum économique mondial de Davos. Il s’agit pour lui de «démagogie au service du grand capital» que le gouvernement brésilien s’empresse de reprendre à son compte pour masquer la réalité de la fracture sociale.

«Le président Fernando Cardoso parle des pauvres, des mouvements populaires, de la nation, mais rien de cela n’est réel. Ce qui est bien réel, c’est la misère qui s’étend, l’inégalité brutale qui caractérise le monde d’aujourd’hui: une poignée de citoyens nord-américains, dont Bill Gates, ont une fortune personnelle supérieure au PIB des 42 pays les plus pauvres. Quand le remboursement de la dette extérieure du Brésil (*) est de loin supérieur aux investissements publics, le vrai gouvernement du Brésil ne se trouve pas à Brasilia, mais à Washington, au siège du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale!»

APIC: Face à l’injustice flagrante, vous affirmez qu’un autre monde est possible, en renforçant la société civile face à la société politique comme le préconise le FSM.

Frei Betto: Arrivera-t-on un jour à ce que la société civile prenne totalement la place de la société politique dans son travail et ses compétences, dans ses valeurs éthiques.? La disparition de la société politique est cependant une utopie à très long terme. Nous devons chercher une coexistence entre société civile et société politique, en maintenant l’autonomie relative de chacune d’entre elles. Le défi est de savoir comment maintenir entre pouvoirs publics, société politique et société civile – mouvements sociaux, syndicats, Eglises, ONG, etc.-, une relation qui respecte l’autonomie de chaque sphère.

Au Brésil, par ex. les administrations populaires contrôlées par le Parti des Travailleurs (PT), comme dans l’Etat du Rio Grande do Sul, cherchent à éviter les erreurs commises en son temps dans le monde socialiste réel. Il ne faut pas transformer le mouvement social en pure courroie de transmission des intérêts de la société politique. Il est nécessaire de maintenir de bonnes relations. C’est le cas entre le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) au Rio Grande do Sul et le gouvernement de Olivio Dutra. Il mène une expérience de démocratie participative à l’échelle d’un Etat de près de 10 millions d’habitants, associant 22 régions et 497 municipalités. Les tensions existent, bien sûr, mais elles sont positives. Il ne faut pas réduire le rôle du pouvoir politique à n’être qu’au service des revendications des mouvements sociaux. La frontière entre les deux reste très fragile.

APIC: Votre engagement militant ne vous a-t-il pas créé des difficultés avec l’Eglise ?

Frei Betto: J’ai l’avantage de vivre de mon travail, sans dépendre financièrement de l’Eglise. Je n’ai pas commencé à militer comme dominicain, mais comme journaliste. J’essaye de faire pousser les semences des valeurs évangéliques à travers mon travail dans les médias. Il n’y a pour moi aucune distinction entre mon travail journalistique et ma position de chrétien.

Les moyens de communication sont des facteurs qui permettent le dialogue et l’échange d’expériences entre les diverses sphères de la société, sinon chacune des sphères reste isolée, prisonnière de ses préjugés. Aujourd’hui, selon moi, les médias ne sont pas le 4ème pouvoir, mais bien le 1er. Nous devons de ce fait créer tout un système d’information alternatif pour briser l’hégémonie d’une communication qui va du haut vers le bas.

La communication mondiale est dominée par les agences d’information des Etats-Unis, par la culture du divertissement de Hollywood. Ce système camoufle et oblitère la situation réelle de la majorité des gens humbles. A partir de là, nous devons avoir des moyens de communication alternatifs comme au Brésil, avec les radios et télévisions communautaires et des journaux comme le «Correio de la Cidadania» (»Courrier de la citoyenneté»). Le Forum de Porto Alegre est l’exemple même de la communication alternative.

APIC: Le Forum social mondial pourrait être le point de départ d’un saut qualitatif dans les relations entre société civile et société politique à l’échelle mondiale.

Frei Betto: Le Forum social a, à l’échelle mondiale, des caractéristiques qui sont de mon point de vue absolument neuves: ici, pouvoirs publics et société civile se rencontrent en toute liberté et égalité. C’est la première fois de ma vie que je participe à un Forum progressiste, de gauche, sans que les discours cherchent nécessairement leurs paradigmes dans les concepts orthodoxes du marxisme dogmatique. Le FSM rassemble de nombreuses forces progressistes, non seulement pour dénoncer les ravages du néolibéralisme, mais pour proposer une société alternative, qui montre qu’un autre monde est possible. Sans nécessairement figer ce sauvetage de l’utopie dans le mot socialisme. On sort heureusement d’un certain nominalisme. Plutôt que d’agiter des concepts abstraits, on aborde des contenus concrets en vue de construire une société nouvelle.

Personnellement, je reste socialiste, parce que je suis chrétien, car je ne vois pas de futur pour l’humanité en dehors de ce que le prêtre proclame durant la messe, l’eucharistie: partager les biens de la terre et les fruits du travail humain. Le socialisme est la pratique économique et politique de la solidarité prêchée par Jésus.

APIC: L’impression est que l’Eglise d’Amérique latine se replie sur des positions plus individualistes, laissant de côté la dimension sociale de la décennie précédente.

Frei Betto: Quand j’étais en prison, avec des communistes athées, j’étais souvent interpellé. Ils étaient très dialectiques pour analyser la société en différentes sphères, mais beaucoup moins en ce qui concerne l’Eglise, pensée comme une «société d’anges au-dessus des contradictions de classe». Pour moi, l’Eglise est comme les autres institutions de la société. A l’instar de la famille ou de l’école, elle n’échappe pas aux contradictions de cette même société. Aujourd’hui, nous vivons dans une société où la «pensée unique» néo-libérale est hégémonique, où se répand la culture de la «désolidarisation», et cela affecte aussi l’Eglise.

La privatisation n’est pas seulement un phénomène économique, c’est aussi un phénomène métaphysique: les gens privatisent leurs valeurs et considèrent toujours davantage leurs intérêts personnels, et de moins en moins le bien commun, la solidarité, les idéaux sociaux et collectifs. On en arrive même à la privatisation de la foi. Des mouvements d’Eglise privilégient la relation directe avec Dieu, subjective et affective, sans la médiation communautaire. Ils crient les bras au ciel: «Alleluia, Alleluia!», mais laissent de côté l’engagement chrétien pour la justice, la solidarité avec les pauvres. C’est un reflet de la culture néo-libérale qui prend racine dans l’Eglise.

APIC: Le niveau institutionnel a pris davantage d’importance, et l’Eglise accorde plus d’attention à l’aspect liturgie ou de piété.

Frei Betto: Effectivement, mais il reste toujours des communautés de base, une pastorale sociale, des évêques progressistes et des théologiens de la libération. Durant 30 ans, il y a eu une hégémonie des progressistes à la direction de la CNBB, la Conférence nationale des évêques du Brésil. Mais le processus croissant de «vaticanisation» de l’Eglise latino-américaine est indéniable. La pression de Rome se fait lourdement sentir, en particulier par une politique systématique de nomination de prélats conservateurs.

Depuis un certain temps, les évêques brésiliens font face à de fortes tensions internes, suite aux pressions du Vatican pour «dépolitiser» les Eglises d’Amérique latine. Cependant, des mouvements sont restés très actifs comme la Commission pastorale de la terre (CPT), liée à la CNBB. Le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST), très combatif, est également bien organisé. Il bénéficie du soutien d’amples secteurs de l’Eglise.

On voit d’autre part arriver d’Europe de nombreux mouvements qui n’ont pas le caractère social des mouvements latino-américains, mais qui reçoivent l’appui des évêques. Ces tensions sont aggravées par le fait que nous assistons à la privatisation croissante de la richesse face à la misère du peuple qui se globalise. Malgré tout, la théologie de la libération latino-américaine n’est pas morte, elle s’affine et prend toujours davantage en compte la complexité de la réalité socioculturelle et économique d’un continent en pleine mutation. Les chrétiens sont nombreux à cette seconde édition du FSM à Porto Alegre. (apic/be)

29 janvier 2002 | 00:00
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APIC – Interview

Maurice Page, Agence APIC

Jean-Adalbert Nyeme Tese, théologien zaïrois (230393)

«L’Afrique ne peut pas toujours accuser la colonisation!»

Lausanne, 23mars(APIC) L’Afrique ne peut pas toujours accuser la colonisation, elle doit faire son examen de conscience et se prendre en mains.

Prêtre et théologien zaïrois, Jean-Adalbert Nyeme Tese ne s’apitoye pas sur

le sort d’un continent qui «patauge», mais il appelle l’Afrique à réagir et

à se débarrasser de ses dictateurs.

De passage en Suisse à l’invitation de la campagne oecuménique de Carême

«vive l’Afrique», l’abbé Nyeme Tese a participé aux travaux de la Conférence Nationale Souveraine du Zaïre (CNS). Doyen de la nouvelle Faculté des

sciences et techniques du développement à Kinshasa, Nyeme Tese a débattu

deux ans durant de l’avenir du pays au sein de ce vaste palabre regroupant

près de 3’000 personnes.

APIC:La théologie est en prise directe sur la vie et le développement?

N.T.Etre théologien en Afrique ne peut signifier faire de la théologie

comme en Europe. La théologie doit servir à libérer le peuple. Les périodes

de colonisation, en commençant par la traite des Noirs, ont destructuré nos

sociétés et les ont orientées dans le sens des intérêts de l’Occident.

Malheureusement, les indépendances africaines ont échoué. Elle ont conservé des économies, des politiques, des cultures tout à fait orientées

vers les métropoles européennes. Les dictatures, les égoïsmes, les partis

uniques n’ont pas permis un partage du pouvoir. Aujourd’hui, l’Africain est

arrivé à un moment de maturité, d’examen de conscience. Il ne peut pas rater le tournant décisif de la démocratisation. Les chrétiens doivent s’engager dans ce processus avec compétence et souci du bien commun.

APIC:Le développement doit venir de la base?

N.T.Lors de la colonisation puis de l’indépendance, on a continuellement

arraché au milieu rural ses capacités et ses initiatives. Je suis en train

d’écrire un livre sur l’agonie des villages. Il faut trouver des structures

qui permettent aux villages de participer au développement et de constituer

une alternative par rapport à l’industrialisation, aux villes etc.

Les intellectuels doivent avoir beaucoup d’humilité et d’amour pour rentrer dans les villages et cheminer avec eux sans prétentions basées sur des

diplômes. Il faut aider les gens à sortir d’une économie villageoise orientée sur la subsistance et l’économie locale, pour passer à un système commercial où l’on produit plus et où on se spécialise.

APIC:Le développement passe aussi par les femmes?

N.T.80% du travail domestique est assuré par la femme. C’est écrasant: il

faut réquilibrer les choses. Nos cultures ne sont pas toujours parfaites.

Le travail de formation et de conscientisation est très important. Si on

donne un souffle nouveau aux femmes, l’Afrique pourra partir d’un bon pas.

APIC:La démocratie et la participation sont la clé du développement?

N.T.On ne peut pas continuer à vivre dans un monde moderne avec une mentalité ancienne qui ne voit que ses intérêts immédiats. Il faut une conversion profonde. Jusqu’à présent le pouvoir économique et politique est ressenti dans les villages comme quelque chose qui leur échappe totalement.

Autrefois quand il avait des problèmes dans le village, tout le monde se

sentait impliqué. Aujourd’hui on assiste à une prise de conscience. On ne

peut pas laisser les problèmes du pays seulement aux politiciens, aux gens

des villes: ce sont les problèmes de tous.

Il faut dépasser l’esprit tribal, raisonner en terme national. La déportation des Kasaïens du Shaba, au Sud du pays, par ex., a provoqué la fermeture de toutes les usines, car ils occupaient des postes élevés de techniciens. Renoncer aux réactions épidermiques et voir à plus long terme est

une nécessité. Le fédéralisme ne signifie pas division, ni sécession, mais

une façon de gérer en respectant le principe de subsidiarité.

APIC: Quel a été le rôle de la Conférence Nationale Souveraine – dont vous

avez été membre – dans cette prise de conscience?

N.T.La CNS a clôturé ses travaux le 7 décembre 1992. Elle a donné au peuple une conscience nouvelle. Près de 3’000 personnes représentant toutes

les couches de la population ont participé à ce grand palabre. Nous avons

d’abord fait «l’autopsie», dénoncé ce qui ne va pas; nous nous sommes dit

nos quatre vérités. Nous ne pouvons plus toujours accuser la colonisation.

23 Commissions ont été créées. J’ai présidé moi-même la Commission d’éthique. Les rapports ont permis de définir des priorités dans le domaine politique, de l’éducation, de l’agriculture, de la femme, de l’eau et des forêts, etc. Les valeurs et les principes éthiques ne peuvent être laissés de

côté. Les échecs de nos indépendances viennent souvent de leur abandon.

La CNS a laissé trois institutions importantes: le parlement de transition ou Haut Conseil de la République, désigné pour deux ans, et présidé

par Mgr Monsengwo, le gouvernement d’Etienne Tsishekedi et la présidence

laissée à Mobutu pour deux ans encore, mais sans possibilité de gouverner.

Toutes les difficultés actuelles viennent de son refus de respecter la décision de la CNS. S’il était honnête avec lui-même, après plus de de 25 ans

au pouvoir il devrait pouvoir dire: «Si j’ai eu un rêve pour mon pays, j’ai

eu le temps de le réaliser». Notre pays riche est maintenant classé parmi

les plus pauvres du monde. S’il a l’amour de la patrie et le respect de

lui-même, il devrait se retirer et laisser les strucutres fonctionner.

Et le jeu de l’armée? La CNS a demandé une réforme totale de l’armée.

Elle doit recruter dans tout le pays et être une armée du peuple et non pas

protéger un individu ou un groupe. Elle doit aussi participer activement au

développement.

APIC: Comment l’Occident peut-il contribuer au processus de démocatisation?

N.T.Nous comptons beaucoup sur la solidarité internationale. Le peuple

sans armes s’est exprimé pour des changements profonds, des structures démocratiques. La CNS a publié des rapports accablants sur les «biens mal acquis» et sur les violations des droits de l’homme, selon des critères objectifs. Mobutu, qui y est clairement disqualifié, veut se maintenir coûte

que coûte: il a toujours l’armée et l’argent. Les pays d’Europe ne peuventils pas avoir un droit d’intervention humanitaire? On a bloqué les fonds de

Marcos, et ceux de Mobutu? Pourquoi deux poids, deux mesures? Mobutu a-t-il

tellement investi en Europe qu’on ne peut rien faire contre lui?

APIC: Quel est le rôle de l’Eglise dans la phase de transition actuelle?

N.T.A un moment donné, on ne savait pas si l’Eglise était complice du pouvoir ou non. Aujourd’hui, elle a pris parti de façon claire: elle dénonce

les injustices et les violations des droits de l’homme et s’engage de façon

résolue dans le processus de démocratisation. Elle a acquis la confiance du

peuple. C’est pourquoi on lui demande, en la personne de Mgr Monsengwo,

d’être un arbitre de la situation.

L’Eglise doit également être elle-même plus ouverte à une certaine démocratie et à la transparence dans sa gestion. Les documents préparatoires du

Synode pour l’Afrique insistent pour que l’Eglise soit portée par nos peuples. Pour cela il faudra accepter beaucoup de sacrifices pour vivre non

pas au-dessus de la population, mais à son niveau. L’Eglise, avec l’aide de

l’étranger, s’est trop souvent placée à un niveau supérieur, dans ses constructions par exemple.

APIC: Outre la question de la justice et de la paix, le Synode pour l’Afrique abordera le thème de l’inculturation… Comment se vit-elle au Zaïre?

N.T. L’inculturation est devenue une nécessité vitale pour l’Eglise zaïroise. Elle se vit de façon spontanée dans la prédication, dans les expressions, les gestes, les symboles. Elle est ressentie comme allant de soi si

nous voulons être authentiquement chrétiens et africains. Il serait inconcevable de trouver dans nos églises des statues provenant d’Europe…

L’inculturation se situe aussi à un deuxième niveau, celui de la réflexion des théologiens et des évêques et pasteurs. Ainsi le rite zaïrois de

la messe est un effort pour rencontrer l’âme africaine. Pour la lecture de

l’Evangile, par exemple, tout le monde s’assied, car en Afrique c’est une

attitude de respect quand quelqu’un parle. Le dialogue continuel entre le

célébrant et l’Assemblée vient du palabre.

Dans un sens plus large, le christianisme tel qu’il a été enseigné jusqu’à présent n’a pas totalement recouvert certaines aspirations profondes

de l’âme africaine. En Afrique, la santé et la maladie par ex. ne sont pas

des choses tout à fait profanes comme c’est le cas en Occident mais ont un

rapport étroit au sacré. La guérison dépend des médicaments, mais aussi de

la relation avec les autres. Les sectes l’ont bien compris et en ont fait

leur terrain privilégié.

Pourtant théologiquement dans la tradition chrétienne, les sacramentaux

(signes sacrés, bénédictions, etc. pour obtenir des effets d’ordre

spirituel, ndr) sont des moyens disponibles. Nous devons les mettre en valeur dans ce milieu où ils sont ressentis comme une nécessité. Si les populations ont des besoins auxquels nous ne répondons pas, cela amène finalement des défections. La question de la sorcellerie ne peut pas être résolue

de façon superficielle en affirmant «cela n’existe pas». La sorcellerie

montre que l’homme peut vouloir du mal à autrui, peut avoir un coeur

«noir». L’exploitation du Sud par le Nord peut se traduire en ces termes.

Le Nord qui n’a pas un coeur disposé au bien est «sorcier» par rapport au

Sud. Il faut que l’Africain sente qu’il est compris et que ses problèmes

sont portés devant le Christ, Fils de Dieu, qui devient libérateur. Chaque

culture se convertit au Christ. (apic/mp)

23 mars 1993 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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