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apic/Interview dans Giornale del Popolo/Nonce apostolique

Suisse:Interview du nonce apostolique(230895)

en Suisse dans le «Giornale del Popolo»

Mgr Rauber cherche à rapprocher la Suisse et le Vatican

Lugano/Berne, 23août(APIC) Depuis bientôt deux ans et demi nonce apostolique en Suisse, Mgr Karl-Joseph Rauber cherche à rapprocher la Suisse et

le Vatican. Dans une interview-bilan publiée mercredi 23 août par le quotidien catholique de langue italienne «Giornale del Popolo» (GdP) à Lugano,

Mgr Rauber explique son rôle de médiateur.

Le diplomate du Vatican déclare au GdP que la question de Coire, «qui

est toujours délicate», «n’a pas encore pu être résolue». Pour le nonce, il

est en effet difficile de rétablir l’unité du diocèse. Quant à savoir quand

cela sera possible, Mgr Rauber affirme: «Cela ne dépend pas de moi, mais de

tant de facteurs, comme par exemple une meilleure collaboration entre les

laïcs, les prêtres et les évêques». Beaucoup de choses dépendent des

rapports humains, estime-t-il, du fait de vouloir l’unité. «Tous doivent y

contribuer».

Les divorcés remariés, l’oecuménisme

Durant ces presque deux années et demi en Suisse, le nonce a cherché à

faire comprendre à Rome certaines situations, la mentalité, les aspirations

et les attentes de la Suisse, comme par exemple le désir qu’il y ait dans

l’Eglise plus de dialogue pour rechercher des solutions communes. De même,

il a cherché aussi à expliquer la valeur des documents qui viennent de Rome. «J’ai voulu rapprocher davantage la Suisse de Rome, mais également aider Rome à comprendre certains problèmes qui sont ici ressentis davantage

qu’en Italie, comme par exemple celui des divorcés remariés et leur admission aux sacrements».

Evoquant des propositions concrètes venant de la Suisse – comme l’intercommunion, l’ordination d’hommes mariés ou le diaconat féminin -, le nonce

relève qu’il faut aussi faire comprendre la position de Rome, qui peut

sembler intransigeante. «Le fait est que Rome doit regarder toute l’Eglise

et non pas trouver des solutions particulières seulement pour une partie du

monde, parce qu’autrement, c’est l’unité de la discipline et de la foi qui

en souffrirait». Parlant des impulsions de la Suisse, le nonce évoque le

plan de l’oecuménisme et celui de la collaboration avec les laïcs, «même si

ici on va parfois trop loin». Et d’évoquer que des laïcs, hommes et femmes,

dirigent des paroisses et célèbrent le dimanche la liturgie de la parole,

ce qui fait qu’il devient difficile de distinguer entre l’Eglise catholique

et l’Eglise réformée.

Mgr Rauber, parlant de l’ouverture au dialogue et de l’esprit démocratique de l’Eglise suisse, relève que l’Eglise n’est ni une démocratie ni une

monarchie; il pense toutefois que l’esprit fraternel et communautaire des

Suisses peut être utile à l’Eglise universelle.

Des évêques à Bâle et à Fribourg peut-être en septembre déjà

Quant aux nouveaux évêques à Bâle et à Fribourg, ce sera peut-être pour

septembre déjà. «Pour Fribourg, nous venons à peine d’envoyer à Rome tous

les résultats de l’enquête. Je suis par contre un peu préoccupé pour Bâle.

J’espère que la personne élue par le Chapitre trouvera l’agrément et la

confirmation du Saint-Père». A propos du mode d’élection de l’évêque de Bâle, le nonce affirme qu’il n’est pas mis en cause par ce qui s’est passé

dans le diocèse de Bâle avec Mgr Vogel, car c’est un «problème personnel»

et l’on ne peut pas reprocher au Chapitre cathédral d’avoir été négligent.

Les récents événements ne mettent pas à son avis en cause la procédure

particulière de Bâle, «parce que jusqu’à maintenant, le Chapitre a toujours

réussi à donner des évêques valides». De plus, le candidat élu ne serait

pas évêque s’il n’était pas confirmé par le Saint-Père. Abordant la création de nouveaux diocèses et le maintien dans la Constitution fédérale d’un

article qui limite la liberté de l’Eglise catholique de s’organiser comme

elle l’entend, le nonce précise que le Saint-Siège n’a par exemple manifesté aucune intention de recréer un diocèse à Genève, même s’il y a un évêque

auxiliaire étant donné l’importance de la ville du point de vue international et oecuménique. (apic/be)

23 août 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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