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apic/Irak/Voix dans le désert/Contourner les sanctions/Prison à la clé
Etats-Unis:Des groupes religieux solidaires (190396)
pour contourner les sanctions contre l’Irak
Les «Voix dans le désert» risquent jusqu’à 12 de prison
Washington, 19mars(APIC) Cinq ans après la fin de la guerre du Golfe, un
Comité national formé de plusieurs groupes religieux vient de souscrire aux
Etats-Unis à une campagne dont le but est de contourner ce qu’ils qualifient de «sanctions immorales contre le peuple de l’Irak».
S’appelant eux-mêmes les «Voix dans le désert», les partisans de cette
initiative ont déjà été avertis officiellement par le Ministère américain
des finances qu’ils risquent, en violant l’embargo, 12 années d’emprisonnement et des amendes qui peuvent aller jusqu’à un million de dollars. Ils
annoncent pourtant persister dans leur volonté de fournir de l’aide à
l’Irak en contournant les sanctions imposées par les Nations Unies qui visant à étrangler le régime de l’homme fort de Bagdad, Saddam Hussein.
Parmi les personnes et les groupes qui soutiennent les «Voix dans le désert» figurent entre autres le Chapitre des Soeurs de la Charité de Chicago, les pacifistes bien connus Philip et Daniel Berrigan et… l’ancien
procureur Ramsey Clark. Militant non-violent, le Père jésuite Daniel Berrigan a passé plusieurs années en prison à la fin des années 60 et au début
des années 70 pour s’être opposé par des moyens pacifiques à la conscription de jeunes soldats envoyés au Vietnam puis au programme nucléaire américain.
Plusieurs milliers d’enfants meurent chaque mois
Le désir des «Voix dans le désert» est avant tout de venir en aide à la
population irakienne en introduisant des médicaments, et en second lieu de
«ne pas coopérer activement» aux mesures de sanction qui sont en train de
tuer tant d’Irakiens. Ils ont pris leur initiative à la suite de la publication d’une récente étude des Nations-Unies sur les effets de l’embargo
sur la population irakienne: selon la F.A.O., 600.000 enfants de moins de
cinq ans sont morts en Irak des suites de la sous-alimentation et des maladies causées par les sanctions. Pour ces «Voix dans le désert», il s’agit
d’attirer l’attention sur le caractère «immoral» du coût humain des
sanctions de l’ONU, qui sont «illégales au regard de la loi la plus haute,
la loi de Dieu», explique Jim Douglas, un pacifiste de Birmingham (Alabama).
Malgré la «sympathie» manifestée l’an dernier à l’Irak par la France, la
Chine et la Russie, le Conseil de sécurité de l’ONU – sous la pression des
Etats-Unis – ne s’est pas encore départi de la ligne dure qui est la sienne
depuis la Résolution 687, adoptée en août 1990 après l’invasion du Koweit
par l’Irak. (apic/eg/cip/be)




