Le texte contient 39 lignes (max. 75 signes), 411 mots et 2808 signes.
apic/Islam / Chrétiens
Manille: Colloque islamo-chrétien (100496)
Affronter ensemble les défis de la mondialisation de l’économie
Manille, 10avril(APIC) Dans un monde où la réussite économique passe
avant la justice sociale, les chrétiens et les musulmans doivent trouver
des voies communes qui leur permettront de faire face ensemble à cette situation. Telle est la conclusion d’un colloque islamo-chrétien qui s’est
tenu à Manille, aux Philippines, du 24 au 28 mars 1996. Il avait été organisé par la Conférence chrétienne d’Asie avec la collaboration du Conseil
oecuménique des Eglises (COE).
«La discussion n’a pas seulement eu lieu entre les chrétiens et les musulmans, mais aussi au sein de chaque groupe, car ni le christianisme ni
l’islam n’offrent un éventail d’opinions uniforme,» a souligné Tarek Mitri,
secrétaire exécutif auprès du Bureau des relations interreligieuses du COE,
de retour à Genève.
Pour faire face à la menace de la mondialisation qui s’avère plus fructueuse pour les riches que pour les pauvres, il ne faut pas se mettre en
quête d’une société idéale, mais élaborer des mesures pour le bien du plus
grand nombre, ont rappelé plusieurs délégués.
D’autres ont jugé qu’une critique radicale de la mondialisation et de
ses coûts sociaux était indispensable. Chrétiens et musulmans, ont-ils souligné, doivent offrir ensemble une anthropologie qui ne réduise pas seulement les êtres humains à des acteurs économiques.
Plusieurs participants musulmans ont insisté sur la nécessité de redécouvrir les principes fondamentaux de l’islam en ce qui concerne la signification ultime de l’activité économique. Il est nécessaire par exemple de
comprendre à nouveau l’interdiction coranique de l’usure comme une condamnation de la spéculation sous toutes ses formes.
Pour Tarek Mitri, les participants ont pris conscience qu’il était urgent de travailler concrètement ensemble plutôt que de mener un débat théologique au sens classique du terme.
Des sujets délicats doivent être abordés, tels que les droits des femmes, la tension entre droits individuels et droits communautaires, et le
rôle de la religion dans les situations de conflit. L’islam proclame que la
religion et la politique sont indissociables, mais les musulmans présents à
cette réunion ont souligné qu’il n’existait pas à leurs yeux de règles universelles en matière de gouvernement islamique, relève Tarek Mitri.
«Les débats ne sont pas restés enfermés dans le stéréotype du musulman
plaidant pour une théocratie, une sorte de modèle politique moyenâgeux, face au chrétien défendant une idéologie séculariste, où la foi est une affaire privée à traiter séparément de la sphère publique de la société.»
(apic/eni/mp)



