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apic/Italie/Document évêques/futur du pays
Italie: Le pays restera uni, promettent les évêques
Une nouvelle phase politique s’est ouverte (110696)
Rome, 11juin(APIC) «L’Italie restera unie parce que les gens du Nord,
dans leur grande majorité, veulent l’unité, comme du reste la très large
majorité du peuple italien», estime Mgr Ennio Antonelli, secrétaire général
de la Conférence épiscopale italienne (CEI). Il présentait lundi à la presse une note musclée des évêques publiée au lendemain du Congrès de l’Eglise
italienne tenu à Palerme en novembre dernier.
Le document de la CEI s’intitule «Le don de la charité dans l’histoire.
L’Eglise en Italie après le congrès de Palerme», doit servir de base à
l’élaboration d’une plate-forme en vue de mettre en oeuvre un «projet culturel» adapté à la «nouvelle phase politique qui s’est ouverte». Première
étape: un sérieux examen de conscience.
Face à l’appel à la sécession venu de la Ligue Lombarde, l’épiscopat
italien confirme donc sa position résolue en faveur de l’unité du pays, à
laquelle Jean-Paul II a d’ailleurs apporté son soutien lors de l’assemblée
que les évêques ont tenue le mois dernier. Ce qui signifie aussi, pour la
Conférence épiscopale, qu’il faudra s’atteler aux réformes nécessaires dans
le sens du «fédéralisme», afin de mettre en valeur et de «responsabiliser»
davantage les «autonomies locales». Les évêques vont plus loin: «L’unité
territoriale de l’Italie est une condition essentielle pour construire, même dans ses différentes articulations régionales et locales, l’unité de
l’Europe». Et le climat politique actuel, jugé «positif» par Mgr Antonelli,
offre aux catholiques une occasion de s’engager.
Première étape: un examen de conscience
Les chrétiens devront prendre garde de se laisser «enfermer dans le rôle
d’experts en éthique, d’animateurs sociaux et de promoteurs de services sociaux», avertissent les évêques: le «projet culturel» défini à Palerme, qui
est «un processus d’animation qui se déploie dans le temps», requiert d’abord un véritable «examen de conscience» et une «sérieuse analyse de la crise» que vit le pays, une crise qui affecte en profondeur la culture et les
comportements collectifs. Les évêques demandent aux catholiques d’évaluer
le poids des «contre-témoignages» du passé, lorsque des chrétiens engagés
en politique se sont laissés aller à la corruption et à la défense d’intérêts de groupes, s’éloignant ainsi des valeurs de l’Evangile. Les évêques
aident à faire cet examen de conscience en désignant de non moins graves
«retards», «omissions» et «incohérences».
C’est cet examen de conscience qui inspirera un programme. Il s’agit,
d’une part, de lutter contre «les particularismes corporatistes et territoriaux, ainsi que l’illégalité diffuse, qui causent la méfiance des citoyens
envers la politique» et retardent la «transition». Les évêques rappellent
l’exigence de cohérence des hommes politiques catholiques avec la doctrine
sociale de l’Eglise, fondée sur le principe de la solidarité, et non pas
sur le libéralisme et un marché sans réglementations. Il s’agit, d’autre
part, de se battre pour les valeurs de la famille, pour la création d’emplois, pour la justice – non seulement sociale, mais aussi fiscale -, pour
une plus grande autonomie régionale et des corps intermédiaires, pour la
liberté de l’école, pour des perspectives d’avenir aux jeunes et aux membres de la société plus vulnérables. Tous ces combats sont à mener toujours
«dans le cadre de l’unité de la nation».
Dans le concret, on projette la relance des écoles catholiques de formation à la politique. Elles devront prendre en considération les réalités
locales et ne pas se limiter à faire de la théorie. Un créera en outre un
«service de coordination» pour la mise en oeuvre du «projet culturel»,
c’est-à-dire un secrétariat national et un «réseau de laboratoires d’études
et de propositions répartis sur le territoire et regroupés par thèmes».
Le danger des sectes sataniques
A signaler enfin que la Conférence épiscopale dénonce, une fois encore
sans mâcher ses mots, le «danger social et spirituel» que représentent les
sectes sataniques, dont l’influence en Italie manifeste que des pans de la
société se sont éloignés de Dieu. Mgr Antonelli a rappelé à ce sujet que la
Bible condamne «le culte des idoles» et parle du «serpent» comme d’une «expression de Satan et de la culture idolâtrique».
Si aujourd’hui encore 90% des Italiens se déclarent catholiques, le secrétaire de la Conférence épiscopale a déploré un «affadissement de la
foi», qui explique que 70% des catholiques ne se sentent pas tenus par les
directives de l’Eglise. Là encore un sérieux examen de conscience est nécessaire, a-t-il indiqué en conclusion. (apic/imed/pr)



