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apic/Jaffa/Eglise mitraillée/Indignation chez les chrétiens
Jaffa: Un soldat israélien mitraille (230595)
et désacralise l’église Saint-Antoine
Indignation et colère chez les chrétiens après l’attaque d’un «fanatique»
Jaffa, 23mai(APIC) Après le mitraillage et la désacralisation lundi en
fin d’après-midi, par un jeune soldat juif «fanatique», de l’église catholique latine de Saint-Antoine à Jaffa, les rues de la ville arabe se sont
enflammées et des véhicules de la police ont été incendiés. Une douzaine de
personnes ont été blessées dans les échauffourées qui ont suivi l’attaque à
17h30 de l’église, où ne se trouvaient heureusement qu’un prêtre et des religieuses qui préparaient les lieux pour la messe du mois de Marie.
Selon le Patriarcat latin de Jérusalem, qui considère que c’est là
l’oeuvre du «fanatisme religieux», le soldat israélien, âgé de 21 ans, a
tiré plus de 400 balles et lancé des grenades, détruisant de nombreuses
statues et s’en prenant même au tabernacle, qui a été mitraillé. L’incendie
provoqué par les explosions a pu être maîtrisé. Le prêtre, le père franciscain Abd-el Masih, visé par le terroriste, a pu s’échapper et enfermer
l’agresseur, qui a été arrêté par une unité spéciale de la police.
La foule en colère a voulu en vain se saisir du soldat à la sortie de
l’église; ce dernier a pu être évacué par une autre sortie. Les manifestants ont alors dirigé leur rage contre la police et les médias présents
sur les lieux. Un des responsables de la police, Assaf Hefetz, a essayé de
calmer les manifestants de Jaffa en soulignant qu’une telle attaque devait
être condamnée de la même manière que l’attaque d’une synagogue. Les chrétiens de Jaffa sont environ 2’000, dont environ 400 catholiques latins.
Lundi dans la soirée, l’évêque auxiliaire de Nazareth, Mgr Boulos Marcuzzo, a tenté également de ramener le calme. Mardi, le vicaire général,
Mgr Hanna Kaldany, l’évêque auxiliaire du Patriarcat latin, Mgr Kamal Hanna
Bathish, ainsi que le nonce apostolique en Israël et le Custode de Terre
Sainte se sont rendus sur les lieux, ainsi que le ministre israélien des
affaires religieuses, Shimon Shetreet. Ce dernier s’est déclaré «choqué»
par cet acte d’une extrême gravité provenant d’un «extrémisme fanatique»
qui se répand dans les milieux de droite.
Dans un télégramme aux Franciscains, le ministre israélien a déclaré que
l’Etat paierait la réparation des dommages causés à ce lieu de culte. Il a
appelé les leaders politiques et religieux de la droite israélienne à prêcher davantage à leurs sympathisants le respect des lieux sacrés de toutes
les communautés religieuses. En raison de son histoire, le peuple juif a
l’obligation particulière de protéger les lieux de prière des autres communautés.
Bien que le président israélien Ezer Weizman ait parlé d’un acte isolé
qui ne peut pas porter atteinte aux bonnes relations entre juifs et
chrétiens, du côté catholique, on se montre plutôt réticent face aux
explications officielles. Les actes anti-chrétiens de «fous isolés» commis
par des juifs fanatiques se sont en effet multipliés ces derniers temps.
Pas la première attaque contre des lieux saints chrétiens
Le Père Adib, chancelier du Patriarcat latin de Jérusalem, a déclaré
mardi à l’agence APIC: «On dit que c’est un fou, officiellement, c’est toujours la même excuse! Mais c’est la deuxième fois que cela arrive ce moisci». La semaine dernière, un fanatique, «un autre soi-disant fou», qui portait une kippa sur la tête, a voulu brûler l’église de Gethsémani, au Mont
des Oliviers, à Jérusalem. Il a jeté des matières inflammables dans l’église, sur l’harmonium et sur le prêtre.
«Nous sommes dans un pays où il y a beaucoup de fanatisme religieux, et
cela s’accroît chaque jour», déplore le chancelier du Patriarcat latin. Les
chrétiens sont très indignés, surtout que le soldat a mitraillé le tabernacle, une balle est entrée et a renversé le ciboire où est gardé le SaintSacrement. «C’est un acte très grave!» Les chrétiens israéliens sont également sur les nerfs, après avoir tenté en vain, il y a deux semaines, d’empêcher la projection sur la tv câblée du film «La dernière tentation du
Christ». Le gouvernement israélien, arguant de la liberté d’expression, n’a
pas écouté les chrétiens arabes qui estimaient leurs sentiments religieux
blessés par cette projection. «Les chrétiens arabes se sentent un peu humiliés et affaiblis, on ne les prend pas en considération», déplore le Père
Adib. (apic/be)



