Le texte contient 37 lignes (max. 75 signes), 417 mots et 2665 signes.
apic/Jan Sarkander/ canonisation
Prague: lettre du pape au «senior» des Frères moraves (170595)
La canonisation de Jan Sarkander
est l’occasion de demander pardon et de pardonner
Prague, 17mai(APIC) Dans une lettre personnelle adressée mercredi au «senior» de l’Eglise évangélique des Frères moraves, Jean Paul II défend le
principe de la canonisation du contre-réformateur Jan Sarkander, à laquelle
il procédera dimanche à Olomouc, en République tchèque. Il ne s’agit en aucun cas de justifier la violence passée, mais d’honorer les mérites personnels d’un homme, explique-t-il.
Le pape dit comprendre les craintes et les soucis qui ont amené les
Frères moraves à renoncer à participer à la rencontre oecuménique prévue à
la nonciature de Prague.
Jean Paul II voit dans la canonisation de Jan Sarkander – mis à mort par
les autorités protestantes en 1620 – une occasion donnée par Dieu de s’exprimer de manière critique, dans un lieu symbolique, sur les guerres de religion du XVIIe siècle. Ces guerres ont fait de nombreuses victimes tant
protestantes que catholiques. Si Jean Paul II a accepté la proposition des
évêques tchèques de canoniser Jan Sarkander, c’est parce qu’elle offre
l’occasion d’assurer que de tels péchés contre l’amour du Christ ne se produiront plus.
Cet acte ne peut en aucun cas être considéré comme une justification ou
un assentiment à la violence passée, poursuit Jean Paul II dans son message
à Pavel Smetana. Il s’agit plutôt de reconnaître les mérites personnels
d’un «fils de la Bohème» aimé et vénéré par les catholiques qui le considèrent non pas comme une victime de la haine religieuse, mais comme un exemple simple et persistant de la fidélité et de l’amour chrétien. Jean Paul
II dit encore regretter de n’avoir pu écrire cette lettre plus tôt et exprimer ainsi son attention «au nom du Christ».
Dans la suite de la lettre, le pape rend hommage au courage avec lequel
les Tchéques, catholiques et protestants, ont résisté quotidiennement à la
persécution communiste et athée. Jean Paul II rappelle qu’il a visité au
cours de son pontificat de nombreux pays dans lesquels persiste fortement
le souvenir des conflits entre catholiques et protestants. Il a toujours
lancé des appels pressants afin que jamais les injustices du passé ne servent de points de référence pour les relations actuelles. Jean Paul II
écrit à Pavel Smetana: «Je suis profondément persuadé que le troisième millénaire de l’ère chrétienne représentera une grâce pour nous tous. Le temps
est venu de demander pardon et de pardonner, d’examiner les souffrances du
passé, et de travailler ensemble pour donner un témoignage clair de l’Evangile du Christ.» (apic/kpr/mp)



