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apic/Jean Paul II / Batholomée Ier

Rome: Le pape Jean-Paul II et le patriarche (300695)

Bartholomée Ier signent une déclaration commune

Rome, 30juin(APIC/CIP) Au terme de la visite de trois jours à Rome du patriarche Bartholomée Ier, le pape Jean-Paul II et le patriarche oecuménique

ont signé une déclaration commune qui salue les progrès accomplis dans le

rapprochement entre les deux Eglises catholique et orthodoxe, et encourage

les fidèles à progresser encore dans la recherche de la pleine unité des

chrétiens. L’agence CIP a traduit de l’italien le texte intégral de cette

déclaration. Les intertitres sont de la rédaction.

Le chemin parcouru

1. Nous rendons grâce à Dieu aussi pour notre rencontre fraternelle,

réalisée au nom du Seigneur et avec le désir humble et convaincu d’obéir à

sa volonté que ses disciples «soient un» (cf. Jn 17,21). Notre rencontre se

situe dans le sillage des autres grands événements qui ont vu nos Eglises

déclarer leur volonté de reléguer dans l’oubli les excommunications d’autrefois et de marcher sur le chemin de la recomposition de l’unité plénière. Nos vénérés prédécesseurs Athénagoras Ier et Paul VI se sont rendus en

pèlerinage à Jérusalem pour se rencontrer au nom du Seigneur, là précisément où le Seigneur, par sa mort et sa résurrection, a apporté aux hommes

le pardon et le salut. Ensuite, leurs rencontres au Phanar et à Rome ont

inauguré cette tradition nouvelle des visites fraternelles pour encourager

le véritable dialogue de charité et de vérité. Ces échanges de visites se

sont répétés durant le ministère du patriarche Dimitrios Ier, au moment où,

entre autres, a été déclaré ouvert le dialogue théologique. La redécouverte

fraternelle au nom de l’unique Seigneur nous a conduits à des discussions

franches, au dialogue qui recherche la compréhension et l’unité.

Vive le témoignage commun

2. Ce dialogue – à travers la Commission mixte internationale – s’est

révélé fécond et a fait des progrès substantiels. Il en ressort une conception sacramentelle commune de l’Eglise, conception soutenue et transmise à

travers le temps par la succession apostolique. Dans nos Eglises, la succession apostolique est fondamentale pour la sanctification et l’unité du

peuple de Dieu. Considérant que dans chaque Eglise locale se réalise le mystère de l’amour divin et que, de cette façon, l’Eglise du Christ manifeste

sa présence effective en chacune d’elles, la Commission mixte a pu déclarer

que nos Eglises se reconnaissent comme Eglises soeurs, portant ensemble la

responsabilité de la sauvegarde de l’unique Eglise de Dieu dans la fidélité

au dessein divin, et de façon toute spéciale pour ce qui regarde l’unité.

Du fond du coeur, nous rendons grâce au Seigneur de l’Eglise parce que,

non seulement ces affirmations faites ensemble accélèrent la recherche de

solutions aux difficultés existantes, mais les catholiques et les orthodoxes sont dès à présent capables de donner un témoignage commun de leur foi.

En marche vers l’an 2000

3. Ceci est particulièrement opportun à la veille du troisième millénaire, alors que, deux mille ans après la naissance du Christ, tous les chrétiens se préparent à faire un examen de conscience sur leurs manières d’annoncer le salut dans l’histoire et parmi les hommes. Nous célébrerons ce

grand Jubilé alors que nous cheminons vers l’unité plénière et vers ce jour

béni – que nous espérons proche dans la prière – où nous pourrons participer au même pain et au même calice, dans l’unique Eucharistie du Seigneur.

Nous invitons nos fidèles a faire ensemble, sur le plan spirituel, ce

pèlerinage vers le Jubilé. La réflexion, la prière, le dialogue, le pardon

mutuel et la charité fraternelle des uns et des autres nous rapprocheront

davantage du Seigneur et nous aiderons à mieux comprendre sa volonté pour

l’Eglise et pour l’humanité.

Réconciliation et collaboration

4. C’est dans cette perspective que nous exhortons nos fidèles, catholiques et orthodoxes, à renforcer l’esprit de fraternité qui provient de

l’unique baptême et de la participation à la vie sacramentelle. Au cours de

l’histoire et du passé plus récent, il y a eu des offenses réciproques et

des actes de vexation ; alors que nous nous apprêtons, dans les circonstances actuelles, à implorer du Seigneur sa grande miséricorde, nous invitons

tous les fidèles à se pardonner réciproquement et à manifester une ferme

volonté de voir s’instaurer un nouveau rapport de fraternité et de collaboration active.

Un tel esprit devrait encourager les catholiques et les orthodoxes, surtout là où ils vivent les uns à côté des autres, à une collaboration plus

intense dans les champs culturel, spirituel, pastoral, éducatif et social,

en évitant chacun toute tentation de zèle indu pour sa propre communauté au

détriment de l’autre. Que prévale toujours le bien de l’Eglise du Christ!

Le soutien réciproque et l’échange de dons ne peuvent que rendre plus efficace la même action pastorale et plus transparent le témoignage à l’Evangile que nous voulons annoncer.

Ensemble pour la paix et la justice

5. Nous pensons qu’une collaboration plus active et la concertation

pourra également faciliter l’influence de l’Eglise en faveur de la paix et

de la justice dans les zones de conflits d’origine politique ou ethnique.

La foi chrétienne a une possibilité inédite de résoudre les tensions et les

inimitiés de l’humanité.

6. Le pape de Rome et le patriarche oecuménique, durant leur rencontre,

ont prié pour l’unité de tous les chrétiens. Dans leur prière, ils ont inclus tous ceux qui, de par leur baptême, sont incorporés au Christ et ils

ont demandé pour leur communauté diverse une fidélité toujours plus profonde à Son Evangile.

Pour l’Europe et l’humanité

7. Ils portent dans leur coeur la préoccupation de l’humanité entière,

en dehors de toute discrimination de race, de couleur, de langue, d’idéologie et de religion. C’est pourquoi ils encouragent le dialogue, non seulement entre les Eglises chrétiennes, mais aussi avec les diverses religions,

et surtout avec les religions monothéistes.

Tout ceci constitue, sans aucun doute, une contribution et une condition

nécessaire à la consolidation de la paix dans le monde, pour laquelle nos

Eglises ne cessent de prier. C’est dans cet esprit que nous déclarons, sans

hésitation, être en faveur de la concorde des peuples et de leur collaboration, spécialement pour ce qui nous regarde plus directement; et nous

prions pour la réalisation plénière et sans retard de l’Union européenne,

en souhaitant que ses frontières s’élargissent vers l’Est.

En même temps, nous lançons un appel pour que tous, avec la plus grande

attention, s’engagent sur les problèmes écologiques actuels et brûlants,

afin de conjurer le grand danger que le monde encourt aujourd’hui à cause

de l’utilisation abusive des ressources qui sont données par Dieu.

Daigne le Seigneur guérir les plaies qui tourmentent aujourd’hui l’humanité et écouter notre prière et celle de nos fidèles pour la paix dans

l’Eglise et dans le monde entier. (apic/cip/mp)

30 juin 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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