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apic/Jean Paul II/Instituts séculiers/ 50 ans
Rome:Symposium de la Conférence mondiale des Instituts séculiers(030297)
50 ans de reconnaissance canonique
Rome, 3février(APIC) Les Instituts séculiers de vie consacrée représentent, dans le contexte culturel et social actuel, un «risque» courageux:
ils assument une «responsabilité» pour édifier un monde plus juste. Le pape
Jean-Paul II l’a affirmé en ouverture du Symposium international de la Conférence mondiale des Instituts séculiers, à l’occasion des 50 ans de leur
reconnaissance canonique.
Le Symposium, qui rassemble près de 250 participants, se tient cette semaine à Rome. Rappelons que dans les Instituts séculiers, il n’y a pas de
voeux publics, la vie commune ne s’impose pas; c’est dans le monde que
leurs membres se sanctifient et pratiquent l’apostolat selon les constitutions de leur Institut. Pour eux, les deux appels – l’appel du monde et
l’appel de Dieu – n’en font qu’un. Plus de 150 Instituts, représentant
quelque 50’000 personnes, sont reconnus et présents dans toutes les parties
du monde.
Il y a 50 ans, sous le pontificat de Pie XII, la Constitution apostolique «Provida Ecclesia Mater» donnait en effet aux Instituts séculiers une
assise canonique confirmant leur expérience de vie consacrée au coeur du
monde, du «siècle», comme leur nom l’indique. Une forme de vie consacrée
dont le pape souligne l’aspect «prophétique».
Le pape remonte à l’intuition spirituelle de saint François de Sales
pour qui la perfection de la vie chrétienne devait être vécue dans tous les
milieux sociaux, dans tous les états de vie, de la boutique de l’artisan à
la caserne du soldat. C’est ce que le Concile Vatican II a repris en
réaffirmant la vocation de tous les baptisés à la sainteté.
Ainsi, la vie religieuse, au sens canonique strict, n’épuise pas la
possibilité de «suite intégrale du Seigneur», remarque Jean-Paul II. La vie
consacrée «séculière» représente pour sa part une espérance de renouveau
chrétien des familles, des milieux professionnels et sociaux. Un nouvel
élan apostolique est ainsi rendu possible dans des milieux difficilement
accessibles au message de l’Evangile.
Jean-Paul II rappelle la part qu’a prise le futur Paul VI dans
l’élaboration des statuts canoniques des Instituts séculiers. Pour Mgr
Montini, ils constituaient une réponse à son inquiétude profonde: comment
faire la synthèse entre la pleine donation au Christ selon les «conseils
évangéliques» et une action qui transforme le monde de l’intérieur.
Ne pas reléguer Dieu dans la sphère privée
Le pape oppose cette forme d’engagement exigeante à une fausse conception de la «sécularité» selon laquelle Dieu reste étranger à la construction de «l’avenir de l’humanité». Le choix de Dieu est relégué à une affaire privée, qu’on peut tout au plus «tolérer», mais sans incidence sur la
culture ou la société.
Les Instituts séculiers répondent donc à ce défi: conjuguer le maximum
de don à Dieu et le maximum de participation, comme le rappelle le nom de
la Constitution conciliaire «Gaudium et Spes», aux joies et aux espérances,
aux angoisses et aux douleurs du monde. Et cela pour ouvrir le monde au
dessein de salut de Dieu.
Une Eglise intransigeante contre tout choix de mort
Selon les termes du pape, ces Instituts sont pour le monde signes d’une
«Eglise amie des hommes» et capable de consoler «toute sorte d’affliction».
Et Jean-Paul II d’ajouter immédiatement: «mais aussi intransigeante contre
tout choix de mort, de violence, de mensonge et d’injustice». Dans ce sens,
ces Instituts sont une «modalité providentielle et efficace de témoignage
évangélique».
De fait, explique le pape, le monde, sans toujours en être conscient,
aspire à rencontrer la vérité de l’Evangile pour un progrès de l’humanité
«véritable» et «intégral». C’est pourquoi le témoignage des Instituts séculiers doit être «limpide», opérant une vivante synthèse entre foi et vie,
Evangile et histoire, don à Dieu et service fraternel. (apic/imedia/be)



