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apic/Jean Paul II/Retour d’Asie
Rome: Retour du pape Jean Paul II de sa visite pastorale en Asie (220195)
Fatigué, mais prêt à reprendre son bâton de pèlerin
Colombo/Rome, 22janvier(APIC) A peine retourné de son harassant voyage de
onze jours en Asie – 33’000 kilomètres de déplacements pimentés de nombreux
changements climatiques et horaires – le pape pense à de nouvelles visites
pastorales. Dans l’avion qui le ramenait samedi soir du Sri Lanka à Rome,
Jean Paul II s’est certes déclaré fatigué, mais prêt à reprendre son bâton
de pèlerin. Plusieurs visites sont prévues cette année en Europe, en Afrique et en Amérique.
Jean-Paul II se rendra en effet en Afrique septembre prochain, dans le
prolongement du Synode pour l’Afrique qui s’est tenu à Rome au printemps
passé. Il sera en Tchéquie en mai et en Slovaquie en juillet. Outre sa visite en Belgique, pour la béatification du Père Damien De Veuster, l’apôtre
belge des lépreux, le pape doit encore se rendre cette année aux EtatsUnis, d’abord à New York, pour le 50e anniversaire de l’ONU, puis dans plusieurs diocèses.
Unique fausse note: le boycott des bouddhistes à Colombo
Une fausse note samedi à Colombo a marqué le terme du 63e voyage du pape
Jean Paul II à l’étranger: le boycott par les représentants du clergé
bouddhiste de la rencontre interreligieuse au BNI-Conference Hall à laquelle les quatre grandes religions du Sri Lanka avaient été invitées samedi
matin. Motif: les représentants du bouddhisme se sont sentis blessés par
les propos négatifs sur le bouddhisme se trouvant dans le dernier livre de
Jean Paul II, «Entrez dans l’espérance».
Malgré la «main de l’amitié» tendue dès son arrivée à Colombo par le pape Jean Paul II, les nombreuses paroles de respect et d’estime à l’égard du
bouddhisme prononcées tout au long de son voyage en Asie et les explications fournies par la Conférence des évêques catholiques du Sri Lanka, le
seul bouddhiste présent à la rencontre a été Laksham Jakodi, ministre des
cultes… dans son rôle de représentant officiel du gouvernement. Une décision qui n’a pas laissé le Vatican indifférent, mais que son porte-parole
Joaquin Navarro Valls a expliquée par des problèmes internes au Sri Lanka,
où le bouddhisme, en pleine renaissance depuis quelques années, cherche à
fortifier sa position au sein de l’Etat.
La religion doit toujours rester une source d’harmonie et de paix
«Je suis fermement convaincu que le moment est venu dans l’histoire humaine pour que les fidèles des différentes religions cherchent un nouveau
respect réciproque», a lancé le pape lors de cette dernière journée asiatique. Dans un pays déchiré par un conflit interethnique et politique qui a
fait plus de 30’000 morts en une décennie, le pape a insisté devant les
leaders religieux chrétiens, musulmans et hindouistes réunis pour l’occasion sur «le défi que représente pour les croyants et pour leurs responsables le fait d’assurer que la religion reste toujours une source d’harmonie
et de paix».
En réaffirmant le respect profond et constant que l’Eglise nourrit pour
les valeurs spirituelles et culturelles des religions présentes au Sri Lanka, le pape a appelé chacune d’elle à la «coopération» pour affronter le
défi de la crise des valeurs qui sévit dans la société. Il faut se fixer,
a-t-il lancé, sur ce qui unit et non sur ce qui divise, afin de proclamer
la «sacralité de la vie humaine à la face du monde».
Non au prosélytisme, oui à la mission
Pour Jean Paul II, cette coopération est également souhaitable afin de
«promouvoir des modèles politiques et socio-économiques moralement justes».
Après avoir affirmé que l’Eglise respecte la liberté des individus dans la
recherche de la vérité et dans sa découverte selon les normes de la conscience, le Souverain pontife a repoussé avec fermeté devant les chefs des
autres religions «le prosélytisme et l’usage des moyens non éthiques pour
convertir».
Lors de la cérémonie de béatification du missionnaire Joseph Vaz
(1651-1711), «deuxième fondateur de l’Eglise au Sri Lanka», à laquelle ont
pris part au «Galle Face Green» de Colombo quelque 300’000 personnes, dont
un groupe de bouddhistes, le Souverain pontife est revenu sur le dialogue
interreligieux. Méditant sur la Déclaration sur les religions non chrétiennes du Concile Vatican II, Jean Paul II a exprimé à nouveau la profonde
estime de l’Eglise pour les religions anciennes de l’Asie et, en particulier pour le bouddhisme et l’hindouisme. D’un côté, a-t-il déclaré,
«l’Eglise respecte ces religions pour leur capacité à transmettre un sens
religieux profond à la vie de leurs fidèles», mais elle entend «ne jamais
cesser de proclamer que Jésus Christ est la voie, la vérité et la vie».
Dans cette ligne, le pape a donné en modèle la vie du Père Vaz, «un
grand prêtre missionnaire». Indien d’origine portugaise, venu secrètement
de Goa dans l’île de Ceylan à une époque où elle était sous la domination
hollandaise, et où les colonisateurs d’obédience calviniste avaient interdit le culte catholique, il y fonda une mission clandestine et rassembla
les catholiques qui étaient restés sur place après l’expulsion des missionnaires. Persécuté, emprisonné, le Père Vaz a tenu bon et les fidèles avec
lui. Une homélie du pape toute tendue vers l’objectif de stimuler «l’Eglise
du Sri Lanka, qui a besoin de catholiques fervents».
Avant de quitter le pays, lors de la rencontre avec les évêques du pays,
le pape a d’ailleurs rappelé leur mission de «gardiens et de maîtres authentiques de la foi catholique». Le Souverain pontife les a encore encouragés à ne pas rester silencieux devant les déchirements que connaît leur
patrie: «Face aux tensions et aux conflits ethniques qui touchent votre
pays et aux menaces contre la dignité et contre les droits de l’homme, vous
avez le devoir de parler à haute voix et d’encourager tous les hommes et
les femmes de bonne volonté à chercher le triomphe de la justice, de la
vérité et de l’harmonie».
Il a finalement demandé aux évêques catholiques de l’île de construire
des ponts de compréhension et de coopération avec les fidèles des autres
religions et, avant de prendre l’avion, a encore encouragé le gouvernement
de Colombo et les autres parties en conflit au Sri Lanka à persévérer dans
les négociations «pour la promotion du développement intégral du Sri Lanka». (apic/cic/kna/jmg/be)



