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apic/Jérusalem/Appel/Chrétiens et musulmans
Jérusalem ne doit pas être oubliée, affirment chrétiens et musulmans
Inquiétude des responsables religieux
contre les visées d’Israël à «judaïser Jérusalem (010796)
Genève, 1erjuillet(APIC) La communauté internationale, les chrétiens et
les musulmans négligent l’importance de Jérusalem. Cette mise en accusation
a été lancée sous forme d’appel par des responsables religieux musulmans et
chrétiens du Moyen-Orient, réunis la semaine dernière à Beyrouth par le
Conseil des Eglises du Moyen-Orient (CEMO).
Les représentants chrétiens du monde arabe ainsi que les musulmans présents à la «Conférence de Jérusalem» mettent en garde contre les «efforts
d’Israël visant à judaïser Jérusalem», surtout après la victoire de Netanyahu lors des dernières élections. D’où l’appel lancé pour sensibiliser la
communauté internationale à la question de l’avenir de Jérusalem, «Ville
sainte pour les trois religions monothéistes».
Les données statistiques fournies par la municipalité de Jérusalem expliquent l’inquiétude des chrétiens et des musulmans. Si en 1840 les chrétiens formaient 25,5% de la population de la Ville sainte, contre 35,6% de
musulmans et 38,7% de juifs, ils ne représentent plus aujourd’hui que 2,1%.
Nette diminution également pour la population musulmane, avec 26,5% seulement, contre 71,3% de juifs (chiffres de 1994).
Un grand nombre d’Eglises de la région – catholique romaine, protestantes et orthodoxes – étaient représentées à la «Conférence de Jérusalem» par
leurs dirigeants; d’autres ont envoyé des délégations de haut niveau. Des
responsables religieux musulmans, sunnites et chiites, de Syrie, du Liban,
d’Egypte, de Jordanie, de Jérusalem et du Soudan, étaient également présents.
L’avenir de la ville sainte en question
Le problème du statut de Jérusalem est particulièrement délicat. Les
dernières élections israéliennes, remportées par Benjamin Netanyahu, ont
renforcé le doute sur l’avenir des négociations prévues pour décider du
statut de la ville.
Les participants à la conférence ont publié un «Appel pour Jérusalem».
Outre la dénonciation lancée contre l’Etat d’Israël de «judaïser Jérusalem», ils accusent «diverses puissances internationales» – dont les EtatsUnis, principal soutien financier et politique d’Israël – de complicité par leur aide à ce pays – dans les «violations des droits de la population
arabe par Israël, et les violations contre les lieux saints chrétiens et
musulmans».
Les propositions visant à «internationaliser» la ville sainte ne sont
pas les bonnes, affirment encore les responsables chrétiens et musulmans.
Selon eux, «la seule solution serait le rétablissement de la souveraineté
arabe, rattachant Jérusalem à la Palestine». Des suggestions visant à garantir à la ville – ou aux lieux saints – un statut spécial international
ont été faites au cours de ces dernières années, et notamment par le Vatican.
La Conférence, réunie sur le thème «Muslims and Christians Together for
Jerusalem’s Sake» (musulmans et chrétiens ensemble pour Jérusalem), constitue un événement majeur dans le domaine de la coopération entre communautés
musulmanes et chrétiennes du monde arabe. «Ce fut une réunion sans précédent. C’est une première, puisque elle a rassemblé presque tous les hauts
responsables musulmans et chrétiens du monde arabe», a déclaré à l’Agence
oecuménique ENI Tarek Mitri, spécialiste des relations entre chrétiens et
musulmans, à l’issue de la réunion.
L’affinité des chrétiens et des musulmans de la région
Alors que chrétiens et musulmans de la région ont des intérêts communs
en de nombreux domaines, a ajouté Tarek Mitri, membre du personnel exécutif
du Conseil oecuménique des Eglises (COE) et présent à la conférence, il
n’est pas surprenant que la question de Jérusalem réunisse les responsables
religieux. Chaque fois que des chrétiens rencontrent des musulmans, ils
évoquent invariablement le problème de Jérusalem et «c’est un sujet sur lequel ils se retrouvent unis, spirituellement et politiquement».
«Ce fut un rassemblement de dirigeants religieux et non d’hommes politiques», a encore déclaré T. Mitri. «Leur objectif était de s’exprimer vigoureusement et de montrer que les chrétiens et les musulmans sont unis sur la
question de Jérusalem et que le problème doit rester à l’ordre du jour de
la communauté mondiale.
Peu avant la conférence, les représentants des trois Eglises orthodoxes
– le pape Shenouda III, de l’Eglise orthodoxe copte, le catholicos Aram
Ier, du siège de Cilicie, de l’Eglise apostolique arménienne, le patriarche
Zacca Ier Iwas, de l’Eglise orthodoxe syrienne – s’étaient rencontrés au
Liban. «Nous réaffirmons notre soutien à la cause arabe juste, à la nécessité de rétablir la paix permanente dans la région, qui ne peut être instaurée que lorsque les terres arabes seront rendues à leurs propriétaires
légitimes. Nous réaffirmons les liens profonds qui nous unissent à la Ville
sainte de Jérusalem, où les droits des chrétiens et ceux de nos trois Eglises devraient être garantis», devaient-ils souligner dans la déclaration
publiée à l’issue de leur rencontre. Et pour donner le ton à la rencontre
de Beyrouth.
Les trois leaders religieux préconisnt le renforcement de la coopération
entre les Eglises de leur région «particulièrement en ce moment décisif de
l’histoire du Moyen-Orient». Pour eux, le «dialogue existentiel» avec des
musulmans fait partie de la vie quotidienne des chrétiens du Moyen-Orient.
(apic/eni/pr)



