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apic/Journée des réfugiés/Appel/Eglises

Suisse: Appel des Eglises et communautés religieuses

pour le sabbat et le dimanche des réfugiés, les 17 et 18 juin

«Faire le nécessaire» ensemble et avec les oeuvres d’entraide (140695)

Lucerne/Fribourg, 14juin(APIC) Placé sous le slogan «Faire le nécessaire», le week-end des réfugiés sera célébré les 17 et 18 juin. Deux jours

durant lesquels ce slogan «nous rappellera que l’accueil et l’encadrement

des réfugiés restent une tâche essentielle pour la Suisse», dit Caritas

Suisse dans un communiqué. Une affirmation que partagent dans un appel signé en commun la Conférence des évêques suisses (CES), la Fédération des

Eglises protestantes de la Suisse (FEPS), l’Eglise catholique-chrétienne et

la Fédération suisse des communautés israélites.

Pour Caritas, l’aide aux réfugiés est à l’heure actuelle souvent remise

en question et les budgets sont à la baisse. Raison de plus pour que

l’oeuvre caritative catholique réaffirme son engagement dans ce domaine,

selon ses principes éthiques et humanitaires. L’Eglise catholique et les

communautés religieuses souhaitent que l’action des oeuvres d’entraide soit

soutenue.

En 1994, 16’134 requérants d’asile se sont présentés aux «portes» de la

Suisse, soit un tiers de moins qu’en 1993. Ils venaient d’ex-Yougoslavie,

du Sri Lanka, de Turquie, d’Angola, de Somalie… de pays en proie à la

guerre. «Ils sont venus en Suisse chercher des conditions de vie acceptables. Caritas continuera à s’engager pour qu’ils obtiennent le droit de

vivre mieux».

Aujourd’hui, dit Caritas, la notion de réfugié est comprise de manière

si restrictive que de nombreuses victimes de la violence ne sont plus considérées comme des réfugiés. L’an dernier, seuls 2’937 requérants ont été

reconnus officiellement comme tels. «Il est plus que temps que le statut de

réfugié de la violence soit reconnu».

Caritas n’en continue pas moins de poursuivre ses efforts pour offrir un

encadrement adapté à la culture spécifique des réfugiés. De nombreuses personnes restent marquées par les scènes de violence auxquelles elles ont assisté. Pour gérer cette situation, les collaborateurs de l’organisation ont

reçu des cours de formation continue. Quant aux services de consultation

juridique destinés à renseigner les réfugiés, ils sont pris d’assaut. Caritas explique cela par la grande insécurité ressentie par les réfugiés,

notamment Tamouls. La Suisse a en effet conclu avec le Sri Lanka un accord

de rappatriement et les réfugés ne sont pas fixés sur leur sort.

Appel commun des Eglises et communautés religieuses

Dans un appel signé conjointement – Mgr Henri Salina, pour la CES, le

pasteur Heinrich Rusterholz (FEPS), l’évêque Hans Gerny, pour l’Eglise catholique-chrétienne, et Rolf Bloch, président de la Fédération suisse des

communautés israélites -, les Eglises et communautés religieuses en Suisse

soulignent que ce n’est pas un hasard si le sabbat et le dimanche des réfugiés ont cette année pour slogan «Aide aux réfugiés – Faire le nécessaire».

Les oeuvres d’entraide engagées dans ce domaine veulent en effet rappeler que l’accueil et l’encadrement des réfugiés restent une tâche nécessaire à tous égards, expliquent-ils.

En cette période où les finances publiques subissent toute une série de

restrictions, au point que l’aide aux réfugiés est ouvertement remise en

question, l’engagement des oeuvres d’entraide importe plus que jamais, insistent-ils. Par leur travail et leur implication personnelles, les collaborateurs de ces oeuvres «prouvent que notre pays est prêt à contribuer aux

obligations de la Communauté internationale».

«La justice grandit une nation», lit-on dans le livre des Proverbes.

«D’après la Bible, le prestige et la réussite d’une nation ne se mesurent

donc pas qu’au succès économique. Notre qualité de vie et notre capacité à

cohabiter en paix dépendent bien davantage des chances que nous accordons

aux faibles et aux défavorisés, de ce que nous entreprenons pour la défense

des droits de l’homme, ainsi que de notre tolérance et de notre ouverture

au dialogue».

Pour les signataires de l’appel, même si les oeuvres d’entraide effectuent un travail professionnel et efficace, «nous ne pouvons pas nous

reposer entièrement sur elles pour ce qui est de l’aide aux réfugiés, car

leurs efforts ne peuvent aboutir que dans un contexte où on se bat contre

les préjugés à l’encontre des étrangers, où on prône des solutions pacifiques et où on recherche le dialogue au-delà des barrières culturelles et

idéologiques».

L’appel à «Faire le nécessaire» s’adresse avant tout aux paroisses et

aux groupements politiques, aux institutions de formation… «Mais en fin

de compte il nous concerne tous, tant que nous sommes, dans notre environnement quotidien». (apic/com/pr)

14 juin 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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