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apic/Jubilé Fête Dieu /Liège
Belgique:750 ans après avoir lancé la Fête-Dieu, le diocèse(220995)
de Liège invite à redécouvrir l’eucharistie et ses implications
Liège, 22septembre(APIC) En 1996, il y aura 750 ans que prenait forme,
dans l’Eglise, la première fête de l’eucharistie ou Fête-Dieu. L’initiative
en revient à deux Liégeoises, sainte Julienne de Cornillon et son amie, la
bienheureuse Eve de Saint-Martin. Le diocèse de Liège célébrera ce jubilé à
travers diverses manifestations étalées tout au long d’une année pastorale
placée sous le thème «Eucharistie et solidarité».
Il ne s’agit pas, pour le diocèse de Liège, de restaurer la Fête-Dieu
dans ses fastes d’antan, encore moins de célébrer l’eucharistie en dehors
de l’esprit du renouveau prôné il y a trente ans par le Concile Vatican II.
D’ailleurs, souligne Mgr Albert Houssiau, évêque de Liège, «le renouveau
liturgique prôné par le Concile n’a pas encore donné tous ses fruits». Ces
fruits doivent mûrir non seulement en liturgie, mais encore dans d’autres
branches de l’activité ecclésiale. «L’eucharistie est, en effet, la source,
le centre et le sommet de toute l’activité spirituelle et caritative de
l’Eglise», rappelle l’évêque.
Les intuitions originales de Julienne de Cornillon sont plus proches de
ce renouveau conciliaire qu’on ne l’imaginerait sur la base de certaines
images pieuses des derniers siècles. Julienne n’a jamais voulu, selon les
historiens, promouvoir la vision de l’hostie et l’adoration du Saint-Sacrement. Cette femme consacrée à la prière et au service des lépreux, à une
époque où l’on communiait rarement, souhaitait que l’on célébre, à travers
l’eucharistie, la présence vivante du Christ au milieu de son peuple et que
tous communient à cette présence. Julienne eut durant une vingtaine d’années la vision insistante d’une pleine lune, à laquelle il manquait un
quartier. On peut y reconnaître une image de l’hostie, au moment de la
fraction du pain. Julienne y découvrit aussi le symbole de l’Eglise, à laquelle il manquait une fête.
Foi et solidarité
C’est donc sur les traces de Julienne et dans le sillage de Vatican II
que le diocèse de Liège envisage le Jubilé de la Fête-Dieu. Rassemblement
communautaire autour d’un Vivant; ouverture à une présence offerte à travers la Parole, le pain et le vin; action de grâce, comme le suggère d’ailleurs la racine grecque du mot «eucharistie»; communion dans la diversité… Il y a tant d’aspects de l’eucharistie qui méritent d’être redécouverts et approfondis. Un de ces aspects sera spécialement mis en évidence
durant l’année pastorale 1995-1996: «Eucharistie et solidarité». «Le volet
social est d’une importance capitale, souligne le doyen de St-Martin, si
l’on ne veut pas dissocier le rite et la vie, créer une rupture entre le
sacrement de l’autel et celui du frère!»
Manifestations
Plusieurs manifestations sont déjà inscrites au programme officiel du
Jubilé, parmi lesquelles une journée pastorale et interdiocésaine sur
«L’Eucharistie au coeur de la vie de l’Eglise», avec Mgr François Favreau,
évêque de Nanterre (9 mars); un forum sur la lutte contre les exclusions
(30 mars); un rassemblement des jeunes pour le Jeudi-Saint (4 avril); la
célébration liturgique du jour de la Fête-Dieu à la basilique St-Martin (6
juin); l’eucharistie solennelle du dimanche de la Fête-Dieu, présidée par
le cardinal Etchegaray et retransmise en eurovision (le dimanche 9 juin à
la basilique St-Martin; un rassemblement interdiocésain et international
autour de la Fête-Dieu (dimanche 16 juin); une journée de réflexion sur les
handicapés dans la vie quotidienne, avec conférence finale de Jean Vanier,
fondateur des Communautés de l’Arche (12 septembre), un Congrès historique
sur l’eucharistie au XIIIe siècle (12-14 septembre)…
St-Martin accessible
Après avoir vu naître la Fête-Dieu en 1246, l’ancienne collégiale dédiée
à St-Martin de Tours, sur la colline liégeoise de Publémont, a subi dans
les deux siècles suivants un incendie et un pillage. Sa reconstruction, au
début du XVIe, n’a conservé de l’architecture médiévale que la tour occidentale. Ce qui a valu à l’édifice d’être doté d’une superbe voûte, et plus
encore de remarquables vitraux.
Depuis 1990, la basilique est en pleine restauration. Les deux premières
phases des travaux seront terminées pour le Jubilé : à savoir le grosoeuvre du choeur, de la nef centrale et de la tour. On pourra admirer dans
le choeur les vitraux du XVIe siècle, ainsi que les nouvelles verrières sud
de la haute-nef centrale. Il restera ensuite trois autres phases : la réfection du transept, puis celle des basses-nefs, enfin la rénovation et
l’aménagement de l’intérieur.
La basilique sera encore à l’état de chantier pour le jubilé, mais les
travaux seront arrêtés de fin mars à fin octobre. Durant cette période, la
basilique sera accessible de 14h à 17h (et à d’autres moments pour visites
de groupes). Quelques pièces du trésor de St-Martin y seront exposées.
(apic/cip/pr)




