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apic/Jura/Ministères laïcs
Jura: Les ministères laïcs, une chance pour demain (250994)
Semaine de formation des responsables en pastorale
Delémont, 25septembre(APIC) 42 prêtres et 29 laïcs jurassiens ont participé à la traditionnelle semaine de formation des responsables en pastorale
de la partie francophone du diocèse de Bâle, qui vient de s’achever à Sancey, en France voisine. Ils ont relu l’histoire qui fonde leurs ministères
en compagnie du Père jésuite Bernard Sesboüé, professeur de théologie au
Centre Sèvres à Paris.
Le P. Sesboüé a donné un éclairage théologique à ce phémonène nouveau
dans l’Eglise qui est l’émergence des ministères laïcs. «Toute la communauté est en situation de service de l’Evangile pour le monde». Cette première
exigence de l’existence chrétienne fonde les ministères en fonction des
dons multiples de l’Esprit.
Dans l’évolution de l’Eglise catholique-romaine, le Concile de Trente au
16ème siècle et Vatican II au 20ème siècle parleront des ministères ordonnés: diacres, prêtres et évêques. Or, de plus en plus de laïcs participent
au ministère pastoral. Investis d’une lettre de mission de l’évêque, ils
annoncent la Parole, animent et rassemblent la communauté, préparent aux
sacrements.
Le laïc suppléant du prêtre
«Le ministère partagé dans une équipe prêtres-laïcs est-il une solution
de suppléance ou une émergence de la richesse ministérielle de l’Eglise?».
Le P. Sesboüé a donné quatre clefs de lecture pour arriver à entrer dans un
processus de reconnaissance et d’identification du ministère pastoral laïc.
Elle porte sur la vocation et la spiritualité. La seconde est épiscopale.
Pour le P. Sesboüé, non seulement l’évêque signera une lettre d’envoi en
mission, mais il veillera à la qualité de la relation nouée avec le laïc.
La troisième est la reconnaissance. «Pour qu’un ministère soit reconnu
dans l’Eglise, il s’agit aussi que ses destinataires puissent le juger à
ses fruits». Une mère de famille présentait ainsi le laïc aumônier de l’hôpital: «Voici mon confesseur». Enfin, la reconnaissance passera à la fois
par les prêtres et l’ensemble du peuple chrétien. «C’est la plus difficile,
avertit le conférencier, c’est pourquoi cette émergence d’un nouveau type
de ministères doit se faire en relation de compagnonnage avec les prêtres.
Les paroles n’y suffiront pas!».
Conversion personnelle
Quelles sont les conséquences et les changements qu’impliquent les quatre composantes proposées par le P. Sesboüé? Voici la réponse d’un groupe
qui résume bien toutes les autres: «Nous optons pour une Eglise entièrement
ministérielle et missionnaire au service du monde à évangéliser et non préoccupée par le seul fonctionnement de ses institutions. Pour cela, la diversité des ministères est une chance, parce qu’ils offrent des compétences
et des expressions variées. L’exigence ou le changement qui en découle
s’appelle le partenariat. Il se concrétise dans la concertation, la
confrontation, l’interpellation, le partage, la prière commune, la
confiance, la reconnaissance de l’identité de chacun. Il implique une
conversion permanente».
Mgr Joseph Candolfi, évêque auxiliaire, a participé à la session. Il
s’est dit heureux d’entendre «une lecture théologique de ce que nous essayons de vivre depuis 1968». A cette époque, a-t-il confié, nous pensions
que l’Eglise modifierait la clause du célibat dans le sacerdoce. «Nous
avons donné des responsabilités paroissiales à de nombreux théologiens
laïcs. A certains endroits du diocèse, ils sont plus nombreux que les prêtres. Et nous avons quelques difficultés. Malgré cela, je pense que les
laïcs ont leur rôle à jouer. Leur place n’est pas encore trouvée. Elle se
fera en collaboration avec les responsables de l’Eglise mais aussi avec
tous les fidèles». (apic/sic/mif/be)




