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apic/Kasaï/Couvent pillé par des militaires/Les religieux sur leur garde/

Zaïre:Un couvent assiégé par les militaires au Kasaï (240197)

Les maisons religieuses cibles de bandits armés

Bruxelles, 24janvier (APIC) Les soldats de l’armée de Mobutu ne sévissent

pas que dans l’est du Zaïre:dans le Kasaï, réputé stable, un couvent des

soeurs de la Charité de Gand vient d’être pillé par des bandits et des voleurs emmenés par des militaires. «Sous le regard indifférent ou complice

des autorités», affirme dans un communiqué le Bureau provincial «Justice et

Paix» des religieux scheutistes du Kasaï.

Ce pillage a duré cinq jours, du 2 au 6 janvier, affirment les religieux

dans le communiqué qu’ils ont pu faire parvenir cette semaine à Bruxelles.

Ce message est adressé à Amnesty International, au Réseau Foi et Justice

Afrique-Europe, au «Africa Faith and Justice Network/USA et à la Fédération

Internationale de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture

(FIACAT) «pour dénoncer une situation qui tend à se répéter sous le regard

indifférent des autorités».

Début janvier, une bande armée emmenée par des militaires non payés a

assiégé, molesté et volé une communauté des Soeurs de la Charité du Lycée

Buena Muntu (ex-Janua Coeli) à Kananga, jetant des pierres sur leur résidence la nuit, tirant des coups de feu, cassant des portes et vidant les

magasins de stockage des soeurs et de leurs écoles. Les religieuses, toutes

Zaïroises, ont passé quatre nuits blanches réfugiées à la procure, avant

que les autorités se décident enfin à intervenir.

Graves accusations contre la dictature de Mobutu

«Ceci n’est pas un fruit du hasard, relève le responsable du Bureau Justice et Paix, mais bien un projet de déstabilisation et de destruction de

toute structure qui reste encore fidèle au cri du peuple pauvre, qui est un

retentissement du cri de Dieu pour la libération de son peuple. En ces moments, ce sont les Eglises, l’Eglise catholique en tête, qui sont les premières à combattre la négation de la vie digne et juste soutenue par la

dictature pendant des années.»

«Tout ceci se perpétue sous le regard indifférent ou complice des autorités», relève le bureau Justice et Paix des Scheutistes du Kasaï, ajoutant

que les Eglises n’ont pas à remplacer l’Etat pour payer les employés et les

militaires; car «elles ne sont pas des puissances financières comme le pensent certains, mais elles mettent leur moyen au service de la vie de la population».

Une politique machiavélique soutenue depuis trente ans

D’après une autre source ecclésiastique locale, ce n’est pas la première

fois que des militaires non payés se déversent dans les quartiers et les

villages du Kasaï pour les rançonner et les piller, «avec la complicité de

leurs officiers supérieurs et des gouvernants», confirme-t-il. «Des scènes

de pillage se répètent un peu partout dans les deux régions administratives

du Kasaï, ajoute le témoin. Nous commençons à apprendre à être prêts à tout

perdre et à tout recommencer. Devant tout cela, nous nous étonnons qu’il y

ait encore dans le monde des personnes sensées pour soutenir une politique

machiavélique que le pays subit depuis plus de trente ans…»

Au Kasaï, des maisons religieuses avaient déjà été pillées par des groupes militaires armés en 1991, puis 1993. Le 29 novembre 1993, le couvent

des Soeurs de la Charité de Gand du Lycée Buena Muntu avait déjà été dévasté, avec le centre attenant «Mukaji wa Tshitembu» de formation des mamans.

(apic/cip/be)

24 janvier 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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